VILLE / RÉGION
Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Organisée dans le cadre de la campagne électorale provinciale, la rencontre réunissait les candidats ayant accepté l’invitation de la CDC Drummond, Alexandra Houle, du Parti libéral du Québec dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie; Sébastien Schneeberger, de la Coalition avenir Québec dans Drummond–Bois-Francs; Charles Page, du Parti québécois dans Drummond–Bois-Francs; Natalie Bisaillon, du Parti québécois dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie; et Colin Hendry, du Parti libéral du Québec dans Drummond–Bois-Francs.
Animée par Renaud Beaudry, la Table ronde a permis d’aborder un large éventail de préoccupations : développement social, financement des organismes communautaires, sécurité alimentaire, habitation, personnes en situation de vulnérabilité et leur entourage, itinérance, crise socio-écologique, condition féminine, réalités masculines, jeunesse et familles, diversité sexuelle et de genre ainsi qu’immigration.
Organisée en collaboration avec nousTV, l’initiative visait, selon la CDC Drummond, à offrir à la population un espace de discussion démocratique et accessible permettant d’entendre directement les engagements et les priorités des différentes formations politiques.
« Nous tenons à remercier sincèrement les personnes candidates d’avoir accepté notre invitation et d’avoir pris le temps d’échanger sur leurs différents engagements et priorités en matière de développement social. Cet événement a permis de placer les enjeux sociaux et communautaires au centre des discussions, là où ils doivent être », a souligné Mélanie Létourneau, directrice générale de la CDC Drummond et représentante du comité Réflexion et action politique.
Alexandra Houle et Natalie Bisaillon confrontent leurs propositions sur les enjeux sociaux
La première portion de la soirée mettait face à face Alexandra Houle, candidate du Parti libéral du Québec, et Natalie Bisaillon, candidate du Parti québécois dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie.
Visiblement à l’aise, la candidate libérale, de par son expérience du milieu local et économique auprès de la CCID, a démontré une connaissance des enjeux et des dossiers locaux, tout en présentant les orientations et engagements de son parti.
En contrepartie, Mme Bisaillon a misé sur son expérience du milieu des affaires pour offrir sa lecture des enjeux locaux et démontrer son engagement personnel envers chacun des enjeux abordés, tout en s’appuyant sur les grandes lignes et les orientations de son parti.
Logement, sécurité alimentaire, condition féminine, vulnérabilité et financement du milieu communautaire : les deux candidates ont été appelées à préciser leurs engagements sur plusieurs enjeux sociaux touchant directement la population de la circonscription.
Le logement a notamment donné lieu à plusieurs échanges. Toutes deux ont reconnu que l’insuffisance de l’offre contribue à la crise actuelle, tout en présentant des approches différentes pour y répondre.
Alexandra Houle a notamment fait valoir l’engagement libéral de favoriser la construction de nouvelles unités d’habitation, dont une partie serait destinée aux clientèles plus vulnérables. Elle a également évoqué des mesures visant à faciliter l’accès à une première propriété.
Natalie Bisaillon a pour sa part insisté sur la nécessité de développer davantage le logement social et communautaire, notamment par l’intermédiaire des coopératives et des organismes à but non lucratif. Elle a souligné la différence entre un logement qualifié d’abordable sur le marché privé et un véritable logement social accessible aux personnes disposant de revenus plus modestes.
La question du maintien à domicile des aînés et de l’adaptation des logements pour les personnes en perte d’autonomie ou vivant avec un handicap s’est également invitée dans la discussion.
Condition féminine et violence conjugale
Les échanges se sont ensuite déplacés vers la condition féminine, alors que les candidates ont notamment abordé la violence conjugale, l’autonomie économique, l’accès au logement et la nécessité de soutenir les femmes qui doivent quitter un milieu violent.
Alexandra Houle a défendu l’idée de réserver une partie des nouveaux logements sociaux et abordables aux ressources de deuxième étape accueillant des femmes victimes de violence conjugale. Elle a également insisté sur l’autonomie économique des femmes, l’entrepreneuriat, la formation et leur accès aux postes décisionnels.
