DRUMMONDVILLE
Le Syndicat des Métallos dénonce un manque flagrant de transparence à la suite des informations rendues publiques par le Vingt55 concernant la fermeture des activités de Venmar à Drummondville, affirmant que les 130 travailleurs touchés sont toujours laissés sans réponses quant à leur avenir.
Fermeture de Venmar 130 travailleurs dans l’incertitude @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme l’annonçait le Vingt55 le 7 avril dernier, la fermeture des activités de fabrication et d’entreposage de Venmar à Drummondville plonge de nombreux travailleurs dans l’incertitude, alors que plusieurs zones d’ombre persistent quant à la suite des choses.
Selon les informations confirmées au Vingt55, l’entreprise prévoit cesser ses activités manufacturières au terme d’une période d’environ trois mois, soit jusqu’en juillet afin de compléter certaines commandes, avant une fermeture complète envisagée vers novembre, conformément aux dispositions prévues par la loi. Malgré cette échéance, peu de détails ont été communiqués quant aux modalités de transition pour les employés touchés.
Au total, 130 travailleurs et travailleuses sont directement concernés par cette fermeture. Sur le terrain, le choc est bien réel. « Nous étions au travail lorsque les ressources humaines ont confirmé la nouvelle. Personne ne s’attendait à ça », confie un employé cumulant plus de 20 ans de service.
Plusieurs témoignages recueillis font état d’un sentiment de surprise et d’incompréhension, certains rappelant que l’usine figurait pourtant parmi les plus performantes du groupe. « On a eu un coup de masse », résume un autre travailleur d’expérience, évoquant la brutalité de l’annonce.
De son coté le Syndicat des Métallos indique avoir été informé de la décision la semaine dernière, sans obtenir depuis d’éclaircissements supplémentaires de la part de l’employeur.
« Quand une entreprise annonce une fermeture d’usine, elle a la responsabilité d’arriver avec un plan. Ce n’est pas ce qui se passe chez Venmar. Nous allons nous assurer que nos membres obtiennent des réponses et se fassent traiter avec respect », a déclaré Manon Castonguay, représentante syndicale des Métallos.
Le syndicat déplore notamment l’absence d’un plan de transition, d’un échéancier clair et de mesures d’accompagnement pour les travailleurs, dans un contexte où l’entreprise met fin à près de 50 ans d’activités manufacturières au Québec.
« Nous allons veiller sur la situation et accompagner nos membres dans leurs démarches respectives », a-t-elle ajouté.
Sur le terrain, l’inquiétude grandit, particulièrement chez les employés plus âgés ou ayant consacré une grande partie de leur carrière à l’entreprise. « Repartir à zéro à mon âge, ce n’est pas évident. Il me restait quelques années avant la retraite… c’est un dur coup », confie un travailleur.
Pour plusieurs, cette fermeture dépasse largement la perte d’un emploi. « Ici, c’est une famille. Il y a des gens qui ont 10, 15, 25 ans d’ancienneté… même 40 ans. Des couples, des enfants qui sont venus travailler ici », souligne un employé, visiblement ébranlé.
Au-delà des impacts économiques, c’est surtout un sentiment de perte qui domine. « Ce n’est pas juste une fermeture. C’est une perte immense pour le tissu manufacturier de Drummondville », résume un autre employé rencontré à la sortie de l’usine.
Rappelons que cette fermeture s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation des activités de l’entreprise, évoquant notamment des enjeux économiques et logistiques. Selon les informations obtenues par le Vingt55, la direction mentionne notamment une baisse du carnet de commandes, l’incertitude économique, les tarifs douaniers ainsi que la hausse des coûts liés à l’exportation, à l’importation et au transport.

Fermeture de Venmar 130 travailleurs dans l’incertitude @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.


















