Cuba / Caraïbe
L’homme à la dérive et victime d’un malaise a dû être secouru rapidement @ Vingt55 Tous droits réservés.
Nous sommes en vacances, tout va bien sur le bateau, le capitaine et son équipage assurent tous les passagers dans une aventure sécuritaire, et c’est le cas, mais rien n’est parfait et l’imprévisible fait aussi partie de l’aventure.
Une sortie en catamaran à 30 minutes au large en haute mer, à la limite d’une magnifique barrière de corail cubaine, des vestes de secours en nombre suffisant, du plaisir, un peu d’alcool, des yeux partout. Tout est là pour que tout se passe bien et pourtant, une mésaventure qui prend tout le monde par surprise, un homme en détresse, épuisé et un malaise cardiaque qui se pointe. Il fallait bien être en vacances pour que je doive intervenir sur un fait divers qui se transforme en sauvetage nautique, un rappel qu’une formation de premiers soins peut faire la différence, ça ne se prévoit pas, mais, ne s’improvise pas non plus.
Lors d’une sortie en apnée, avec un gilet de sauvetage, un peu de courant et une veste de flottation moins bien adaptée, un malaise survient à 100 mètres du bateau et il faut agir rapidement.
C’est ce que fait le capitaine du bateau. Il plonge, le second lance une bouée et une ligne de vie au large. Le capitaine atteint la victime, visiblement en difficulté, et rien n’est joué, ni simple.
Une ligne de vie trop courte, une veste de flottaison déjà trop petite à laquelle on ajoute un autre homme, le capitaine est parti sans gilet de sauvetage, ça fonctionne, mais c’est difficile, les efforts sont de plus en plus grands.
On m’a appris à me sécuriser avant de porter secours, notre sécurité d’abord et avant tout.
Deux sur la même veste, les quelques centaines de mètres seront plus difficiles que prévu. L’homme ne s’aide pas, il est couché sur le dos et la ligne de vie et la bouée ne sont toujours pas à portée. Je repère rapidement une veste de flottaison et plonge vers la victime et le capitaine pour leur porter assistance.
Arrivé à la hauteur de la victime et du capitaine, l’homme ne parle ni français, ni espagnol. Le capitaine tente toujours de revenir et agrippe l’homme, sa veste est insuffisante pour revenir. Il est visiblement très heureux de me voir arriver avec une seconde veste de flottaison que je conserve pour me sécuriser et aider la victime.
» I think I have a heart attack, I can’t do it » exprime difficilement l’homme corpulent, visiblement exténué à tenter de demander de l’aide alors qu’il s’était éloigné et dérivé du reste du groupe qui était derrière l’imposant catamaran. Assurément, il n’aidera pas à retourner sur le bateau. Ses yeux apeurés en disaient long, et il flottait avec difficulté. Le capitaine communiquait difficilement avec la victime qui ne se sentait visiblement pas en sécurité.
Je lui dis : « My name is Eric, I am secure and safe, I am here to help you. Lie down, relax, let me bring you back to the boat. We’re gonna make it, don’t worry. » 60% du sauvetage nautique était fait. Il souffle à peine, le visage crispé, les mains sur la poitrine et ajoute : « Help me, I think I have a heart attack, I won’t make it, please quick. »
Je lui répète, tout en commençant les manœuvres de remorquage, en anglais : « Je suis en sécurité, vous aussi maintenant, ne vous inquiétez pas, laissez-moi faire le reste. Nous sommes deux pour vous aider, tout va bien. »
Nous venons de monter à 80% sa confiance qu’il était entre de bonnes mains. Le capitaine et moi retournons vers la ligne de vie que nous avons atteinte au prix de quelques efforts pour ensuite être tirés vers le catamaran en sécurité par le second qui assurait avec la bouée de sauvetage et la ligne de vie que nous venions d’atteindre.
Il me dit merci (en anglais) : « Vous m’avez rassuré, je croyais que mon cœur ne tiendrait pas. Je vais mieux, je respire, tout va bien. » Il a mentionné, remerciant autant le capitaine que le personnel. Un travail d’équipe, une situation imprévue en haute mer, une formation de premiers soins efficace, les bons gestes posés au bon moment avec confiance et assurance, les formations de premiers soins et requalification, ça sert aussi à ça. Une mésaventure qui se terminera bien pour l’homme et sa conjointe, qui comme le capitaine sont venus me remercier de mon assistance, action rapide et efficacité.
Suivre un cours de premiers soins inclut plusieurs notions, dont la première est d’évaluer le danger, de le reconnaître et de se sécuriser avant d’intervenir. Est-ce que le capitaine aurait fini par faire les quelques centaines de mètres ? Assurément, assister un homme qui craignait faire un malaise cardiaque, à bout de souffle et en panique. Tout est dans la façon d’intervenir. Le capitaine m’a dit : « La prochaine fois, je vais mieux me sécuriser. » Gracias por su intervención y ayuda, fue eficiente y rápida (Merci de votre aide et intervention rapide) m’a-t-il dit, poignée de mains et sourire.
En effet, une bonne formation a fait la différence, ajoutant la barrière de la langue qui insécurisait la victime, qui une fois à bord et entre de bonnes mains et aux bons soins du personnel a finalement récupéré, pu profiter du reste de l’excursion en sécurité sous bonne surveillance.
Frédéric Parent du FIMUQ à Drummondville à qui j’ai partagé l’information rappelle, en effet qu’un cours de premiers soins consiste à apprendre à aussi intervenir efficacement et sécuritairement. Le paramédic et formateur rappelle bien sûr que les activités aquatiques comportent leur facteur de risque et qu’il est important d’évaluer ses compétences et d’assurer aussi sa propre sécurité comme nageur, même en vacances.
L’occasion est excellente pour rappeler qu’une formation de premiers soins, des mises à jour de nos cours et apprentissages peuvent à tout moment faire la différence… même en vacances dans un coin de paradis et en haute mer, quand on s’y attend le moins !

L’homme à la dérive et victime d’un malaise a dû être secouru rapidement @ Vingt55 Tous droits réservés.










