Projet du Centre Marcel-Dionne : plusieurs questions demeurent quant aux coûts et à la décision d’aller de l’avant avec un projet de rénovation

Projet du Centre Marcel-Dionne :  plusieurs questions demeurent quant aux coûts et à la décision d’aller de l’avant avec un projet de rénovation

DRUMMONDVILLE

La Ville de Drummondville maintient son intention d’aller de l’avant avec la modernisation du Centre Marcel-Dionne au coût de 48,3 millions de dollars, financée à même les budgets municipaux, et confirme que le dossier s’appuie notamment sur des travaux amorcés sous le conseil municipal précédent.

Interpellé par le Vingt55 sur l’existence d’un sondage d’acceptabilité sociale et sur les démarches de financement auprès des gouvernements, le maire Jean-François Houle nuance, précise certaines informations et laisse plusieurs éléments en suspens, dont la possibilité de rendre publique une étude économique commandée à Raymond Chabot Grant Thornton.

Un avis de motion visant l’adoption prochaine d’un règlement d’emprunt a été donné lundi dernier. L’adoption du règlement est prévue le 16 février. Si cette étape est franchie, la Ville prévoit lancer les appels d’offres au cours de l’hiver afin de débuter les travaux en mai 2026, selon un scénario de chantier en trois phases, avec une fin projetée en septembre 2028. La municipalité soutient que l’échéancier vise à limiter les répercussions sur les activités régulières de l’aréna, notamment celles des associations sportives mineures et des Voltigeurs.

Une étude économique confirmée, mais aucune copie transmise pour l’instant

Questionné sur un sondage ou une étude liée à l’acceptabilité sociale, le maire évite d’entériner l’existence d’un tel exercice tel que formulé dans les questions. « Sans commenter vos affirmations face à ce qu’aurait abordé ce que vous référez comme étant un sondage », il confirme toutefois qu’une étude a bel et bien été commandée par l’ancien conseil à Raymond Chabot Grant Thornton, portant sur les retombées économiques au centre-ville, liées notamment aux activités du Centre Marcel-Dionne.

La Ville indique qu’elle « évaluera la possibilité de publier cette étude » et qu’elle reviendra sur le sujet. Aucun engagement clair n’est toutefois pris quant à la diffusion du document, ni quant à un échéancier. Pour l’instant, les demandes visant à obtenir la copie, la date précise, l’administration municipale en place au moment de la réalisation et les paramètres de l’exercice demeurent sans réponse complète.

Confusion sur les budgets, le maire clarifie le lien propos avec l’hôpital

Sur la perception publique des budgets, le maire reconnaît que les comparaisons entre l’aréna et le dossier de l’hôpital reviennent fréquemment dans les discussions, notamment sur les réseaux sociaux. Il insiste toutefois sur l’absence de lien entre les deux dossiers.

« Nous annonçons un investissement sur le plan municipal et il se trouve des gens pour nous dire que nous devrions prioriser l’hôpital », note-t-il, ajoutant que d’autres citoyens répondent souvent que les investissements en santé relèvent plutôt du gouvernement provincial. Le maire dit faire la « pédagogie nécessaire » afin de favoriser la compréhension, tout en rappelant que « chaque citoyen a la responsabilité de s’informer adéquatement ». Il tranche : « Chose certaine, il n’y a aucun lien entre le projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne et celui de l’hôpital régional. »

Processus décisionnel le maire s’abstiens de dévoiler la dynamique et processus de décision  interne.

Des élus du conseil municipal ont également fait valoir qu’un projet d’Aréna entièrement neuf aurait pu être envisagé. Le projet de rénovation est toutefois loin de faire l’unanimité du côté municipal, a appris Le Vingt55,

Interrogé sur le vote au conseil municipal, majorité, dissidences, abstentions, liste des élus, le maire refuse de commenter la teneur des discussions à huis clos et ne répond pas à la question de l’unanimité ou non du vote à ce stade.

