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Rénovation du Centre Marcel-Dionne : un projet de 57,3 M$ adopté par un conseil municipal divisé à Drummondville

Rénovation du Centre Marcel-Dionne : un projet de 57,3 M$ adopté par un conseil municipal divisé à Drummondville
Le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a confirmé, lors du conseil municipal, l’adoption du projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne, évalué à 57,3 M$. @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Malgré un conseil municipal et une population divisés, ainsi qu’une facture revue à la hausse, la Ville de Drummondville a donné le feu vert à la modernisation du Centre Marcel-Dionne, un projet maintenant évalué à un peu plus de 57 millions de dollars.

La Ville de Drummondville a adopté le projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne évalué à 57,3 M$ @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Adoptée à majorité ce soir, lors de la séance du 20 avril, la décision survient dans un contexte de débats soutenus sur les coûts, le montage financier et les risques d’imprévu. L’administration Houle maintient toutefois que le projet est encadré, viable et essentiel au dynamisme du centre-ville.

Cette annonce survient alors que le coût du projet a connu une importante hausse au cours des dernières semaines. Initialement évalué à 48,3 millions de dollars en février, le projet atteint désormais, à la suite de l’appel d’offres, une somme estimée à 57 341 481,75 $, taxes incluses. Comme l’avait rapporté le Vingt55 il y a quelques jours, cette augmentation a été confirmée par les élus, dont le maire de Drummondville, Jean‑François Houle, qui a précisé que le contrat principal a été octroyé à Groupe Geyser inc. à la suite de l’ouverture des soumissions pour les travaux de construction.

C’est donc en séance ordinaire du conseil municipal, ce lundi 20 avril, à laquelle assistait le Vingt55, que la Ville de Drummondville a présenté cette étape comme déterminante dans ce qu’elle qualifie de projet majeur de revitalisation du centre-ville. Malgré un écart d’environ 7,5 millions de dollars entre le coût projeté des travaux et la plus basse soumission conforme reçue, l’administration municipale maintient qu’il s’agit du meilleur choix pour répondre aux besoins actuels et futurs de la communauté drummondvilloise.

Le maire Jean-François Houle a soutenu que les trois soumissions reçues, très rapprochées les unes des autres, confirmaient que le prix obtenu reflète fidèlement la réalité actuelle du marché de la construction, notamment en raison des pressions exercées sur les coûts des matériaux et de l’énergie. Selon lui, la Ville s’était préparée à l’éventualité de soumissions plus élevées que prévu et avait déjà identifié différentes sources de financement afin d’absorber l’écart, sans impact direct sur le compte de taxes des contribuables.

« Oui, les coûts sont plus élevés que prévus, mais ils reflètent la réalité actuelle du marché de la construction. Dans ce contexte, l’indécision aurait été la pire des décisions. Nous avons analysé rigoureusement l’ensemble des scénarios, et un amphithéâtre neuf aurait représenté un investissement près de deux fois plus élevé. La modernisation s’est donc imposée comme le choix responsable », a affirmé le maire en point de presse, ajoutant que plusieurs villes avaient déjà fait ce choix avec succès, notamment Rimouski.

La décision n’a toutefois pas fait l’unanimité, une fois de plus, le vote s’est déroulé dans un contexte divisé au sein du conseil municipal.

Ces choix budgétaires ont soulevé des inquiétudes parmi les élus. Le conseiller Mario Sévigny a notamment rappelé que certaines sommes évoquées étaient initialement prévues pour d’autres projets, soutenant que cette décision risque inévitablement d’avoir des répercussions sur d’autres engagements municipaux. Dans le même esprit, la conseillère Marie-Josée Lemaire a voté contre le projet de rénovation, tout comme la conseillère Caroline Allard.

En l’absence de la conseillère du centre-ville Catherine Lassonde et avec l’abstention de la conseillère Isabelle Deschênes, la résolution a finalement été adoptée à la majorité, avec l’appui du maire.

À ces coûts s’ajoute maintenant, également une somme de 1 212 123,94 $ accordée pour les services professionnels liés à la surveillance du chantier du Centre Marcel-Dionne.

Questionné sur l’un des enjeux techniques soulevés dans le dossier, soit les mises à niveau des standards de construction qui entreront en vigueur en janvier prochain, Jean-François Houle a reconnu qu’il s’agissait effectivement d’un facteur important. Il a indiqué que tout report du chantier aurait pu entraîner de nouveaux délais ainsi que des frais additionnels, notamment en raison des modifications à venir au Code de construction du Québec. Selon lui, aller de l’avant maintenant permettrait justement d’éviter que ces nouvelles exigences ne viennent alourdir davantage la facture.

