DRUMMONDVILLE
Des membres de la direction d’Hydro-Québec procèdent à l’installation des haussoirs @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme l’a rapporté le Vingt55 à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, le chantier a été ralenti par une succession d’imprévus. Les débits élevés de la rivière, les précipitations répétées, les moyens de pression liés au conflit de travail, une intrusion sur le chantier ainsi que plusieurs impératifs de sécurité ont forcé Hydro-Québec à reporter à plusieurs reprises l’installation des haussoirs.
Au cours des dernières heures, Hydro-Québec avait toutefois réitéré sa confiance de pouvoir profiter d’une fenêtre météorologique favorable afin de reprendre les travaux. Les conditions observées vendredi ont finalement permis aux équipes de retourner sur le barrage et d’entreprendre l’installation des segments restants, soit environ 30 % des haussoirs qui demeuraient à mettre en place.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, ce sont des membres de la direction et des employés cadres d’Hydro-Québec qui procèdent actuellement à ces travaux afin d’assurer la progression du chantier malgré les moyens de pression liés à la grève du temps supplémentaire.
Jointe par téléphone par le Vingt55, la porte-parole d’Hydro-Québec, Aïda Ouédraogo, a confirmé que ce sont effectivement des employés cadres qui ont repris le relais sur le chantier.
« Les employés syndiqués sont en grève du temps supplémentaire et travaillent du lundi au jeudi. Les cadres effectuent les travaux à l’extérieur des heures normales de travail des employés syndiqués. Ils ne viennent pas prendre leur travail; ils prennent simplement le relais lorsque les employés ne sont pas au travail », a expliqué Mme Ouédraogo.
Hydro-Québec insiste ainsi sur le fait que cette mesure ne constitue pas un remplacement des employés syndiqués, mais une façon de poursuivre les travaux dans un contexte particulier de négociation.
Cette étape demeure essentielle afin de permettre le retour progressif du niveau estival de la rivière Saint-François. Une fois l’installation des haussoirs complétée, les prochaines précipitations permettront graduellement de rétablir le niveau d’eau attendu, au grand plaisir des plaisanciers, des riverains, des pêcheurs et des entreprises nautiques durement touchés depuis le début de la saison.
La patience aura été mise à rude épreuve. Depuis plusieurs semaines, citoyens, commerçants et intervenants du milieu touristique multipliaient les appels afin que les travaux puissent être menés à terme le plus rapidement possible. Les retards successifs ont notamment entraîné le report de nombreuses activités nautiques et limité l’accès à certains secteurs de la rivière.
Pour Hydro-Québec, cette intervention marque également l’aboutissement d’un chantier complexe réalisé dans des conditions rarement observées en début de saison. Les importantes variations du débit de la rivière, les épisodes de pluie, les enjeux de sécurité, une intrusion sur le chantier ainsi que les moyens de pression liés au conflit de travail auront considérablement compliqué l’échéancier.
Prudence avant d’annoncer la fin des travaux
Hydro-Québec refuse toutefois de confirmer que les travaux seront complétés au cours de la journée de vendredi.
« Nous avons donné plusieurs échéances que nous n’avons pas pu respecter. Cette fois, nous préférons demeurer prudents. Lorsque les travaux seront terminés, nous en informerons la population », a indiqué Aïda Ouédraogo.
La société d’État rappelle également que la fin de l’installation des haussoirs ne signifie pas un retour immédiat du niveau estival de la rivière. La remontée des eaux dépendra des apports provenant de l’amont.
« Une fois les travaux terminés, nous serons tributaires de l’eau que nous recevons en amont. Il faudra des précipitations pour permettre au niveau de remonter progressivement », précise la porte-parole.
Hydro-Québec n’a pas souhaité commenter l’état des négociations avec les employés syndiqués ni l’évolution du conflit de travail, se limitant à confirmer que les discussions se poursuivent.
Des négociations toujours difficiles entre la direction et les employés
Selon les informations obtenues par le Vingt55 auprès de sources au fait du dossier, plusieurs décisions de gestion auraient également contribué à allonger l’échéancier des travaux.
D’abord, des employés soutiennent que le montage des haussoirs, qui s’effectue habituellement sur une période d’environ 12 jours en continu, de 8 h à 22 h, a cette fois dû être réalisé selon un horaire beaucoup plus restreint, soit de 8 h à 16 h, du lundi au jeudi. Cette réduction importante des heures de travail quotidiennes aurait, à elle seule, prolongé considérablement la durée du chantier.
À cela se seraient ajoutées plusieurs modifications techniques exigées afin de permettre la réalisation de nouveaux essais de déclenchement des haussoirs prévus à l’automne. Les conditions météorologiques défavorables, marquées par des débits élevés de la rivière et des épisodes de pluie répétés, ont également limité les fenêtres d’intervention.
Toujours selon les informations obtenues par le Vingt55, seulement trois travailleurs spécialisés étaient affectés à l’installation des haussoirs cette année. Des sources indiquent que la direction d’Hydro-Québec aurait choisi de ne pas rappeler des employés temporaires mis à pied en décembre dernier, malgré leur disponibilité et leur expérience. Cette décision aurait privé les équipes du soutien nécessaire pour accélérer les travaux.
Des travailleurs affirment également qu’une méthode alternative, notamment l’utilisation d’une grue installée sur la rive plutôt que le recours exclusif aux embarcations, avait été proposée afin de réduire les contraintes liées aux conditions de la rivière. Cette option n’aurait toutefois pas été retenue par la direction.
Ces éléments alimentent le mécontentement de plusieurs employés, qui estiment avoir proposé différentes solutions au cours des derniers mois pour limiter les retards. Hydro-Québec n’a toutefois pas commenté ces allégations et maintient que les délais sont attribuables à une combinaison de facteurs, dont les conditions hydrologiques, les impératifs de sécurité et le contexte du conflit de travail.
Du côté syndical, aucune réaction n’avait été obtenue au moment de publier ces lignes. Le syndicat n’a pas commenter la reprise des travaux, la participation des employés cadres sur le chantier ni l’évolution des négociations toujours en cours.
Sauf nouvel imprévu, la complétion des travaux permettra enfin de tourner la page sur un dossier qui aura suscité de nombreuses réactions au cours des dernières semaines et redonnera progressivement à la rivière Saint-François son niveau estival attendu.

Des membres de la direction d’Hydro-Québec procèdent à l’installation des haussoirs @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.














