DRUMMONDVILLE
Un amendement adopté à la dernière étape du projet de loi 15 soulève une vive inquiétude chez les pharmaciens de Drummondville. Ces derniers dénoncent une mesure qui permettrait au gouvernement de plafonner leurs honoraires sans négociation, craignant des impacts concrets sur les services offerts à la population.
En entrevue au Vingt55, Claude Tourigny Gauvin, pharmacien propriétaire et président de la table locale des pharmaciens propriétaires de Drummondville, se dit préoccupé par la portée de cette modification législative adoptée en fin de parcours parlementaire.
« Nous avons été ébranlés par l’acceptation de cet amendement. Il arrive à un moment où le projet de loi est sur le point d’être entériné, ce qui laisse très peu de marge de manœuvre pour réagir. Il y a une urgence d’agir afin qu’il soit réévalué, voire retiré », affirme-t-il.
Une atteinte à l’équilibre du modèle actuel
Selon M. Tourigny Gauvin, l’amendement introduit un déséquilibre majeur dans le modèle de rémunération des pharmaciens, qui repose actuellement sur deux volets : le secteur public et les assurances privées.
« Cet amendement permettrait au gouvernement de plafonner les honoraires quand il le souhaite, sans discussion ni négociation avec les associations qui représentent les pharmaciens. Cela vient directement toucher nos sources de revenus », explique-t-il.
Il souligne que cette incertitude pourrait freiner le développement des services en pharmacie, notamment les actes cliniques, qui prennent une place de plus en plus importante dans le rôle des pharmaciens.
« On ne parle pas seulement de distribution de médicaments. Les pharmaciens sont en première ligne et offrent des services cliniques essentiels. Mais si nos revenus deviennent imprévisibles, cela limite notre capacité à investir, à innover et même à maintenir les services actuels », ajoute-t-il.
Des impacts appréhendés sur les patients
Les pharmaciens craignent que les conséquences de cet amendement se répercutent directement sur la population, en particulier les clientèles plus vulnérables.
« Ce que nous demandons, c’est l’annulation de cet amendement pour éviter des bris de service, des diminutions de soins et des coupures en pharmacie. Ce sont ultimement les patients qui pourraient en subir les impacts », insiste le président.
Une réforme à encadrer, selon les pharmaciens
Bien que les pharmaciens reconnaissent la nécessité de moderniser leur modèle de rémunération, ils estiment que cette transformation doit se faire de manière concertée.
« La modernisation du modèle est déjà en discussion depuis plusieurs années entre l’AQPP et le gouvernement. Mais elle n’est pas encore en vigueur. Intervenir de façon unilatérale, sans cadre clair ni négociation, ce n’est pas la bonne approche », conclut M. Tourigny Gauvin.
Alors que le projet de loi 15 pourrait être adopté dans les prochains jours, les pharmaciens de Drummondville, à l’instar de plusieurs autres à travers le Québec, pressent le gouvernement de revoir sa position avant qu’il ne soit trop tard.







