DRUMMONDVILLE
En effet, comme l’a constaté le Vingt55 lors de la comparution de la Drummondvilloise récidiviste en matière d’alcool au volant, il aura fallu quatre interventions policières et trois arrestations pour conduite avec les facultés affaiblies avant qu’elle ne reconnaisse pleinement la gravité de ses gestes devant le tribunal.
Entre novembre 2024 et février 2025, la quinquagénaire a multiplié les épisodes de conduite dangereuse, notamment sur l’autoroute 20 et sur le boulevard Saint-Joseph à Drummondville, où elle aurait notamment circulé à contresens avant d’être interceptée par les policiers.
Parmi les événements retenus, l’un des plus marquants s’est produit sur l’autoroute, alors que les policiers l’ont retrouvée dans un état d’ébriété avancé, incapable de conduire de façon sécuritaire, avec un taux d’alcoolémie atteignant près de 250 mg d’alcool par 100 ml de sang.
Dans un autre dossier, les analyses ont révélé des taux de 130 mg, 250 mg et même 260 mg d’alcool par 100 ml de sang, des niveaux que le tribunal a qualifiés de particulièrement préoccupants dans un contexte de récidive.
Rencontrée par le Vingt55 quelques minutes avant de recevoir sa sentence, la drummondvilloise a admis sans détour la gravité de ses gestes.
« Mon comportement était irresponsable, j’ai mis des vies en danger et aujourd’hui, je dois faire face à la musique et musiciens aujourd’hui et assumer les conséquences », a-t-elle confié, visiblement nerveuse et consciente des enjeux et de la gravité de la situation affirmant vouloir reprendre le droit chemin et mettre un terme définitif à cette période de dérape de sa vie.
« Je vais le faire à pied pour un moment », a lancé la Drummondvilloise, avec lucidité en référence à la perte de son permis de conduire. « Je vais surtout continuer mes démarches pour faire face à mon problème à ma sortie et reprendre ma vie en main. »
Avec un ton plus léger, sans toutefois cacher une certaine nervosité face à sa première incarcération, « Je ne pars visiblement pas en vacances, mais je veux alléger, dans mon esprit du moins, mon séjour en prison », a-t-elle ajouté, cherchant à masquer sa nervosité derrière un certain humour et son look plutôt coloré pour l’occasion. « Je vais être la queen de la wing », a-t-elle lancé nerveusement, malgré l’inquiétude bien présente devant la réalité carcérale qui l’attendait.
« Je vais devoir m’adapter », a-t-elle ensuite ajouté plus sérieusement, consciente que cette première condamnation et les quelques mois à purger marquaient un tournant important dans sa vie.
Son avocate, Me Beaupré, a pour sa part insistée lors des représentations sur la peine et de la suggestion commune sur le fait que cette séquence d’infractions s’inscrivait dans une période bien précise de grande vulnérabilité personnelle, notamment marquée par une séparation difficile et un contexte conjugale ayant profondément fragilisé sa cliente.
Elle a rappelé que sa cliente avait choisi de plaider coupable rapidement, reconnaissant pleinement ses torts sans chercher à minimiser les faits. Me Beaupré a également mis de l’avant les démarches concrètes entreprises depuis, notamment une thérapie fermée de trois semaines, l’arrêt complet de la consommation d’alcool ainsi qu’un suivi continu pour maintenir sa sobriété.
Selon la Drummondvilloise, cette spirale de consommation et les gestes qui en ont découlé ne reflètent pas l’ensemble du parcours de vie de sa cliente, mais plutôt une période de rupture et de détresse qu’elle tente désormais de laisser derrière elle. « Elle souhaite aujourd’hui tourner la page, reprendre sa stabilité et démontrer que cette période ne définira pas le reste de sa vie », a plaidée Me Beaupré.
Dans ce dossier de récidive de conduite avec les facultés affaiblies, l’honorable juge Gilles Lafrenière a entériné la suggestion commune de la poursuite et de la défense, imposant une peine d’incarcération ferme de six mois.
Le Juge a tenu compte des démarches de réhabilitation entreprises par l’accusée, notamment une thérapie en centre spécialisé et sa participation à des rencontres de soutien depuis quelques semaines. Son contexte personnel, incluant une situation conjugale particulière au moment des infractions, a également été pris en considération.
La procureure de la Couronne, Me Janny Harvey, a rappelé la gravité des faits et la répétition des infractions dans un court laps de temps.
Elle a souligné que les taux d’alcoolémie enregistrés, jusqu’à 260 mg d’alcool par 100 ml de sang, démontraient un risque sérieux pour la sécurité du public et justifiaient une peine significative.
La sentence de 6 mois comprend également une interdiction de conduire de deux ans, une probation de deux ans ainsi qu’un suivi obligatoire de 18 mois en lien avec la consommation d’alcool.
Le juge Lafrenière a insisté sur le fait que la conduite avec les facultés affaiblies demeure l’un des comportements les plus dangereux sur la route. « Avec des taux aussi élevés, vous mettez votre vie et celle des autres en danger », a-t-il rappelé, ajoutant que les conséquences antérieures n’avaient visiblement pas suffi à freiner ses comportements.
Tout en reconnaissant les efforts de réhabilitation, le tribunal a prévenu qu’une nouvelle récidive entraînerait des conséquences beaucoup plus sévères. Après le prononcé de la sentence, les constables spéciaux ont procédé à son incarcération immédiate au centre de détention.

La Drummondvilloise de 54 ans a plaidé coupable après trois taux d’alcoolémie records. @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.










