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Barrage d’Hydro-Québec à vendre ? une mise en scène qui fait jaser à Drummondville!

Barrage d’Hydro-Québec à vendre ? une mise en scène qui fait jaser à Drummondville!
Barrage d’Hydro-Québec à vendre ? Une mise en scène ironique qui fait réagir à Drummondville ! @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Il fallait y penser, transformer le barrage d’Hydro-Québec en propriété à vendre, façon affiche immobilière de style RE/MAX. Le message, aussi ironique que percutant, a fait le tour de Drummondville et du Centre-du-Québec ce week-end, dans la foulée de l’adoption controversée du projet de loi 69 sur l’énergie.

Barrage d’Hydro-Québec à vendre ? Une mise en scène ironique qui fait réagir à Drummondville ! @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Le barrage d’Hydro-Québec n’est pas à vendre, mais à en juger par les pancartes aperçues récemment près de l’installation drummondvilloise, certains citoyens ont visiblement trouvé une manière efficace de signaler leur désaccord avec le projet de loi 69.

Des affiches de type immobilier, imitant les visuels bien connus des agences Remax, ont été apposées sur ou à proximité des installations de la société d’État. Le Vingt55 s’est rendue sur place pour constater la situation, aucune trace d’un courtier agréé, ni de pancarte officielle. Il s’agissait plutôt et bien sur d’un message bien en vue, destiné à rappeler, à leur façon, ce que plusieurs perçoivent comme une mise à prix symbolique du réseau énergétique québécois.

Ce geste survient dans un contexte particulier, alors que le gouvernement Legault a fait adopter, sous bâillon, dans la nuit du 22 juin, une loi censée faciliter la transition énergétique du Québec.

Le projet de loi 69 entend permettre à Hydro-Québec de doubler sa production d’électricité d’ici 2035. Selon le gouvernement, il s’agit d’un levier essentiel pour répondre aux besoins industriels, réduire les émissions de gaz à effet de serre et accélérer le développement des infrastructures énergétiques. Dans les faits, la loi redéfinit aussi la manière dont les projets énergétiques pourront être autorisés, en donnant à Hydro-Québec davantage de liberté, en réduisant l’encadrement de la Régie de l’énergie et en contournant certains processus d’appels d’offres, ce qui soulève des réserves importantes.

Les partis d’opposition, tout comme plusieurs citoyens, ne partagent pas l’enthousiasme du gouvernement. Ils s’inquiètent des répercussions économiques pour les PME et les ménages, pointent du doigt un affaiblissement des mécanismes de contrôle public, dénoncent la rapidité de l’adoption du projet et mettent en doute la transparence du processus. Le projet est qualifié de précipité, certains y voyant un geste à contre-courant de l’héritage de René Lévesque, alors que d’autres y associent le risque de conflits d’intérêts dans l’attribution des contrats énergétiques. Le choix de passer par le bâillon pour faire adopter la loi a contribué à amplifier la méfiance envers les intentions du gouvernement.

C’est donc dans ce climat de désaccord politique et de contestation citoyenne que les fameuses pancartes immobilières sont apparues, notamment à Drummondville, sur l’un des barrages encore bien actifs de la société d’État.

Si certains se rappellent que l’avenir de certains barrages avait déjà été remis en question il y a quelques années pour des raisons de coûts d’entretien et de rendement, la situation actuelle, marquée par une demande accrue en électricité, replace ces installations au centre des priorités énergétiques du Québec.

Le barrage de Drummondville n’est donc pas à vendre, et il n’a jamais été question de le mettre sur le marché. Toutefois, cette action citoyenne rappelle que les Québécois restent attachés à leurs ressources collectives, même lorsqu’il faut recourir à un panneau fictif pour se faire entendre.

C’est donc avec plaisir que le Vingt55 est allé au fond des choses et a pris le temps de bien informer ses lecteurs.

Il est désormais clair que plusieurs sont maintenant « au courant » de la portée réelle du projet de loi 69, qu’elle soit électrique, symbolique ou politique.

Barrage d’Hydro-Québec à vendre ? Une mise en scène ironique qui fait réagir à Drummondville ! @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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