DRUMMONDVILLE
Alors que des estimations antérieures situaient le coût global du projet autour de 21 M$, la Ville indique que le budget total n’est pas encore arrêté. Comme le précise Anne-Élisabeth Benjamin, conseillère en relations publiques au Service des communications de la Ville de Drummondville, questionnée par Le Vingt55 au sujet du projet de salle de spectacles au centre-ville, les coûts exacts demeurent inconnus à ce stade, puisqu’ils devront être précisés à la suite de l’élaboration des plans et devis. La Ville indique toutefois qu’il faut s’attendre à un projet dont la valeur dépassera les 20 M$, confirme Mme Benjamin.
Cette situation suscite des inquiétudes chez plusieurs citoyens et commerçants, qui craignent que le projet ne dispose pas de l’appui financier nécessaire et que d’importantes sommes municipales soient mobilisées, dans un contexte où la relance du centre-ville ne s’accompagne pas, selon eux, de garanties suffisantes quant aux retombées à long terme.
Quant à une éventuelle participation financière du milieu culturel, la Ville n’a pas été en mesure de préciser si des contributions directes ou des programmes spécifiques pourraient être mis à contribution. De même, bien qu’aucune subvention gouvernementale ne soit confirmée à ce stade, l’administration municipale indique demeurer à l’affût des différentes possibilités de financement, tant en culture qu’en infrastructures.
La part du projet qui sera assumée directement par les fonds municipaux n’est pas encore déterminée. La Ville prévoit attendre de connaître les coûts exacts avant d’élaborer le cadre financier, lequel tiendra compte des aides financières potentielles.
Pour l’année 2026, la Ville prévoit investir 2 M$ afin de compléter les études nécessaires et de lancer l’élaboration des plans et devis. Selon le Service des communications, il s’agit de la principale étape prévue au cours de la prochaine année.
Le début des travaux de construction n’est pas envisagé avant 2029. La Ville précise toutefois que les travaux de déconstruction débuteront avant cette phase.
Par ailleurs, le projet de stationnement étagé évoqué par l’administration municipale fait toujours partie des scénarios à l’étude, comme annoncé en février dernier. Le réaménagement de la place Saint-Frédéric, quant à lui, est reporté. Selon la Ville, ce report vise à permettre de bénéficier des réflexions qui découleront du colloque annoncé par le maire pour 2026, ce qui aura un impact sur la planification des espaces publics à moyen terme.
Des critiques à l’égard du projet
Sur la question de l’acceptabilité sociale, le maire Jean-François Houle reconnaît que certains citoyens expriment des critiques à l’égard du projet, notamment en raison de l’absence de consultations publiques formelles ou de consensus. Il estime toutefois qu’il est difficile d’affirmer que plusieurs citoyens s’y opposent, ajoutant que l’annonce semble jusqu’à maintenant être bien accueillie dans plusieurs cercles, sans qu’une unanimité soit attendue.
L’administration municipale souhaite se doter d’une vision intégrée, partagée et mobilisatrice pour le centre-ville. Près de 40 projets, tant publics que privés, sont actuellement en réflexion, en planification ou en réalisation dans ce secteur. Afin de structurer cette vision, la Ville prévoit s’allier à une firme externe pour élaborer un plan directeur du centre-ville, qui devra rallier la population et les commerçants. La forme exacte des démarches d’acceptabilité sociale reste toutefois à définir.
Selon le maire, l’augmentation de l’achalandage au centre-ville constitue un levier essentiel pour favoriser les investissements privés et soutenir la revitalisation du secteur.
Retombées économiques, une étude évoque des retombées de 700 000 $, mais demeure »non accessible ».
Une étude réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton évoque des retombées économiques annuelles estimées à environ 700 000 $. Toutefois, la Ville précise qu’il s’agit pour l’instant d’un document de travail interne, malgré les demandes formulées par Le Vingt55 pour en obtenir une copie.