Il souligne plutôt que l’avis de motion a été déposé et qu’un « débat public pourrait s’enclencher » lorsque le conseil sera appelé à adopter le règlement d’emprunt. Il ajoute que chaque élue et élu peut prendre position publiquement.

Cette réponse laisse entière la question soulevée par les informations circulant selon lesquelles la décision n’aurait pas fait l’unanimité, une affirmation que la Ville n’a pas confirmé publiquement au moment de l’annonce ni questionné sur le sujet par le Vingt55

De plus des employés de l’administration du Centre Marcel Dionne ont admis au Vingt55 en marge de l’annonce de la Ville qu’il n’était assurément pas question de « lever le nez » sur un projet financé par la Ville d’une telle envergure.

En effet, un employé du Centre Marcel-Dionne admet que la construction d’un aréna neuf aurait pu constituer la solution la plus avantageuse, notamment en tenant compte de la durée de vie de l’infrastructure et des coûts qui s’y rattachent.

Pourquoi la rénovation plutôt qu’une autre option, urgence, normes LHJMQ et refus d’attendre

Sur le choix de la rénovation, le maire ancre la décision dans deux éléments : la continuité des décisions du précédent conseil et l’urgence d’intervenir sur un bâtiment dont l’entretien aurait été retardé au fil des ans.

Il rappelle que l’ancien conseil avait déjà pris position en faveur d’une rénovation majeure et mandaté une firme d’architectes pour proposer un projet « rationalisé ». Le projet de règlement d’emprunt actuellement sur la table s’appuie sur cette base. Le maire reconnaît par ailleurs que des « discussions larges » animent encore le conseil actuel.

Mais il souligne qu’une « grande majorité » des élus refuse de repousser de nouveau le dossier dans l’attente d’une subvention. Il invoque « de multiples raisons », dont le fait que plusieurs interventions nécessaires au maintien du bâtiment sont reportées « depuis des années » et deviennent « relativement urgentes ».

Le maire met aussi de l’avant l’arrimage aux normes de la LHJMQ : agrandissement de la patinoire, installation de bandes flexibles, réaménagement des bancs des joueurs du même côté de la glace. Pour limiter les coûts et les inconvénients liés aux activités, la Ville poursuit les discussions sur un démarrage des travaux dès mai, en trois phases.

Voltigeurs et LHJMQ, aval obtenu, discussions tenues sous l’ancien conseil

Sur la question des parties prenantes, le maire affirme que les Voltigeurs et la LHJMQ ont été impliqués et qu’ils ont donné leur aval au projet de modernisation. Il précise que ces échanges ont eu lieu avec le conseil municipal précédent, ce qui situe l’essentiel de la concertation sportive avant l’arrivée de l’administration actuelle.

Subventions, deux refus antérieurs et intention de ne pas déposer au PAFIRSPA

Sur l’absence de financement provincial et fédéral, le maire affirme que la Ville a déposé des demandes « à deux reprises » pour le projet du Centre Marcel-Dionne et que, tant au fédéral qu’au provincial, Drummondville a essuyé des refus. La municipalité indique avoir ainsi « convenu d’aller de l’avant » avec un projet financé à même ses budgets.

Concernant les affirmations voulant qu’une aide fédérale pouvant atteindre 10 M$ ait été possible, le maire renvoie le Vingt55 vers le député fédéral Martin Champoux afin de valider les représentations qui auraient pu être effectuées. Il ne confirme pas l’existence d’une enveloppe disponible, ni le scénario selon lequel aucune demande n’aurait été déposée malgré une possibilité de financement.

Du côté provincial, le maire rappelle le lancement d’un nouvel appel à projets au PAFIRSPA, mais indique que l’intention majoritaire du conseil est de ne pas déposer une demande pour le CMD. Il invoque un report « d’au moins un an », de faibles chances d’obtenir une somme jugée déterminante, l’augmentation prévisible des coûts avec le délai, l’obligation d’intervenir à court terme sur certains travaux et la possibilité de présenter d’autres projets au programme.

