DRUMMONDVILLE
Des citoyens de la rue du Velours dénoncent des accès à leurs stationnements à géométrie variable @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés. @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Les nouvelles bordures de béton aménagées devant plusieurs résidences de la rue du Velours ne font pas que délimiter la chaussée. Pour certains propriétaires du secteur, elles sont devenues une véritable source de mécontentement.
Comme a pu le constater le Vingt55 sur place, la largeur des ouvertures permettant d’accéder aux stationnements privés varie d’une résidence à l’autre. Dans certains cas, la configuration des bordures laisse suffisamment d’espace pour accéder facilement à la propriété, alors qu’ailleurs, l’ouverture apparaît beaucoup plus étroite et complique les manœuvres pour entrer ou sortir du stationnement.
Des résidents rencontrés par le Vingt55 estiment surtout difficile de comprendre pourquoi les aménagements présentent de telles différences dans un même secteur résidentiel. « Si tu mesures chaque cour, il n’y en a pas une qui est pareille », résume une résidente rencontrée sur place.
La problématique devient particulièrement évidente devant certaines propriétés où l’aménagement de la bordure limite la possibilité d’utiliser toute la largeur disponible pour stationner les véhicules.
Une résidente explique notamment qu’elle souhaitait pouvoir aménager son entrée afin d’y placer plusieurs véhicules. Or, selon elle, la configuration actuelle de la bordure l’oblige plutôt à stationner les voitures l’une derrière l’autre, alors que l’espace disponible sur son terrain aurait permis un aménagement différent.
Pour plusieurs familles possédant deux ou trois véhicules, cette différence est loin d’être anodine.
Les résidents rencontrés soulèvent également la question de la largeur maximale permise pour les entrées charretières. Selon les explications qui leur auraient été fournies, différentes règles municipales doivent être prises en considération, notamment la distance par rapport à la façade de la résidence et la largeur de l’entrée.
C’est toutefois l’application de ces règles sur le terrain qui soulève des interrogations chez certains citoyens, des résidents parlent d’une situation « illogique »
« Ici, je peux avoir deux places, mais ailleurs, je ne peux pas en avoir deux. Lui, il en a plus et moi, j’en ai moins », résume l’une des citoyennes rencontrées par le Vingt55. Certains autres propriétaires soutiennent également que les aménagements réalisés ne correspondent pas nécessairement aux plans ou aux besoins qu’ils avaient exprimés.
Une résidente affirme notamment qu’un emplacement aurait été identifié avant les travaux pour déterminer l’ouverture souhaitée devant sa propriété, mais que la bordure aurait finalement été réalisée différemment.
« Sur les plans de la Ville, c’était écrit que l’entrepreneur devait demander au propriétaire ce qu’il voulait pour sa cour », affirme-t-elle, ajoutant avoir constaté une modification de l’emplacement initialement identifié. Pour elle, le résultat est difficile à comprendre alors que certaines propriétés voisines disposent d’ouvertures sensiblement différentes.
Une facture qui ajoute au mécontentement
La situation est d’autant plus irritante pour certains propriétaires que les travaux représentent, selon les citoyens rencontrés, une facture de plusieurs milliers de dollars par propriété, répartie sur plusieurs années.
Des résidents évoquent une somme de 8 000 $, à laquelle peuvent s’ajouter les intérêts lorsqu’elle est étalée sur plusieurs années. Cette somme avancée par les citoyens devra toutefois être confirmée auprès de la Ville.
Certains affirment également s’être fait suggérer de présenter une demande de dérogation, une démarche qui entraînerait selon eux des frais d’environ 300 $, sans garantie que leur demande soit acceptée. Pour eux, il serait difficilement acceptable de devoir payer davantage afin de faire modifier une situation qu’ils estiment ne pas avoir créée.
