DRUMMONDVILLE
Face aux préoccupations grandissantes concernant l’itinérance, la sécurité et la cohabitation dans les espaces publics, la Ville de Drummondville, la SQ, le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Réunis devant les médias, le maire Jean-François Houle, le conseiller municipal Jean-Philippe Tessier, la directrice générale de la CDC Drummond, Mélanie Létourneau, le directeur du programme santé mentale adulte et dépendances du CIUSSS MCQ, Dave Fillion, ainsi que le capitaine Stéphane Hélie de la Sûreté du Québec ont insisté sur l’importance d’une approche concertée pour répondre à une réalité devenue de plus en plus complexe.
« Les enjeux liés à l’itinérance, à la pauvreté et à la santé mentale figurent parmi les principales préoccupations soulevées par la population, particulièrement dans le secteur du centre-ville », a rappelé le maire Jean-François Houle.
Selon lui, bien que les statistiques démontrent que le taux de criminalité demeure sous la moyenne canadienne, le sentiment d’insécurité exprimé par plusieurs citoyens constitue une réalité qui doit être prise au sérieux.
« Nous sommes imputables en matière de salubrité et de sécurité. Nous devons agir tout en reconnaissant les limites de nos responsabilités », a-t-il souligné.
Le plan de cohésion sociale, déployé pour une première fois l’an dernier, sera reconduit et bonifié pour la saison estivale 2026.
Grâce à une aide financière de près de 290 000 $ du ministère de la Sécurité publique, plusieurs nouvelles mesures seront mises en place, dont l’ajout d’une agente de cohésion sociale chargée de coordonner les interventions et de renforcer les liens entre les différents partenaires.
Une deuxième intervenante de milieu sera également affectée à la bibliothèque publique de Drummondville, un lieu devenu au fil des années un point de rencontre important pour plusieurs personnes vivant diverses situations de vulnérabilité.
La Ville poursuivra également son partenariat avec le programme TAPAJ (Travail alternatif payé à la journée), qui permet à des personnes en situation de précarité d’effectuer différentes tâches d’entretien et d’embellissement dans les espaces publics.
L’escouade propreté passera ainsi de deux à huit plateaux de travail par semaine dans plusieurs secteurs ciblés, notamment au centre-ville, à la bibliothèque publique et dans le quartier Saint-Joseph.
Pour Jean-Philippe Tessier, président du comité sectoriel du service à la vie citoyenne, cette approche permet à la fois d’améliorer la qualité de vie dans les espaces publics et de favoriser l’insertion sociale.
« Derrière les enjeux visibles dans l’espace public, il y a des personnes qui vivent souvent des parcours difficiles marqués par la pauvreté, les traumatismes ou des problèmes de santé mentale. »

M Dave Fillion directeur du programme santé mentale adulte et dépendances du CIUSSS MCQ en entrevue au Vingt55 @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Une réalité qui évolue à Drummondville, le visage de l’itinérance a considérablement changé au cours des dernières années.
Interrogé par le Vingt55 à la suite de la conférence de presse, Dave Fillion a rappelé que le visage de l’itinérance a considérablement changé au cours des dernières années.
« L’image de l’itinérance évolue d’année en année. Les besoins changent constamment et nous devons nous adapter à cette réalité », a-t-il expliqué.
Selon lui, le réseau de la santé a progressivement développé de nouveaux services afin de rejoindre les personnes qui ne fréquentent pas les services traditionnels.
Aujourd’hui, une équipe composée notamment de médecins, d’infirmières de rue, d’intervenants spécialisés en santé mentale et en dépendances travaille directement dans les parcs, les rues et les différents lieux fréquentés par les personnes vulnérables.
« Actuellement, nous avons entre huit et dix intervenants qui travaillent en proximité sur le terrain afin d’offrir des services en dépendance, en santé mentale et en prévention », a précisé M. Fillion.
Au total, près de 90 intervenants issus du réseau de la santé et du milieu communautaire œuvrent quotidiennement auprès des personnes en situation d’itinérance sur le territoire de Drummondville. « Ce travail se fait souvent dans l’ombre. On ne les voit pas toujours, mais ils sont présents tous les jours », a-t-il souligné.
Au cours de la dernière année seulement, l’équipe de proximité a réalisé plus de 2 700 interventions et offert plus de 700 consultations médicales et infirmières directement dans le milieu de vie des personnes accompagnées.
Malgré les efforts déployés, plusieurs intervenants reconnaissent que la crise du logement continue d’alimenter les situations de précarité.
Questionné par le Vingt55 sur cette réalité, Dave Fillion a reconnu que l’accès au logement demeure l’un des principaux défis.
« On sait que l’obtention d’un logement fait partie de la sortie de l’itinérance. C’est pourquoi nous travaillons avec nos partenaires afin d’accompagner les personnes vers des solutions durables », a-t-il expliqué.
Le responsable du programme santé mentale et dépendances a également souligné que les difficultés économiques vécues par plusieurs ménages accentuent la pression sur l’ensemble du réseau d’aide.
« L’épicerie coûte plus cher, les logements coûtent plus cher et plusieurs personnes se retrouvent dans des situations de plus en plus précaires. »

