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Refus de TSO : des agents sanctionnés à Drummondville dénoncent une pression jugée déraisonnable

Refus de TSO : des agents sanctionnés à Drummondville dénoncent une pression jugée déraisonnable
À l’établissement carcéral fédéral de Drummondville, plusieurs agents correctionnels dénoncent la montée des pressions liées au temps supplémentaire occasionnel @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

À l’établissement carcéral fédéral de Drummondville, plusieurs agents correctionnels dénoncent la montée des pressions liées au temps supplémentaire occasionnel (TSO) et les sanctions disciplinaires récemment imposées à certains employés ayant refusé d’effectuer ces heures.

En effet, selon les informations obtenues par le Vingt55, les mesures prises seraient jugées excessives, disproportionnées et ne tiendraient pas compte des motifs légitimes invoqués pour justifier les refus.

Rencontrés à l’abord du périmètre de l’établissement de Drummondville par le Vingt55, les employés ont refusé de commenter la situation. ‘’En effet, les informations obtenues sont fondées et bien réelles; cependant, par respect pour l’enquête en cours, nous laisserons l’employeur répondre officiellement à la situation’’ a précisé un des agents correctionnels rencontrés sur place par le Vingt55

Des centaines d’heures imposées et un climat jugé lourd

Toujours selon les informations obtenues et confirmées par le Vingt55, depuis le début de l’année, plus de 4 000 heures de temps supplémentaire occasionnel auraient été imposées aux agents correctionnels de Drummondville, un volume qualifié d’« insoutenable » par plusieurs employés. Ceux-ci soutiennent que l’administration locale, sous la direction du Service correctionnel du Canada (SCC), exerce une pression constante pour assurer la couverture des quarts, malgré les impacts sur leur santé, leur vie personnelle et leur sécurité.

Les employés rappellent que leur disponibilité, leur sécurité et celle de leurs familles « ne peuvent être reléguées derrière des impératifs budgétaires ou des lacunes organisationnelles ». Ils affirment ne pas être « des esclaves ni de simples numéros au service de l’institution », mais des professionnels qui s’attendent à être traités avec respect.

Plusieurs parlent d’un climat d’intimidation qu’ils attribuent à l’approche de la direction locale. Ils demandent que les sanctions récentes soient retirées et que le SCC cesse de recourir systématiquement au TSO comme solution à la pénurie de personnel, plaidant plutôt pour des mesures organisationnelles structurantes et un plan durable pour stabiliser les effectifs. Selon eux, l’imposition répétée d’heures supplémentaires contribue directement à l’épuisement professionnel, à l’absentéisme et à la détérioration du climat de travail.

La position officielle du Service correctionnel du Canada

Contacté par Le Vingt55, Jean-François Mathieu, gestionnaire régional des communications pour le Service correctionnel du Canada, indique d’emblée que les dossiers disciplinaires demeurent confidentiels.

Mesures disciplinaires : confidentialité et cadre strict

« Pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons divulguer d’informations au sujet de mesures disciplinaires prises à l’endroit du personnel. Les employés du Service correctionnel du Canada doivent agir conformément aux normes juridiques et éthiques établies et sont assujettis au Code de discipline énoncé dans la Directive du commissaire 060. Les employés qui enfreignent les politiques peuvent faire l’objet de mesures disciplinaires. Ces mesures sont évaluées au cas par cas », précise le porte-parole.

Un service en opération 24/7 dans des environnements complexes

M. Mathieu souligne également la nature particulière du travail dans les établissements fédéraux :

« Nos opérations se déroulent 24 heures sur 24, sept jours sur sept, afin d’assurer la sécurité de nos établissements et du public. Contrairement à d’autres organismes, notre effectif travaille par quarts dans des environnements complexes et difficiles. Nous reconnaissons qu’il peut y avoir des périodes, notamment durant les mois d’été, où des heures supplémentaires pourraient être nécessaires afin de garantir les niveaux de dotation appropriés. »

Il ajoute que des stratégies d’atténuation sont mises en place pour réduire les impacts, tout en réaffirmant que l’établissement Drummond « dispose des effectifs nécessaires pour répondre aux besoins opérationnels et assurer la prise en charge sécuritaire et humaine des détenus ».

Pourquoi le TSO devient obligatoire dans certains cas

Le SCC insiste sur le fait que les Normes nationales de déploiement des agents correctionnels sont rigoureusement appliquées.
« Lorsqu’un ordre de temps supplémentaire obligatoire est donné, cela signifie que l’ensemble des autres moyens ont été envisagés et mis en œuvre, notamment la réorganisation des effectifs et la réduction des activités non essentielles », précise M. Mathieu.

Certaines fonctions demeurent toutefois essentielles et ne peuvent être compromises.
« Il peut alors s’avérer nécessaire de recourir aux heures supplémentaires afin de garantir la continuité des opérations de façon sécuritaire. »

Ajustements quotidiens, recrutement et rétention

Le SCC affirme suivre de près la situation :

« Nous examinons régulièrement les répercussions des niveaux de dotation dans tous nos établissements afin de nous assurer que les ressources nécessaires sont disponibles pour répondre aux besoins opérationnels. Nous avons des plans de contingence qui prévoient des mesures supplémentaires pour remédier aux niveaux de dotation, tout en poursuivant nos efforts de recrutement et de rétention du personnel. »

Selon le porte-parole, la dotation de l’établissement de Drummondville est « comparable à celle des autres établissements du SCC dans la région du Québec », bien que les besoins puissent varier selon la période de l’année, l’absentéisme ou les impératifs opérationnels.

La sécurité du personnel demeure une priorité, affirme le SCC

« La sécurité et le bien-être de nos employés sont une priorité pour le SCC. Nous reconnaissons que les membres du personnel correctionnel effectuent un travail exigeant. Nous collaborons avec notre personnel et nos partenaires syndicaux pour maintenir des milieux de travail sécuritaires et nous poursuivrons ces efforts. Nous prêtons une attention soutenue à ces questions, nous exerçons une vigilance constante et nous nous y attaquons sans relâche, agissant tous dans un même but », conclut Jean-François Mathieu en entrevue au Vingt55.

Éric Beaupré
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