Marcel Dionne, aucune discussion, priorité à l’avis de l’architecte

Interpellé sur les critiques de Marcel Dionne, qui a exprimé des réserves quant à la rénovation d’une infrastructure vieillissante et aux risques de dépassements de coûts, le maire indique ne pas avoir eu de discussions avec lui sur ce sujet.

« Je connais Marcel Dionne, mais je n’ai personnellement eu aucune discussion avec lui à ce sujet précis », dit-il, ajoutant qu’il ne connaît pas son opinion, tout en rappelant qu’il « a certainement droit à la sienne bien qu’il ne soit plus citoyen de notre ville ». Le maire affirme préférer s’en remettre à l’avis professionnel de l’architecte au dossier, qui aurait prévu des contingences budgétaires pour les surprises potentielles de chantier. Il soutient enfin qu’il lui semble « prévisible » que la rénovation constitue la meilleure option pour le portefeuille des citoyens à moyen et long terme.

Partenaires d’affaires, prudence et peu d’informations rendues publiques

Questionné sur la sollicitation d’investisseurs et sur l’existence de partenaires privés, Cascades, Canimex, Groupe Soucy notamment, le maire reste prudent. Il dit être conscient que certains membres de la communauté d’affaires préféreraient d’autres choix, et il affirme respecter ces opinions, sans fournir de détails sur les échanges, les engagements ou l’état réel de la participation du milieu des affaires.

Le maire invite à privilégier les points de presse, sans répondre à toutes les demandes sur la diffusion de l’étude de Raymond Chabot Grant Thornton.

Le maire invite les médias à poser leurs questions lors des séances publiques du conseil municipal, où il dit tenir des points de presse « généreux ». Il soutient que cette méthode permettrait d’obtenir des réponses sur-le-champ et d’optimiser l’utilisation de son temps.

Dans l’immédiat, plusieurs demandes d’information demeurent toutefois en suspens, notamment la diffusion de l’étude de Raymond Chabot Grant Thornton, la confirmation ou non d’un sondage d’acceptabilité sociale tel qu’évoqué, ainsi que la transparence attendue sur la dynamique du vote au conseil et sur les modalités détaillées de l’emprunt, dans un contexte où le règlement doit être adopté le 16 février et où le financement municipal est présenté comme la voie privilégiée pour éviter de nouveaux délais.

Un budget qui demeure à être adopté pourrait, selon plusieurs, faire l’objet d’un référendum, alors qu’aucune décision n’a encore été prise en lien avec la population.

Dans un contexte financier jugé peu enviable à Drummondville, les priorités de la Ville soulèvent des questions, tant chez certains élus que chez plusieurs commerçants du centre-ville.

Ces préoccupations s’inscrivent dans la foulée de l’annonce de la salle de spectacles, un projet qui, selon eux, ne fait pas l’unanimité. À celui-ci s’ajoute un projet évalué à près de 25 millions de dollars pour une salle de spectacles sans financement gouvernemental, ainsi qu’un autre projet approchant les 60 millions de dollars à Drummondville.

Pour certains intervenants, la Ville ne serait pas une « vache à lait » et le budget municipal devrait faire l’objet d’une réflexion plus approfondie. Des élus, tout comme des commerçants du centre-ville, estiment que le projet d’Aréna de près de 60 millions représente une dépense importante qui ne refléterait pas nécessairement la capacité de payer ni la volonté de la population.

Le projet, jugé imposant, suscite des comparaisons avec d’autres villes, notamment Trois-Rivières, où un aréna neuf comprenant deux glaces conformes et une salle de pratique intégrée aurait été réalisé à un coût inférieur. Selon eux, Drummondville serait loin d’un projet comparable, tant en termes d’envergure que de coûts.

De l’avis de plusieurs élus, l’adoption du budget devrait permettre une réflexion élargie et mener à une consultation plus large de la population.

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Éric Beaupré
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