DRUMMONDVILLE
Alors que les travaux d’installation des haussoirs ont été complétés par des membres de la direction d’Hydro-Québec, les employés réguliers devront maintenant assurer la vérification complète des installations réalisées durant la fin de semaine.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, l’installation des haussoirs nécessite en effet plusieurs mesures de contrôle, des inspections ainsi que des validations techniques avant d’être considérée comme entièrement terminée. Ces vérifications devraient être effectuées par les employés réguliers et spécialisés, qui possèdent l’expertise requise pour procéder aux mises à jour des mesures, aux inspections finales et à la validation complète de l’installation.
Cette nouvelle étape marque toutefois la fin de l’installation physique des haussoirs, une avancée qui réjouit déjà de nombreux riverains, plaisanciers, pêcheurs et entreprises nautiques, durement touchés par les faibles niveaux d’eau observés depuis le début de la saison.
Les travaux ont été réalisés par des membres de la direction d’Hydro-Québec, en dehors des heures normales de travail des employés syndiqués, toujours en grève du temps supplémentaire. La société d’État tient toutefois à préciser qu’il ne s’agit pas d’un remplacement des employés réguliers.
« Les employés syndiqués sont en grève du temps supplémentaire et travaillent du lundi au jeudi. Les cadres effectuent les travaux à l’extérieur des heures normales de travail des employés syndiqués. Ils ne viennent pas prendre leur travail; ils prennent simplement le relais lorsque les employés ne sont pas au travail », a expliqué Soutongnoma Aïda Ouédraogo, porte-parole d’Hydro-Québec, en entrevue avec le Vingt55.
Hydro-Québec souligne que cette approche visait uniquement à permettre l’achèvement d’une étape essentielle au rétablissement des conditions normales sur la rivière, dans un contexte particulier de négociations avec le personnel syndiqué.
Bien que l’installation des haussoirs soit maintenant complétée et que le retour au niveau estival de la rivière soit attendu dans les prochains jours, le conflit de travail entre Hydro-Québec et ses employés réguliers est loin d’être réglé. Selon les informations obtenues par le Vingt55, les négociations entre la direction et le syndicat demeurent difficiles et plusieurs enjeux restent en suspens. Des sources indiquent que certaines décisions de gestion prises au cours des derniers mois continuent d’alimenter le mécontentement des travailleurs, notamment en ce qui concerne l’organisation du chantier et le rappel des employés temporaires.
Au moment de publier, Hydro-Québec n’avait pas commenté ces éléments, tandis que la partie syndicale n’avait pas souhaité réagir à la reprise des travaux par des employés cadres ni à l’état des discussions, qui se poursuivent toujours.
Même si l’installation des haussoirs est maintenant complétée, le retour du niveau estival ne sera pas immédiat. La société d’État rappelle que la remontée des eaux dépendra désormais des apports provenant de l’amont de la rivière.
« Une fois les travaux terminés, nous serons tributaires de l’eau que nous recevons en amont. Il faudra des précipitations pour permettre au niveau de remonter progressivement », a précisé Mme Ouédraogo.
Le député veut faire reconnaître l’installation des haussoirs comme un service essentiel
De son côté, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, avait déjà fait savoir que cette situation avait grandement affecté les différents acteurs économiques et touristiques de la région. En entrevue avec le Vingt55, il avait indiqué son intention d’intervenir directement auprès du ministre responsable d’Hydro-Québec, afin de faire le point sur la situation et de s’assurer que l’installation des haussoirs soit désormais reconnue comme un travail essentiel.
Comme le Vingt55 l’avait porté à son attention, les moyens de pression liés au conflit de travail ont largement contribué aux retards observés cette année, en plus des conditions météorologiques défavorables. Le député a confirmé au Vingt55 qu’il entend poursuivre ses démarches afin que le dossier soit réglé durablement.
« Cela fait quelques années que les travaux sont reportés ou retardés pour une multitude de raisons. L’an prochain, ces travaux devront débuter à la période habituelle, soit vers la mi-mai. Les citoyens, les plaisanciers, les commerçants et l’industrie touristique ne peuvent plus être pris en otage par les négociations entre Hydro-Québec et ses employés. Il en va de notre économie régionale », a affirmé Sébastien Schneeberger en entrevue avec le Vingt55.
Le député estime également que, puisque l’installation des haussoirs est indispensable au maintien des niveaux d’eau et qu’elle doit être complétée et testée avant la saison estivale, ces interventions devraient bénéficier d’un statut particulier afin d’éviter que la situation ne se répète lors des prochaines années.
Hydro-Québec n’a pas souhaité commenter l’évolution des négociations avec les employés syndiqués, se limitant à confirmer que les discussions se poursuivent.
Les prochaines pluies permettront ainsi un retour graduel au niveau d’eau recherché, une perspective accueillie avec soulagement par les nombreux utilisateurs du plan d’eau, durement touchés par les faibles niveaux observés depuis plusieurs semaines.
De leur côté, plusieurs riverains souhaitent également qu’Hydro-Québec puisse maintenir un niveau d’eau adéquat en aval du barrage Hemmings afin de préserver les conditions de navigation entre les deux barrages, un secteur fréquenté par de nombreux plaisanciers.







