Prostitution juvénile : Six mois de prison pour avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure

Prostitution juvénile : Six mois de prison pour avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure
Le Drummondvillois Christian Bilodeau a été condamné à six mois de détention pour avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville

Le Drummondvillois Christian Bilodeau a été condamné à six mois de détention après avoir tenté d’obtenir, contre rémunération, les services sexuels d’une personne qu’il croyait âgée de 17 ans. La prétendue adolescente était en réalité un agent d’infiltration participant à une opération policière. L’accusé était représenté par Me Juliette De Granpré.

Le Drummondvillois Christian Bilodeau a été condamné à six mois de détention pour avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Cette intervention s’inscrivait dans les efforts déployés par les policiers de la Sûreté du Québec de la MRC de Drummond et le système judiciaire afin de lutter contre l’exploitation sexuelle des mineurs à Drummondville. L’opération avait mené à plusieurs arrestations, dont celle de Christian Bilodeau.

Selon les faits retenus par le tribunal, l’homme a amorcé la conversation, effectué plusieurs relances, demandé les tarifs ainsi que les services offerts, puis convenu d’un lieu de rencontre. Une fois sur place, il aurait également manifesté de l’impatience lorsqu’il n’obtenait aucune réponse.

L’honorable juge Maxime Laroche a rejeté la thèse d’un geste impulsif ou spontané. Il a plutôt conclu que les échanges démontraient une démarche réfléchie comportant une succession d’actions.

« Il ne s’agit pas d’un geste isolé, mais d’une démarche réfléchie », a essentiellement retenu le tribunal dans son analyse.

Parmi les facteurs aggravants, le juge a notamment considéré l’écart d’âge important entre Christian Bilodeau et la personne qu’il croyait solliciter, la nature des services sexuels demandés ainsi que le fait que ceux-ci devaient être obtenus contre rémunération.

Le tribunal a néanmoins retenu plusieurs facteurs atténuants, dont l’absence d’antécédents judiciaires, la collaboration de l’accusé, ses démarches entreprises auprès de professionnels, son implication auprès de sa famille et sa contribution à la société par ses emplois et son entreprise.

Malgré ces éléments favorables, le juge Maxime Laroche a estimé qu’une peine purgée dans la collectivité ne permettrait pas d’atteindre adéquatement les objectifs de dénonciation et de dissuasion.

Le tribunal a rappelé que, derrière ce type d’infraction, se trouvent fréquemment des individus en apparence bien intégrés à leur communauté et parfois très présents auprès de leur famille. Selon le juge, ce contraste ne diminue toutefois pas la gravité des gestes ni les conséquences de la marchandisation sexuelle des mineurs.

Le magistrat a également souligné que, malgré les opérations policières, les peines imposées et les campagnes de sensibilisation, un nombre préoccupant d’individus cherchent encore à obtenir les services sexuels de personnes mineures.

Suivant les représentations de la procureure de la Couronne et après avoir analysé la jurisprudence applicable, le tribunal a conclu qu’une peine de six mois d’emprisonnement se situait au seuil inférieur des sanctions généralement imposées dans des dossiers comparables.

À sa sortie de détention, Christian Bilodeau devra respecter plusieurs conditions. Il lui sera notamment interdit d’avoir des contacts avec des personnes de moins de 16 ans, sauf dans les situations expressément autorisées, et d’occuper certains emplois ou fonctions de confiance auprès de mineurs.

Des restrictions encadreront également son utilisation d’Internet et des appareils numériques. Il devra poursuivre ses démarches en sexologie ou en psychologie et se conformer aux directives de son agent de probation. Une ordonnance de prélèvement d’ADN a aussi été prononcée.

La position du juge

Dans sa décision, l’honorable juge Maxime Laroche a insisté sur la nécessité d’imposer une peine qui répond aux objectifs de dénonciation et de dissuasion. Selon lui, une peine à purger dans la collectivité ne permettait pas de refléter adéquatement la gravité de l’infraction.

Le magistrat a rejeté l’idée d’un geste spontané ou isolé. Il a plutôt retenu que l’accusé avait entrepris une démarche réfléchie : il avait amorcé et relancé la conversation, demandé les tarifs et la nature des services offerts, puis s’était déplacé jusqu’au lieu convenu. Une fois sur place, il avait même manifesté de l’impatience devant l’absence de réponse.

Le juge a également souligné le caractère préoccupant de ce type de comportement. Malgré les opérations policières, les peines imposées et la sensibilisation du public aux conséquences de l’exploitation sexuelle des mineurs, trop d’individus cherchent encore à obtenir les services sexuels d’adolescentes contre rémunération.

L’exploitation sexuelle des mineures, un fléau préoccupant bien connu à Drummondville

Le tribunal a rappelé que ces contrevenants sont souvent des personnes en apparence bien intégrées à leur communauté, actives professionnellement et présentes auprès de leur famille. Cette intégration sociale ne diminue toutefois pas leur responsabilité ni la gravité de leurs gestes.

Selon le juge, ces comportements compromettent la sécurité, la dignité et le développement des enfants, tout en portant atteinte au sentiment de sécurité de la collectivité.

Après avoir soupesé les facteurs aggravants et atténuants, le magistrat a conclu qu’une peine de six mois d’emprisonnement était juste et proportionnelle. Il a précisé que cette peine se situait au seuil inférieur de la fourchette applicable dans des dossiers comparables. Sans les démarches de réhabilitation entreprises par Christian Bilodeau et les autres facteurs favorables retenus, une peine plus sévère aurait pu être prononcée.

Comme l’a rappelé entrevue au Vingt55 le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, rencontré à la sortie du tribunal, la gravité de ces infractions est reconnue et les fourchettes de peines ont été augmentées. L’accusé a toutefois pu bénéficier d’une peine moins sévère puisque les infractions ont été commises avant l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions prévoyant des peines plus lourdes.

En effet, devant l’ampleur du fléau, les tribunaux ont également choisi d’augmenter les peines imposées dans des dossiers semblables afin de renforcer leur caractère dissuasif.

Lors de chaque opération policière, les clients croient faire affaire avec une personne mineure. « S’il y a une offre, c’est qu’il existe une demande », a rappelé le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, en entrevue au Vingt55.

Les réseaux d’exploitation sexuelle juvénile connaissent bien ce marché, et leurs véritables clients sont souvent établis dans la région de Drummondville.

Le Vingt55 rappelle que le CALACS La Passerelle offre des services d’aide et d’accompagnement aux adolescentes et aux femmes victimes d’exploitation ou d’agressions sexuelles.

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Le Drummondvillois Christian Bilodeau a été condamné à six mois de détention pour avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une mineure @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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