Des questions également sur la sécurité et l’hiver
Au-delà de l’accès aux propriétés, les résidents soulèvent d’autres préoccupations liées à la configuration de cette nouvelle rue. Certains s’interrogent notamment sur l’espace disponible lorsque des véhicules sont stationnés des deux côtés de la chaussée et sur la capacité d’un véhicule d’urgence, notamment un camion de pompiers, à circuler facilement dans le secteur.
L’hiver représente une autre préoccupation. Avec des terrains relativement restreints et des entrées plus étroites à certains endroits, des propriétaires se demandent déjà où ils pourront accumuler la neige provenant de leur entrée, particulièrement lorsque les opérations de déneigement repoussent celle de la rue devant leur propriété.
Rencontré sur place par le Vingt55, un représentant de l’urbanisme de la Ville de Drummondville a expliqué que la marge réglementaire de 1,5 mètre est respectée pour chacun des accès aux entrées privées.
Selon ses explications, la configuration de la rue ainsi que l’emplacement et l’orientation des différentes résidences varient d’une propriété à l’autre, ce qui expliquerait les différences observées dans la largeur et la disposition des accès aux stationnements privés.
Ainsi, même si les bordures et les ouvertures peuvent sembler aménagées différemment d’une résidence à l’autre, ces variations seraient notamment attribuables à la configuration propre à chaque terrain et à la position de la résidence par rapport à la rue, tout en respectant la marge prévue par la réglementation municipale, affirme l’employé municipal responsable du chantier rencontré sur place.
Une autre situation soulève également des questions chez certains résidents.
La Ville oblige les propriétaires à planter un arbre sur leur terrain, une mesure qu’ils considèrent en soi comme une excellente idée. Toutefois, d’un côté de la rue, certains affirment qu’il leur est pratiquement impossible de respecter la distance recommandée par Hydro-Québec, soit environ 10 pieds des lignes électriques.
« Si je me conforme à cette distance, mon arbre devrait pratiquement être planté dans le salon. Ça ne fait aucun sens. Nous avons donc dû planter l’arbre malgré le fait que nous ne pouvions pas respecter cette norme », explique une résidente rencontrée par le Vingt55.
Le dossier a déjà été porté à l’attention du conseiller municipal du secteur, Jean-Philippe Tessier, par plusieurs résidents de la rue du Velours.
Le conseiller s’est d’ailleurs rendu dans le quartier, confirment les citoyens rencontrés par le Vingt55, afin de constater lui-même la situation et les problématiques soulevées, notamment en ce qui concerne l’accès à certains stationnements privés.
Contacté par le Vingt55, Jean-Philippe Tessier confirme avoir rencontré des résidents et avoir pris le temps d’observer les différents aménagements réalisés devant les propriétés.
Selon le conseiller municipal, des questions se posent effectivement devant les différences visibles d’une résidence à l’autre et les difficultés d’accès à certains stationnements. Il entend maintenant porter le dossier auprès des personnes responsables à l’hôtel de ville afin que la situation soit analysée et que les solutions possibles soient évaluées.
« Le dossier sera traité en priorité pour moi. La situation sera amenée et discutée avec les personnes responsables du dossier et les directions concernées à l’hôtel de ville », indique le conseiller municipal en entrevue au Vingt55.
Les résidents souhaitent maintenant que la Ville examine les différentes configurations directement sur le terrain et détermine si des correctifs peuvent être apportés, particulièrement dans les cas où l’aménagement actuel limite l’accès ou l’utilisation des stationnements privés.
Les citoyens ne remettent pas nécessairement en question la présence des bordures elles-mêmes. C’est plutôt leur configuration, les différences observées d’une propriété à l’autre et leurs conséquences sur l’accès aux stationnements qui sont au cœur de leurs préoccupations. Pour la majorité des citoyens rencontrés, les frais liés à d’éventuels correctifs devraient être imputés à l’entrepreneur ou encore être assumés par la Ville de Drummondville.

Des citoyens de la rue du Velours dénoncent des accès à leurs stationnements à géométrie variable @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés. @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.



















