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Transport rémunéré : décès dune passager la coroner Lafrenière presse l’industrie du taxi d’accentuer les rappels sur le port de la ceinture

Transport rémunéré : décès dune passager la coroner Lafrenière presse l’industrie du taxi d’accentuer les rappels sur le port de la ceinture

DRUMMONDVILLE

Les conclusions du rapport de la coroner Dre Marie-Chantal Lafrenière à la suite du décès d’une passagère de 36 ans dans un véhicule Uber mènent à plusieurs recommandations visant l’ensemble du secteur du transport rémunéré. Au cœur de celles-ci : le port de la ceinture de sécurité, dont l’absence a joué un rôle déterminant dans l’issue fatale de cette collision survenue près de l’aéroport Montréal-Trudeau.

Selon les conclusions de l’enquête du Bureau du coroner, la victime, qui prenait place à l’arrière d’un véhicule Uber avec deux proches, ne portait pas sa ceinture de sécurité au moment d’un carambolage impliquant quatre véhicules. Dre Marie-Chantal Lafrenière conclut que le décès a été aggravé par cette omission et recommande à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), au ministère des Transports et de la Mobilité durable ainsi qu’aux entreprises de transport rémunéré de multiplier les rappels et les mesures de sensibilisation afin d’augmenter le port de la ceinture chez les passagers de taxis et de plateformes comme Uber.

Le 10 mai 2022, vers 17 h 34, la femme de 36 ans accompagnait des proches à l’aéroport international Montréal-Trudeau lorsqu’ils ont pris place à bord d’un Honda CR-V utilisé pour du transport rémunéré. Assise derrière le conducteur, elle voyageait avec deux autres passagers à l’arrière. Aucun d’eux n’avait attaché sa ceinture de sécurité.

Alors que le véhicule circulait dans la voie de gauche de l’autoroute 520 Ouest, près de l’échangeur Dorval, la circulation a commencé à ralentir. Les données recueillies par les enquêteurs démontrent que le Honda CR-V roulait à une vitesse comprise entre 103 et 106 km/h, alors que les véhicules qui le précédaient avaient déjà ralenti à environ 30 km/h. Malgré l’avertissement lancé par une passagère quelques instants avant l’impact, le conducteur n’a réagi qu’une demi-seconde avant la collision.

La collision a été d’une violence telle que la victime a été projetée contre le pilier latéral du véhicule. Elle a subi de multiples fractures crâniennes et cervicales, ainsi que d’importants traumatismes thoraciques. Transportée dans un état critique à l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, elle a finalement succombé à ses blessures deux jours plus tard.

Une distraction probable du chauffeur

L’enquête menée par la Sûreté du Québec a permis d’écarter les hypothèses d’un problème mécanique, de mauvaises conditions météorologiques ou encore d’une fatigue excessive du conducteur. Selon l’analyse de la coroner, la collision est attribuable à un facteur humain.

« Le conducteur du Honda CR-V a probablement fait preuve de distraction, n’ayant pas anticipé la dangerosité de la situation et n’ayant pas réagi en temps opportun afin d’éviter la collision », conclut-elle.

Le chauffeur, détenteur des permis requis pour le transport rémunéré de personnes, a reçu deux constats d’infraction pour vitesse excessive et conduite imprudente. Il a plaidé coupable à ces infractions. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales n’a toutefois pas retenu d’accusation criminelle contre lui, la preuve étant jugée insuffisante pour établir une conduite dangereuse ou une négligence criminelle.

Le non-port de la ceinture au cœur des conclusions

Dans son analyse, Dre Lafrenière est catégorique : le non-port de la ceinture de sécurité constitue un facteur déterminant dans la gravité des blessures subies par la victime. Elle rappelle qu’au Québec, le port de la ceinture est obligatoire pour tous les occupants d’un véhicule, y compris dans les taxis et les automobiles assimilées à un taxi.

La coroner souligne également que, selon les données de la SAAQ, plus de 30 % des conducteurs et passagers décédés dans des accidents de la route au cours des dernières années ne portaient pas leur ceinture de sécurité. Elle rappelle qu’une ceinture réduit de moitié les risques de décès ou de blessures graves lors d’une collision.

Le rapport indique par ailleurs qu’il est fréquent que les passagers de taxis ou de services de transport rémunéré par application négligent d’attacher leur ceinture, particulièrement lorsqu’il s’agit de touristes ou d’utilisateurs occasionnels moins familiers avec les règles en vigueur au Québec.

Des recommandations pour l’ensemble de l’industrie

Considérant que les campagnes de sensibilisation actuelles ne suffisent pas, la coroner formule quatre recommandations destinées à la SAAQ et au ministère des Transports et de la Mobilité durable. Elle demande notamment une campagne ciblée dans les aéroports, les gares et les sites touristiques afin de sensibiliser les utilisateurs du transport rémunéré à l’importance du port de la ceinture.

Elle recommande également de sensibiliser davantage les répartiteurs et les chauffeurs afin qu’ils rappellent systématiquement aux passagers leur obligation d’attacher leur ceinture. La coroner propose en outre de rendre obligatoire l’affichage d’avis à cet effet dans tous les véhicules autorisés à offrir du transport rémunéré de personnes et d’exiger l’envoi d’un rappel électronique lors de la confirmation d’une course effectuée à partir d’une application mobile.

Éric Beaupré
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