DRUMMONDVILLE
Il y a quelques jours, Hydro-Québec et l’UPA ont conclu une entente et ont signé le Cadre de référence relatif à l’aménagement de parcs éoliens en milieux agricole et forestier. Cependant, l’application du Cadre demeure facultative et n’engage aucunement les promoteurs ni même les MRC ou les municipalités, qui pourtant, doivent encadrer légalement les projets éoliens. Présentement, leurs règlements sont très loin des recommandations de l’UPA.
Au-delà du Cadre, on remarque l’ajout de pénalités financières pour l’utilisation des terres agricoles qui augmentent selon leur classement. Ceci se traduit par une approbation tacite de l’utilisation de terres de très bonne qualité pour développer des projets éoliens.
“Une pénalité n’est pas une exclusion. Une éolienne ne vient jamais seule, il y a des lignes de transport, des sous-stations, des agrandissements de parcs. Les mégawatts ne se mangent pas et aucun montant d’argent ne peut remplacer une terre compactée ou bétonnée. On hypothèque notre souveraineté alimentaire à petites bouchées.” Rachel Fahlman, présidente de Vent d’élus
L’acceptabilité sociale et la démocratie municipale
L’histoire se répète en 2026, car on réduit, tout comme en 2023, le consentement de la population à l’acceptabilité sociale, laquelle se dit acquise sans réel accord de la population. En effet, selon les critères de l’appel d’offres, une simple résolution d’appui d’un conseil municipal, d’un conseil de bande ou d’une MRC, avec une démarche de consultation de la part d’un promoteur, représenteraient l’acceptabilité sociale. Les élus ont donc le choix, et non l’obligation, de laisser le soin à la population de décider si elle approuve ou non un projet dans leur milieu de vie.
“Les dénis de démocratie se multiplient et Hydro-Québec a fait le choix malheureux de contribuer à cette situation déplorable, qui n’apaise en rien l’effritement du tissu social et de la confiance envers les élus locaux. Lorsque la démocratie ne fait pas partie des critères de l’appel d’offres, les municipalités, les MRC, les conseils de bande et les promoteurs peuvent la contourner.” Michel Veilleux, ex-conseiller municipal et membre du conseil d’administration de Vent d’élus
À quand un BAPE générique ?
À l’heure où les projets éoliens en milieu agricole et habité prolifèrent et accaparent une part grandissante des terres agricoles, tout en reléguant la participation citoyenne et la démocratie au second plan, Vent d’élus réitère le besoin urgent de la tenue d’un BAPE générique sur la filière éolienne.
“Il faut arrêter de s’aveugler volontairement sur les impacts cumulatifs de la filière éolienne. BAPE après BAPE, on occulte systématiquement les enjeux pour le territoire agricole, la démocratie locale, la qualité de vie et la santé en milieu rural, sans oublier l’impact de la privatisation sur les finances publiques. Il faut retourner à la table de dessin, en commençant par un BAPE générique.” Gaétan Ruest, ex-maire d’Amqui et membre de Vent d’élus






