DRUMMONDVILLE
À l’issue des représentations sur la peine, le tribunal a entériné une suggestion commune présentée par les parties et a condamné Jean-Jacques Rondeau, un récidiviste en matière de pornographie juvénile, à une peine d’emprisonnement à purger dans un établissement fédéral.
Âgé de 71 ans, Jean-Jacques Rondeau, récidiviste en matière de pornographie juvénile, a enregistré un plaidoyer de culpabilité à quatre nouveaux chefs d’accusation en matière de pornographie juvénile, notamment pour possession, distribution et communications à caractère sexuel impliquant des mineurs.
La procureure de la Couronne, Me Cassandre Hamel, a démontré, lors de l’exposé des faits, en présence de l’accusé et de son avocate de la défense, Me Myriam Jacques, que l’accusé avait enregistré un plaidoyer de culpabilité devant une preuve volumineuse et accablante.
En effet, comme l’a rappelé la procureure de la Couronne, il a été révélé que l’accusé utilisait le pseudonyme « Manon MTL ».» pour accéder à des salles de clavardage associées à l’exploitation sexuelle d’enfants, où il s’est montré particulièrement actif à plus d’une centaine de reprises.
Les policiers avait saisi plusieurs supports informatiques, dont des ordinateurs, des clés USB et des CD, contenant un volume important de fichiers.
Selon la preuve, ces supports renfermaient des images et des vidéos à caractère sexuel impliquant des enfants, des agressions sexuel commis sur de très jeunes soit âgé entre 3 et 4 ans et du contenu photo sur des enfants âgé entre 7 et 12 ans. Le juge a insisté sur le caractère explicite du contenu ainsi que sur la quantité de matériel saisi, soulignant que ces éléments ne laissaient place à aucune ambiguïté.
L’accusé, récidiviste en semblable matière, a admis être l’unique utilisateur des appareils et avoir participé aux échanges, qu’il a toutefois qualifiés de « fantaisies ».
Dans son analyse, l’honorable juge Gilles Lafrenière a mis en lumière plusieurs facteurs aggravants, tels que rapportés par la procureure de la Couronne, dont la gravité des infractions, la nature et l’importance du matériel saisi, ainsi que les antécédents judiciaires de l’accusé en semblable matière.
Selon les informations obtenues par le Vingt55 et déposées devant le tribunal, Jean-Jacques Rondeau avait déjà été arrêté en novembre 2017, alors qu’il était âgé de 63 ans, pour des infractions liées à la pornographie juvénile, avant d’être condamné pour des infractions de même nature.
L’élément qui inquiète particulièrement le tribunal demeure l’absence réelle de motivation à entreprendre une thérapie, a mentionné le juge, s’adressant à la fois à l’avocate de la défense et à l’accusé.
« Il n’est pas normal qu’une personne s’intéresse sexuellement à un enfant de quelques années », a souligné le juge.
Le juge a également retenu le rapport d’évaluation sexologique de l’accusé, jugé peu favorable quant à son cheminement. Il a par ailleurs insisté sur l’absence de remise en question significative ainsi que sur le manque de motivation réelle à corriger les comportements, rappelant la gravité de la situation.
Au moment de déterminer la peine, le tribunal a souligné que ce type d’infractions s’inscrit dans un phénomène d’exploitation sexuelle des enfants aux conséquences graves pour les victimes. Le juge a également rappelé que cette criminalité, même lorsqu’elle se déroule en ligne, contribue à alimenter un réseau d’abus d’enfant et jeunes victimes bien réel.
Considérant l’ensemble des éléments, notamment le risque de récidive et le profil de l’accusé, le juge a entériné la suggestion commune présentée par l’avocat de la défense Me Myriam Jacques et le procureur de la Couronne Me Cassandre Hamel, imposant une peine de 27 mois d’emprisonnement à purger dans un établissement fédéral.
En plus de la peine d’emprisonnement, plusieurs ordonnances ont été imposées, dont l’inscription à vie au registre des délinquants sexuels, le prélèvement d’un échantillon d’ADN ainsi que diverses interdictions pour une période de 10 ans. Celles-ci incluent notamment l’interdiction de se trouver dans des lieux fréquentés par des enfants, de communiquer avec des personnes mineures, sauf exception encadrée, et d’utiliser Internet ou tout appareil numérique sans supervision.
Des restrictions technologiques strictes ont également été ordonnées, interdisant notamment l’accès aux réseaux sociaux, aux services de messagerie et à tout contenu pornographique, ainsi que l’utilisation de logiciels permettant l’anonymisation ou l’effacement de données. L’accusé devra également permettre l’inspection de ses appareils électroniques par les autorités.
Les constables spéciaux du palais de justice de Drummondville ont procédé à la prise en charge de l’accusé et l’ont conduit aux cellules. Jean-Jacques Rondeau a quitté la salle d’audience sous escorte afin d’être incarcéré, en attente de son transfert vers un établissement fédéral où il purgera sa peine.













