[jpshare]

Sports-études à Marie-Rivier : des parents dénoncent l’annulation d’un groupe du programme sportif à Drummondville

Sports-études à Marie-Rivier : des parents dénoncent l’annulation d’un groupe du programme sportif à Drummondville
Equipe Vandoos du programme en football @ Crédit photo Jay Vision Sports-études à Marie-Rivier. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Des parents d’élèves dénoncent l’annulation de groupes du programme Sports-études à l’école secondaire Marie-Rivier, une décision qu’ils jugent mal expliquée et lourde de conséquences pour leurs enfants. Parmi eux, Michael Bernier affirme que la situation suscite incompréhension et déception chez de nombreux jeunes inscrits en concentration sportive.

Des parents d’élèves dénoncent l’annulation de groupes du programme Sports-études à l’école secondaire Marie-Rivier, une décision qu’ils jugent mal expliquée et lourde de conséquences pour leurs enfants. Parmi eux, Michael Bernier affirme que la situation suscite incompréhension et déception chez de nombreux jeunes inscrits en concentration sportive.

Selon M. Bernier, son enfant, inscrit au programme Sports-études pour le secondaire 1 et 2, attendait depuis près de deux mois une réponse quant à son admission. Le 28 janvier, la famille a reçu une lettre indiquant que l’élève n’était pas retenu, mais qu’il était placé sur une liste d’attente.

Déçu, le parent a contacté d’autres familles.

« J’ai parlé à 16 parents pour la concentration football et tous ont reçu la même lettre. J’ai aussi discuté avec deux parents dont les enfants étaient inscrits en basketball, et ils m’ont confirmé qu’il y avait au moins une cinquantaine de jeunes concernés », affirme-t-il.

M. Bernier soutient que, selon les informations qu’il a obtenues, l’école Marie-Rivier aurait tout simplement annulé l’ouverture de groupes en Sports-études en raison du nombre d’inscriptions.

« Malgré cette décision, on laisse croire aux enfants qu’ils sont sur une liste d’attente. On leur fait espérer une place alors que le programme ne démarrera pas. C’est incompréhensible », déplore-t-il.

Il remet également en question le message transmis aux jeunes.

« Les écoles prônent le travail et la transparence. Mais, comment demander à nos enfants de faire confiance aux institutions quand on ne leur donne pas toute l’information ? Je reconnais le travail exceptionnel des enseignants, mais cette situation relève de la direction de l’école», estime M. Bernier.

Le parent estime que les programmes sportifs représentent bien plus qu’un simple encadrement scolaire.

« Pour nos enfants, le milieu sportif est une motivation importante pour rester à l’école. Cela favorise leur développement, leurs relations humaines et leur intégration scolaire. »

À la suite des doléances formulées par des parents auprès du Vingt55, ce dernier a interpellé le Centre de services scolaire, qui a tenu à apporter des précisions sur l’impossibilité d’ouvrir un groupe supplémentaire en 1re et en 2e secondaire au programme Sports-études à l’école Marie-Rivier.

Selon les explications obtenues par le Vingt55 auprès de M. Normand Page, directeur du Service des communications et secrétaire général du Centre de services scolaire des Chênes, le nombre de recommandations provenant des fédérations sportives, notamment en football, était insuffisant pour permettre la formation d’un groupe additionnel.

« À la suite du processus d’admission, aucun groupe supplémentaire en 1re et en 2e secondaire n’a pu être ouvert puisque les fédérations qui représentent les différents programmes Sports-études n’ont pas recommandé un nombre suffisant d’athlètes répondant aux critères sportifs et académiques établis », précise M. Page.

Il rappelle que les programmes Sports-études regroupent des élèves-athlètes issus de plusieurs disciplines sportives, et non uniquement du football. Dans ce contexte, certaines candidatures ont dû être refusées.

Concernant la mention d’une liste d’attente dans la lettre transmise aux parents, le Centre de services scolaire reconnaît une erreur.

« Cette phrase provenait d’un modèle de lettre uniforme et aurait dû être retirée avant l’envoi. Il n’y a donc aucune liste d’attente », indique M PAge. L’école Marie-Rivier doit communiquer prochainement avec les familles concernées afin de préciser les motifs ayant mené à l’impossibilité d’ajouter un groupe et pour s’excuser de la confusion causée.

« Nous sommes conscients de la déception que cette décision peut susciter. Toutefois, l’ouverture de groupes repose sur des critères clairs, appliqués de façon rigoureuse », ajoute M. Page.

Le Centre de services scolaire souligne également que les programmes Sports-études sont normés par les fédérations sportives et que l’école Marie-Rivier, tout comme le milieu scolaire, dispose de peu de marge de manœuvre quant aux exigences imposées, notamment pour le programme de football.

Des explications qui déçoivent néanmoins plusieurs parents qui gardent espoir.

Du côté des parents, M. Bernier estime que l’explication fournie demeure insatisfaisante et difficilement compréhensible. Selon lui, une vingtaine de parents confirment que leurs enfants répondaient aux critères exigés et ne se trouvaient pas en situation d’échec scolaire.

« Un groupe complet aurait pu être formé uniquement avec ces élèves. Nous aurions voulu connaître la véritable motivation de cette décision. Le Centre de services scolaire se doit d’être transparent. Dans notre cas, cette transparence a fait défaut » de l’avis de M Bernier.

Les parents considèrent que la situation est particulièrement difficile pour les jeunes concernés et jugent que les explications fournies sont insuffisantes pour un programme qu’ils qualifient d’essentiel à la persévérance scolaire.

« Pour plusieurs de nos enfants, l’intérêt pour le milieu scolaire passe par le sport. Cela constitue une clé importante de leur engagement et de leur motivation scolaire », ajoute M. Bernier, qui dit relayer la pensée de plusieurs parents informés de la même façon de cette décision.