La séance du conseil a été marquée par l’intervention de l’ex-maire de Drummondville et homme d’affaires, Alain Carrier @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

La séance du conseil a été marquée par l’intervention de l’ex-maire de Drummondville et homme d’affaires, Alain Carrier.

En effet, l’homme d’affaires et ex-maire est venu questionner les paramètres financiers du projet de modernisation du Centre Marcel-Dionne. Plans, devis, coûts de construction et travaux de mise à niveau, autant d’éléments qui, selon lui, pourraient encore faire grimper la facture au-delà des estimations actuelles.

En réponse, le maire Jean-François Houle et l’administration municipale ont soutenu que le projet, évalué à plus de 57 millions de dollars, demeure encadré et financièrement viable. La Ville affirme disposer de la capacité nécessaire pour mener à terme les travaux sans alourdir le fardeau fiscal des contribuables. Une contingence d’environ 7 %, soit près de 3,5 millions de dollars, est déjà prévue afin d’absorber d’éventuels dépassements ou imprévus liés au chantier.

Au fil de l’échange, Alain Carrier a également soulevé des zones d’incertitude, notamment en ce qui concerne certains coûts non inclus ou encore l’impact potentiel de nouvelles normes, dont celles de nature sismique. Le maire a précisé que tout avait été inclus, essentiellement, dans les montants dévoilés ce soir, se référant aux explications fournies par l’actuel directeur général, Francis Adam, ainsi que par le responsable des finances de la Ville, M. Carignan, quant à la ventilation des montants présentés.

Le projet n’intègre pas de réaménagement majeur du stationnement, a cependant précisé le maire, mis à part la suppression d’une trentaine de cases, et l’échéancier vise justement à éviter l’application de normes plus contraignantes.

Sur le plan du financement, il a ajouté que certaines sommes proviennent de programmes existants, dont la taxe sur l’essence, sans compromettre d’autres projets municipaux. Cet échange a ainsi mis en lumière un enjeu central, la volonté de la Ville de présenter un projet balisé et sécurisé, face à des interrogations persistantes quant à l’ampleur réelle des coûts et aux risques d’imprévus.

Le projet va de l’avant sans subvention ni aide du gouvernement provincial ou fédéral, et sans annonce d’investissement du milieu des affaires, une situation qui préoccupe de nombreux citoyens.

Aucun montant n’est prévu pour d’éventuelles modifications du stationnement.

Questionné par le Vingt55 à savoir si des coûts liés à l’aménagement du stationnement avaient été prévus dans l’évaluation actuelle de 57 341 481,75 $, le maire a répondu par la négative.

« Non, le stationnement ne changera pas. Nous allons y soustraire une trentaine de places, comme l’a d’ailleurs confirmé et annoncé le conseil municipal ce soir », a-t-il indiqué.

Ainsi, le budget présenté ne comprend aucun montant additionnel pour des travaux d’aménagement, puisqu’aucune modification majeure n’est prévue, hormis la suppression d’environ 30 espaces de stationnement déjà prévus. Cette mesure ne nécessite donc pas de coûts supplémentaires, selon la Ville de Drummondville.

Du côté des communications des Voltigeurs de Drummondville, la nouvelle a visiblement été accueillie avec enthousiasme

En effet, sur les réseaux sociaux, quelques minutes à peine après la décision officielle, l’organisation célébrait publiquement cette avancée en diffusant un message au ton résolument festif, accompagné de la chanson So Fresh, So Clean (Radio Mix) d’Outkast : « C’est CONFIRMÉ! Nos Rouges auront officiellement leur nouvelle maison! »

Au même moment, l’organisation parlait d’une « avancée majeure » dans le dossier, alors que le conseil municipal de la Ville de Drummondville venait d’accorder le contrat de modernisation du Centre Marcel-Dionne, confirmant ainsi le lancement prochain du chantier. Les travaux doivent débuter au cours des prochaines semaines, mais la saison 2026-2027 des Voltigeurs se déroulera néanmoins au Centre Marcel-Dionne, a-t-on indiqué.

Malgré les débats, la décision est maintenant prise. Pour les Voltigeurs, qui ont rapidement salué la confirmation du projet sur les réseaux sociaux, cette étape marque le début concret d’un chantier attendu depuis longtemps. Pour la Ville, il s’agit d’un investissement structurant appelé à soutenir à la fois les besoins sportifs, les activités communautaires et le dynamisme du centre-ville dans les années à venir.  Le chantier débutera dès le moins de mai 2026

La Ville de Drummondville a adopté le projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne évalué à 57,3 M$ @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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