Natalie Bisaillon a pour sa part insisté sur la nécessité de préserver les acquis des femmes et sur l’importance de la prévention, particulièrement auprès des jeunes. Elle a également évoqué les engagements de sa formation politique concernant le développement de nouvelles ressources d’hébergement pour les femmes victimes de violence.
Des préoccupations qui dépassent le logement
La sécurité alimentaire, la pauvreté et les personnes en situation de vulnérabilité ont également alimenté la discussion. Les candidates ont été amenées à expliquer comment leur formation entend soutenir à la fois les citoyens confrontés à la hausse du coût de la vie et les organismes communautaires qui répondent quotidiennement à ces besoins.
Sur la sécurité alimentaire, Alexandra Houle a notamment parlé du soutien à l’industrie agroalimentaire et aux organismes locaux venant en aide aux personnes dans le besoin. Natalie Bisaillon a de son côté évoqué des mesures destinées à l’alimentation des enfants dans les écoles ainsi qu’un recours accru aux produits locaux dans les institutions publiques.
Cette première portion de la soirée aura ainsi permis de faire ressortir certaines différences d’approche entre les deux candidates, tout en mettant en lumière des préoccupations communes concernant l’accès au logement et les besoins grandissants des personnes plus vulnérables.
La seconde portion de la Table ronde réunissait les candidats de Drummond–Bois-Francs, soit Sébastien Schneeberger, de la Coalition avenir Québec, Charles Page, du Parti québécois, et Colin Hendry, du Parti libéral du Québec.
Des engagements qui devront se traduire sur le terrain
Un constat s’impose au terme de la rencontre, si près d’une centaine de personnes provenant de différents milieux ont assisté à l’ensemble de la Table ronde, le public était principalement composé de gens issus des milieux politique et communautaire. Malgré l’absence de certains candidats invités, les échanges auront permis de mieux connaître les orientations et les priorités des candidates et candidats présents.
Des débats qui ont cependant parfois peu de portée sur le terrain, comme l’ont d’ailleurs démontré les dernières élections municipales, alors que plusieurs candidats, dont le maire élu, avaient pris des engagements importants sur plusieurs de ces mêmes enjeux.
Le constat entourant certains de ces engagements s’est d’ailleurs retrouvé au cœur des discussions et des échanges. La pauvreté et l’itinérance ont notamment été soulevées par les candidates, alors que chaque parti a reconnu l’ampleur de la crise qui sévit actuellement à Drummondville.
Car si ces enjeux ne sont pas nouveaux et ont déjà fait l’objet de discussions lors de précédents débats électoraux, la situation sur le terrain, elle, s’est considérablement détériorée. Pauvreté, itinérance, crise du logement et enjeux sociaux ont pris une ampleur sans précédent au cours des derniers mois, plaçant Drummondville devant l’une des situations sociales les plus préoccupantes qu’elle ait connues.
Comme l’ont d’ailleurs mentionné les candidates lors de leurs interventions, la crise actuelle à Drummondville ramène au premier plan des enjeux pourtant discutés depuis plusieurs années. La différence, aujourd’hui, est que la pauvreté, l’itinérance et la crise du logement ont atteint un point critique, exerçant une pression grandissante sur les citoyens les plus vulnérables comme sur les organismes communautaires appelés à leur venir en aide.
La pauvreté, l’itinérance, les enjeux sociaux et ceux liés à la santé mentale ont pris une ampleur considérable au cours des derniers mois.
Le débat et table ronde aura ainsi permis de rappeler que Drummondville fait face à des défis importants et majeurs et que le milieu communautaire, aux prises avec des enjeux de financement et des besoins grandissants, attend des résultats qui devront dépasser les engagements électoraux.
Car au-delà des promesses formulées en campagne, leur concrétisation demeure elle aussi l’un des enjeux auxquels font face les organismes de Drummondville. Les derniers débats municipaux portant sur plusieurs de ces mêmes enjeux l’ont démontré : entre les engagements pris devant les organismes et leur réalisation sur le terrain, le milieu communautaire demeure dans l’attente de réponses et, surtout, de résultats concrets.
Pour les personnes qui n’ont pu assister à la Table ronde, la CDC Drummond indique que celle-ci sera rediffusée sur les ondes de nousTV le 18 septembre à 19 h, le 19 septembre à 10 h et le 20 septembre à 16 h 30.