Mélanie Létourneau, directrice générale de la CDC Drummond @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Les organismes communautaires lancent un appel
Si les différents partenaires ont présenté un front commun lundi matin, plusieurs intervenants ont également profité de l’occasion pour rappeler les difficultés importantes auxquelles sont confrontés les organismes communautaires.
Mélanie Létourneau a souligné que plusieurs organismes n’étaient pas présents à la conférence de presse puisqu’ils participaient simultanément à une mobilisation provinciale du mouvement Le communautaire à boutte.
« Les organismes sont présents tous les jours sur le terrain, mais avec des ressources souvent limitées malgré une pression qui ne cesse d’augmenter », a-t-elle rappelé.
Selon elle, la collaboration entre les partenaires demeure essentielle, mais ne pourra à elle seule répondre à l’ensemble des besoins.
« Il faut également des investissements financiers majeurs pour soutenir adéquatement les organismes qui travaillent directement auprès des personnes les plus vulnérables. »

François Gosselin, directeur de l’Ensoleilvent, et Francis Lacharité, directeur général de La Piaule Centre-du-Québec @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Cette réalité est également vécue quotidiennement par les équipes de La Piaule et de l’Ensoleilvent, deux organismes qui interviennent directement auprès des personnes vivant des situations de précarité, d’itinérance ou de détresse.
Au terme de la conférence de presse, les représentants de ces organismes ont rappelé l’importance d’une présence constante sur le terrain et la nécessité d’assurer un financement stable pour répondre à la croissance des besoins.
Alors que le nombre de demandes augmente et que les problématiques se complexifient, les intervenants constatent eux aussi les impacts de la crise du logement, de l’augmentation du coût de la vie et des enjeux de santé mentale.
Pour plusieurs organismes, la réalité actuelle dépasse largement la seule question de l’itinérance visible.
Les besoins touchent également les familles, les travailleurs à faible revenu, les personnes vivant une perte d’autonomie ainsi que celles qui risquent de perdre leur logement.

En entrevue avec le Vingt55, les cadets de la Sûreté du Québec ainsi que le sergent Mike Sirène Tourigny @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

En entrevue avec le Vingt55, les cadets de la Sûreté du Québec ainsi que le sergent Mike Sirène Tourigny, coordonnateur local en police de proximité, ont expliqué le rôle qu’ils joueront au cours de la saison estivale à Drummondville.
Les cadets auront pour principal mandat d’assurer une présence sur le terrain, de faire de la prévention et de favoriser les échanges avec la population. Ils seront appelés à circuler dans les quartiers, les parcs, les événements publics ainsi qu’auprès des organismes communautaires afin de sensibiliser les citoyens et de renforcer les liens avec la communauté.
« Notre mandat est vraiment axé sur la prévention, la visibilité et le contact avec la population », ont expliqué les cadets rencontrés par le Vingt55.
Bien qu’ils ne possèdent pas les mêmes pouvoirs que les policiers, les cadets constituent un soutien important pour les équipes policières. Ils peuvent notamment participer à certaines recherches de personnes disparues ou en fugue, effectuer des activités de sensibilisation et prêter main-forte lors d’opérations nécessitant une présence accrue sur le terrain.
« Assister les policiers fait partie de notre mandat. Lorsque nous avons la possibilité d’aider dans certaines recherches ou interventions, nous sommes heureux de contribuer », ont-ils indiqué.
Les cadets travailleront également en collaboration avec plusieurs organismes du milieu. Leur présence permettra notamment de rencontrer différentes clientèles, dont des personnes en situation de vulnérabilité ou d’itinérance, tout en soutenant les intervenants dans leurs activités de proximité.
Originaire de différents secteurs du Québec, notamment de Sherbrooke, Drummondville et Alma, l’équipe de cadets amorce sa saison avec enthousiasme et entend contribuer activement à la sécurité ainsi qu’au bien-être de la population tout au long de l’été.
Pour le sergent Mike Sirène Tourigny, cette initiative demeure un excellent moyen de rapprocher les citoyens de leur service de police tout en offrant aux futurs policiers une expérience concrète sur le terrain.


