Le maire indique que l’administration demeure ouverte à une réflexion ultérieure quant à la diffusion de cette étude ou de certains de ses éléments. Toutefois, malgré les demandes formulées par Le Vingt55, aucune version ni copie du document n’a été transmise à des fins de consultation. Les mécanismes précis permettant de mesurer et d’évaluer les retombées économiques, une fois le projet réalisé, n’ont pas encore été définis.
Stationnement et mobilité, un enjeu important pour le centre-ville
Questionnée par Le Vingt55 sur l’enjeu du stationnement, la Ville estime que l’offre actuelle au centre-ville est suffisante. Plusieurs commerçants et citoyens demeurent toutefois préoccupés par cette question. Le maire affirme être conscient de ces inquiétudes et soutient que l’administration demeure ouverte à toutes les options visant à favoriser l’achalandage dans ce secteur névralgique.
Il souligne que plusieurs préoccupations reposent sur une perception d’un manque de stationnement, alors que le centre-ville compte plus de 1 700 places et affiche un taux de minéralisation avoisinant 70 %. Selon lui, le projet doit être analysé en tenant compte d’une amélioration graduelle projetée du transport en commun, laquelle contribuerait, à terme, à réduire la pression sur l’offre actuelle de stationnement.
Le maire estime également qu’il est nécessaire de réfléchir collectivement à l’emprise minérale des espaces publics. Il considère qu’il n’est pas envisageable, pour un centre-ville, d’augmenter cette emprise sans un plan concret garantissant la mise en place d’alternatives crédibles à l’automobile. La bonification du transport en commun demeure, selon lui, une priorité pour l’administration actuelle.
Une vision globale du centre-ville, selon la Ville
Selon le maire Jean-François Houle, la future salle de spectacles s’inscrit dans une vision plus large de développement du centre-ville. Il estime que le projet pourrait contribuer à positionner le secteur comme une véritable plateforme de divertissement, agissant comme un pôle structurant autour duquel le secteur privé serait susceptible de développer de nouvelles occasions d’affaires.
Cela dit, certains intervenants estiment qu’un projet de relance de l’amphithéâtre Saint-Fortunat aurait été mieux accueilli. Selon eux, la remise à niveau d’une offre culturelle existante aurait pu être réalisée à moindre coût, évoquant un investissement variant entre 2 et 5 M$. Une telle approche aurait permis d’offrir un lieu couvert et fonctionnel, tout en maintenant une proximité avec le centre-ville.
En ce qui concerne les partenaires, la Ville confirme que la Maison des arts Desjardins Drummondville est actuellement le partenaire privilégié pour la réalisation du projet. Aucun autre partenaire financier n’est officiellement confirmé pour le moment, selon les informations transmises par la Ville à Le Vingt55.
Les projections de la Ville avancent que la salle de spectacles pourrait générer environ 53 000 visiteurs supplémentaires par année, ainsi qu’environ 12 500 repas additionnels dans les restaurants du centre-ville. Par ailleurs, le projet permettrait de combler un déficit culturel, dans un contexte où la Maison des arts Desjardins de Drummondville fonctionne actuellement à pleine capacité et ne peut répondre à toutes les attentes, notamment celles d’un public plus jeune et de certains artistes.
Des commentaires ont toutefois fait état du fait que de récentes rencontres tenues avec un groupe restreint de partenaires ont permis de percevoir la réaction du milieu comme étant globalement positive. Selon certaines sources, ces échanges, tenus à huis clos, auraient permis de mesurer l’intérêt du secteur privé et d’identifier le potentiel du projet, notamment pour certains types de commerces et de restaurants qui ne trouvent pas actuellement leur place au centre-ville.
Bien que les médias n’aient pas été conviés à ces rencontres, plusieurs avis et commentaires sont parvenus au Vingt55 à la suite de ces discussions. Si plusieurs intervenants du milieu verraient d’un bon œil le projet, estimant qu’il pourrait constituer un levier de dynamisation pour le centre-ville, d’autres s’interrogent toutefois sur son impact à court et à moyen terme, alors que le centre-ville fait face à un besoin jugé urgent de revitalisation.







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