Violer l’intimité de sa voisine lui vaut 90 jours de prison à purger les fins de semaine

Violer l’intimité de sa voisine lui vaut 90 jours de prison à purger les fins de semaine
© Photo Éric Beaupré. Tous les droits réservés.

DRUMMONDVILLE

C’est la sentence que l’honorable juge Marie-Josée Ménard a imposé à Kevin Leclair-Boisvert qui a reconnu sa culpabilité à différents chefs d’accusation en lien avec des gestes de voyeurisme alors qu’il avait filmé sa voisine à son insu et dans sa plus stricte intimité en juin 2017.

C’est caché dans son manteau entourée par des proches que Kevin Leclair-Boisvert (au centre) s’est présenté au tribunal lors de l’appel du rôle alors qu’il allait recevoir sa sentence à la salle 2.01 au palais de justice de Drummondville.

Un rappel des faits : Kevin Leclerc-Boisvert s’est introduit à plusieurs reprises chez sa voisine pour la regarder et la filmer dans sa douche

C’est par le grenier d’un jumelé que l’accusé avait réussi à s’introduire dans l’entretoit et ainsi accéder à la résidence de sa voisine, pour filmer cette femme dans sa douche et dans sa plus stricte intimité, par le plafonnier de ventilation de la salle de bain.

Pris en flagrant délit directement dans la résidence de sa voisine

Kevin Leclair-Boisvert avait poussé ses gestes de voyeurisme et l’audace jusqu’à s’introduire directement dans la demeure pour filmer sa voisine alors qu’elle était sous la douche.

Celui-ci avait pris la fuite alors que la jeune femme l’avait aperçu dans le cadre de sa porte de salle de bain, téléphone cellulaire à la main alors qu’il la filmait directement.

Me Jasmin Laperle, avocat de la défense. @Photo Eric Beaupré Vingt55

La juge souligne les gestes odieux et graves commis par Kevin Leclerc-Boisvert

Les efforts mis en place par l’accusé pour filmer sa voisine, efforts énormes et odieux, a soulevé la juge ‘’, Trouer le mur mitoyen du grenier, installation de caméra, de fils et rallonge, l’acquisition d’une échelle pour accéder à la résidence de sa voisine, autant de moyens prémédités qui ne laissent aucun doute quant aux intentions et gestes prémédités et graves commis pour parvenir à vos fins, a fait valoir la juge.

Une sentence qui doit tenir en compte la situation globale et les efforts de réhabilitation, fait valoir la juge.

La détermination de la peine doit tenir compte de la situation globale afin d’imposer une peine juste et appropriée, les preuves et démarches de réhabilitation de l’accusé doivent être prises en compte, a fait valoir la juge.

L’accusé s’est investi activement dans des thérapies pour contrôler ses comportements sexuels délinquants. Rappelant que l’accusé a purgé quatre mois de prison et suivi une thérapie de six mois afin de traiter ses problèmes de polytoxicomanie en plus d’un suivi sexologique et psychologique, pour comprendre ses déviances sexuelles.

Il a rapidement collaboré avec les enquêteurs, et comprend la réprobation sociale à l’égard de tels gestes et accusations. Il a rapidement admis les gestes et enjeux en lien avec ses déviances sexuelles, a rappelé la juge.

Il faut aussi tenir en compte les craintes de la victime et les gestes commis envers elle, a tenu à rappeler la juge.

Il ne fait aucun doute que les gestes prémédités sont une grande source d’anxiété pour votre victime qui se remet difficilement d’une telle violation de son intimité, être épiée et filmée à son insu dans sa salle de bain est une violation inadmissible, odieuse et grave, a martelé la juge.

Représenté par son avocat, Me Jasmin Laperle, l’accusé a poussé un soupir de soulagement à l’annonce d’une sentence lui évitant une peine de pénitencier.

Une peine de pénitencier aurait pu vous être imposée pour de pareilles accusations, a fait valoir la juge.

Un rapport pré sentenciel favorable et à la lumière des plaidoyers de Me Laperle relevant l’historique familial particulier et difficile de l’accusé, les problèmes de consommation de drogues, mais aussi de la prise en mains de l’accusé en plus d’un plaidoyer de culpabilité rapide ont pesé dans la balance.

Les quatre mois déjà purgés en prison et six mois de thérapie entrepris avec assiduité par l’accusé ont donc permis à la juge d’opter pour une peine encourageant et favorisant la réhabilitation de l’accusé.

Une peine à purger de façon discontinue assortie d’une probation et d’une série d’interdictions

L’honorable juge Marie-Josée Ménard a ainsi condamné Kevin Leclerc-Boisvert à 90 jours d’emprisonnement concurrent sur chaque chef d’accusation, peine qu’il pourra purger de façon discontinue les fins de semaine. Il devra se conformer à une probation de trois ans assortie de diverses interdictions, dont celle de ne pas entrer en contact avec la victime, et, devra fournir des échantillons d’ADN et il lui sera notamment interdit de posséder des armes à vies.

Kevin Leclair-Boisvert devra de plus dédommager la victime d’un montant de 4 500 $ par l’entremise du greffe pour différents besoins et le soutien nécessaire pour la victime en lien avec les gestes reprochés.

 

Kevin Leclair-Boisvert (au centre) entourée par des proches à son arrivée au palais de justice de Drummondville. @Photo Eric Beaupré Vingt55

Éric Beaupré
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