DRUMMONDVILLE
Devant ce constat, Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ) sonne l’alarme. Si rien n’est fait au mois de juillet, la situation pourrait vite se dégrader pour les manufacturiers, qui pourraient perdre une main-d’œuvre essentielle au bon fonctionnement de leurs opérations.
« Les manufacturiers québécois ont besoin de stabilité, de prévisibilité et de soutien. Le statu quo n’est plus une option. Chaque travailleur étranger temporaire forcé de quitter son poste faute de solution représente un maillon en moins dans une chaîne déjà fragilisée. Le gouvernement du Canada doit comprendre que l’heure n’est plus à la réflexion, mais à l’action, sans quoi l’automne sera très difficile pour un bon nombre d’entreprises. Les manufacturiers sont prêts à répondre présents pour affronter les défis économiques actuels : donnons-nous les moyens de nos ambitions », a affirmé la présidente-directrice générale de MEQ, Julie White.
MEQ demande au gouvernement fédéral une clause grand-père pour permettre aux travailleurs étrangers temporaires déjà au Québec de continuer à œuvrer dans les usines en région, éviter l’exode de ces travailleurs et préserver la compétitivité du secteur manufacturier. Bien que le gouvernement du Québec ait appuyé la demande des MEQ, l’enjeu est désormais entre les mains de la ministre de l’Emploi et des Famille, Patty Hajdu, à Ottawa, où malgré les nombreuses discussions, les actions tardent. Dans un contexte commercial où chaque baisse de productivité et d’investissement peut s’avérer fatale, le Québec ne peut se permettre de s’imposer des obstacles supplémentaires.
S’il n’y a aucun contrôle sur les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, le gouvernement fédéral maîtrise les politiques relatives aux travailleurs étrangers temporaires. Il est temps de cesser de s’imposer des obstacles inutiles.
La productivité et la croissance de nos entreprises en péril
Alors que le secteur manufacturier fait face à une pénurie de main-d’œuvre persistante, une population active vieillissante et un défi démographique, réduire les possibilités de recrutement à l’étranger aura de graves conséquences pour les manufacturiers, et ce, dans toutes les régions du Québec.
En 2024, plus de 11 000 postes sont restés vacants au sein des entreprises manufacturières québécoises, et près du quart de la main-d’œuvre était âgée de 55 ans ou plus. Selon Emploi-Québec, plus de 1,4 million de postes devront être pourvus d’ici 2030.
Pour plusieurs manufacturiers sondés, cela pourrait entraîner des pertes de chiffre d’affaires de 10 % à 30 % et mener jusqu’au transfert d’activités vers les États-Unis ou à l’arrêt complet des opérations. Un portrait similaire se dessine d’ailleurs dans plusieurs autres régions, accentuant l’urgence d’une réponse rapide du gouvernement.
Des solutions sont sur la table, encore faut-il passer à l’action MEQ demande une action rapide et concertée de la part du gouvernement du Québec et du Canada afin de protéger nos entreprises. Au-delà de la clause grand-père souhaitée pour éviter l’exode des travailleurs, il faut aussi travailler sur des changements au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) notamment :
En priorisant les demandes du secteur manufacturier compte tenu de son importance économique et régionale ;
En adaptant les niveaux de salaires utilisés en fonction des régions ;
En autorisant jusqu’à 20 % de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire par entreprise dans les régions à faible taux de chômage.
En excluant des permis simplifiés du calcul du pourcentage maximal de travailleurs étrangers temporaires applicable pour les entreprises.
De récentes données obtenues par MEQ auprès des entreprises de Québec et de Chaudière- Appalaches confirment l’ampleur des besoins. Entre 50 et 100 postes devront être comblés par entreprise au cours des trois à cinq prochaines années. Paradoxalement, les mesures annoncées par le gouvernement fédéral à l’automne dernier réduisent en moyenne de 10 le nombre de travailleurs étrangers temporaires permis par entreprise, un recul dramatique.








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