M. Bernier souhaite maintenant que le dossier soit revu. « J’espère que cette situation sera entendue et que l’école permettra aux jeunes passionnés de sport de poursuivre dans un programme qui est une priorité pour le développement de nombreux adolescents de la MRC de Drummond », conclut-il.

Selon les informations obtenues par le Vingt55, il existe un levier légal pour les parents qui souhaitent faire réviser un dossier, soit un recours prévu par la Loi sur le protecteur national de l’élève. Ce mécanisme mérite d’être mieux connu des parents concernés. Cette démarche vise à permettre l’examen des plaintes afin d’en assurer la reconnaissance et le suivi.

Une telle étape, confirme M. Page du Centre de services scolaire des Chênes en entrevue au Vingt55, pourrait favoriser une évaluation plus complète de la situation et mener à une reconnaissance officielle, ouvrant ainsi la voie à une révision du dossier, de la décision rendue et du contexte entourant celle-ci.

Sport-études à Marie-Rivier, la direction explique les contraintes derrière l’absence d’un nouveau groupe

En entrevue au Vingt55, la directrice de l’école secondaire Marie-Rivier, Julie Grisé, a tenu à apporter des précisions sur la situation entourant le programme sport-études, à la suite de réactions de parents déçus de voir leur enfant refusé. Mme Grisé indique d’emblée que la situation ne relève pas d’un désengagement de l’école envers le sport-études, mais bien de contraintes structurelles liées à l’organisation du programme et aux règles qui l’encadrent.

Un programme structuré autour de 15 fédérations

L’école Marie-Rivier compte actuellement 15 fédérations sportives partenaires, réparties dans 18 groupes de sport-études. Ce modèle est en place depuis plusieurs années et repose sur un équilibre entre sports d’équipe et sports individuels. « On fonctionne avec cette structure depuis longtemps. C’est ce qui nous permet d’assurer la stabilité du programme », explique la directrice, qui agit comme porte-parole de l’équipe-école dans ce dossier.

Une demande avait été formulée par la fédération de basketball afin d’ajouter un groupe supplémentaire. Toutefois, le groupe existant en secondaire 1 ne compte actuellement que 21 élèves, alors que la capacité maximale est de 28.

Des places offertes, mais refusées

Mme Grié précise que les places disponibles ont été proposées à la fédération de basketball, qui les a refusées pour des raisons financières. « La fédération nous a dit qu’elle ne pouvait pas engager un entraîneur pour seulement sept athlètes. Je peux comprendre leur réalité », indique-t-elle.

Elle rappelle que les fédérations sportives sont indépendantes de l’école. Elles ne sont pas des employeurs de l’établissement et assument elles-mêmes la responsabilité de l’encadrement sportif ainsi que la sélection des athlètes.

« Les parents paient l’école pour la partie académique, et paient ensuite la fédération pour l’entraînement. Ces deux volets sont distincts », précise-t-elle.

Des normes à respecter

L’école doit également se conformer aux règles ministérielles concernant la composition des groupes-classe. « Je ne peux pas ouvrir un groupe à moitié plein. En secondaire 1, la norme est de 28 élèves. On ne peut pas se permettre d’avoir des groupes sous-remplis alors que nous sommes déjà en situation de surpopulation dans certains secteurs », explique Mme Grégoire.

Elle ajoute que plusieurs sports individuels, comme l’athlétisme, la natation, le patinage artistique, le triathlon et le tennis, n’ont pas généré suffisamment d’inscriptions cette année pour soutenir l’ouverture d’un groupe additionnel.

La directrice reconnaît qu’une formulation contenue dans une communication initiale a pu créer de faux espoirs chez certains parents, notamment en ce qui concerne l’existence d’une liste d’attente. Comme l’a précisé M. Pagé, il s’agissait d’un message transitoire qui reprenait en partie un gabarit de communication évoquant la possibilité d’un ajout à une liste d’attente. Or, cette formulation a effectivement semé la confusion. Le Centre de services scolaire a d’ailleurs rapidement corrigé la situation par une nouvelle communication transmise aux parents concernés. « Je comprends la déception. On a laissé entendre sans mauvaise intentions qu’il pouvait y avoir une possibilité alors que, dans les faits, le groupe ne pouvait pas ouvrir avec le nombre d’inscriptions reçues », admet-elle.

Elle insiste toutefois sur la bonne foi de toutes les parties impliquées « Les parents veulent le meilleur pour leur enfant. Les fédérations veulent se développer. Et nous, à l’école, on essaie de concilier tout ça dans un cadre normé », résume-t-elle.

Des critères qui se resserrent

Mme Grégoire souligne également que les critères d’admission au sport-études sont de plus en plus stricts, tant sur le plan scolaire que sportif. « Ce sont des programmes normés au niveau provincial. Les fédérations aussi resserrent leurs critères. Ce n’est pas une décision locale prise à Drummondville », précise-t-elle. Elle note que la popularité d’un sport peut varier d’une année à l’autre, influencée par des facteurs culturels ou médiatiques, ce qui rend la planification plus complexe.

Une ouverture pour l’avenir

Malgré la situation actuelle, la direction assure qu’elle demeure ouverte à l’ajout de groupes si les conditions le permettent. « Si, dans les prochaines années, il y a suffisamment d’athlètes provenant des fédérations reconnues, on sera les premiers à vouloir ouvrir un nouveau groupe », affirme Mme Grégoire.

Elle rappelle en entrevue au Vingt55 que le programme sport-études de Marie-Rivier est très populaire. « On est un peu victime de notre succès. On reçoit beaucoup plus de demandes qu’on ne peut en accepter », conclut-elle.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon