DRUMMONDVILLE
Apparence de conflit d’intérêts, la conseillère Isabelle Duchesne et le maire de Drummondville se prononcent @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Au cœur des préoccupations, le lien entre Mme Duchesne et Éric Verrier, président des Voltigeurs de Drummondville, organisation directement liée à l’utilisation des installations du Centre Marcel-Dionne. Depuis les premières révélations du Vingt55, le 18 février dernier, jusqu’à la reprise du sujet hier, par TVA Nouvelles, la question a pris de l’ampleur, alimentant un débat qui dépasse désormais le simple cadre du vote. Alors que plusieurs voix se sont fait entendre pour rappeler que M. Éric Verrier est assurément l’homme de la situation et, sans conteste, celui qu’il faut pour conduire les Voltigeurs vers leur nouvelle demeure, qu’il s’agisse de construire ou de rénover, les regards sont toutefois tournés vers les décisions de l’hôtel de ville.
Interpellés de nouveau par le Vingt55 et, cette fois, par TVA Nouvelles et le Journal de Montréal, la conseillère et le maire de Drummondville, Jean-François Houle, ont tenu à réagir de nouveau afin d’apporter des précisions. Ces prises de position surviennent dans un contexte où le débat ne porte plus uniquement sur la légalité de la situation, mais également sur la perception du public et la transparence du processus décisionnel.
Alors que plusieurs citoyens s’interrogent moins sur le vote lui-même que sur l’ensemble des échanges ayant mené à la décision d’aller de l’avant avec ce projet majeur, le projet de modernisation du Centre Marcel-Dionne se poursuit. Ces déclarations viennent préciser la lecture des élus concernés, tout en laissant ouverte la réflexion plus large sur la gestion des apparences en matière d’éthique municipale dans ce projet maintenant évalué à 57 millions $.
Dans un premier temps, la conseillère du district 7 de Drummondville, Isabelle Duchesne, élue en novembre 2021 pour un premier mandat, a souhaité clarifier sa position.
« Je souhaite apporter des précisions importantes dans ce dossier mentionne la conseillère, avant l’octroi du contrat pour la modernisation du Centre Marcel-Dionne, j’ai pris l’initiative de faire valider ma situation par un avis juridique indépendant. Cet avis est clair : je ne suis pas en situation de conflit d’intérêts et je ne détiens aucun intérêt pécuniaire, direct ou indirect, dans ce dossier », affirme la conseillère.
« J’ai toujours exercé mes fonctions de bonne foi, en respectant les règles en matière d’éthique et de déontologie », assure la conseillère. « Cela dit, je suis pleinement consciente que la perception du public est un élément important. C’est pourquoi, par prudence, j’ai choisi de me retirer du vote subséquent afin d’éviter toute apparence de conflit d’intérêts.
Je rappelle également que ce projet s’inscrit dans une réflexion amorcée depuis plus d’une décennie et qu’il vise d’abord à répondre aux besoins de la population. Le Centre Marcel-Dionne est utilisé majoritairement par les sports mineurs et les citoyennes et citoyens, et non uniquement par les Voltigeurs. »
Enfin, il est important de préciser que mon vote n’aurait pas changé l’issue de la décision, estime également la conseillère, qui repose sur l’évaluation indépendante de l’ensemble des membres du conseil municipal. Je suis désolée que cet enjeu de perception jette un ombre sur la décision, qui en demeure une responsable, de mes collègues du conseil. J’ai agi avec rigueur, transparence et dans l’intérêt public. » de conclure Mme Duchesne
De son côté, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a également tenu à préciser sa position « La confiance du public envers nos institutions est essentielle, et c’est une responsabilité que nous prenons très au sérieux assure le nouveau maire de Drummondville .Dans ce dossier, la situation soulevée n’a eu aucune incidence sur la décision du conseil municipal : le résultat du vote aurait été le même. Les membres du conseil exercent leur rôle en toute indépendance et doivent apprécier eux-mêmes les situations pouvant soulever une apparence de conflit d’intérêts.
Je tiens aussi à exprimer toute ma confiance envers la conseillère Isabelle Duchesne, qui exerce ses fonctions avec rigueur, intégrité et un profond sens de l’intérêt collectif. Son engagement envers la communauté de Drummondville est réel et reconnu, et j’en suis témoin au quotidien.
Par ailleurs, la Ville dispose d’un code d’éthique en vigueur, qui encadre clairement les responsabilités des élus. En somme, la décision, qui reste la plus judicieuse et responsable, a été prise dans l’intérêt public, et c’est ce qui doit guider l’analyse de ce dossier. » de préciser le maire de Drummondville
En effet, et par ailleurs, lors de la séance du 20 avril, à laquelle assistait le Vingt55, les élus ont adopté une version révisée du code d’éthique et de déontologie.
Ce nouveau cadre, adopté le lundi 20 avril dernier, devrait être rendu public prochainement. Il apporte certains ajustements, notamment dans la structuration des règles et dans le regroupement de dispositions liées à l’éthique et au climat de travail. Un code similaire applicable au personnel de cabinet a également été adopté à l’unanimité.
Comme dans bien des dossiers, l’enjeu dépasse le cadre strictement juridique. Il touche à la transparence des processus décisionnels, à la responsabilité des élus et à la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Alors que le projet du Centre Marcel-Dionne poursuit son cheminement, ce dossier illustre à quel point, en matière de gouvernance municipale, la gestion des apparences peut s’avérer aussi déterminante que le respect des règles elles-mêmes.
Dans le cadre municipal québécois, il importe de rappeler que les règles en matière de déontologie sont définies par les lois provinciales, mais que leur application repose d’abord sur les municipalités.
En effet, selon les informations vérifiées et validées par le Vingt55, chaque ville doit et peut encadrer les comportements de ses élus à travers son propre code d’éthique en toute autonomie et de façon intendante.
Toutefois, cette autonomie est encadrée par la Commission municipale du Québec, qui peut intervenir en cas de manquement, dénoncé par des élus ou des citoyens, et pourrait ultimement mener des enquêtes et imposer des sanctions si un ou des élus soulèvent des doutes ou en cas de manquement. Ainsi, si l’analyse débute à l’échelle locale, elle peut ultimement, en cas de force majeure, être soumise à un regard indépendant.
Un silence du milieu des affaires qui soulève de nombreuses questions quant à la portée, aux retombées et à l’intérêt du projet annoncé
Une autre constatation demeure, depuis l’annonce de l’orientation majeure, le milieu des affaires est resté bien silencieux, alors que les réactions des hommes d’affaires et des entreprises majeures, qui ont longtemps soutenu tant l’organisation des Voltigeurs que l’équipe, se font attendre et demeurent, pour l’instant, bien silencieuses, malgré l’ampleur d’un projet aussi structurant pour le milieu des affaires et le centre-ville de Drummondville, alors que les travaux doivent amorcer dès le début du mois de mai.

Un silence du milieu des affaires qui soulève de nombreuses questions @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.













