DRUMMONDVILLE
Une annonce nationale majeure consacrée aux aînés, suivie de questions sur les besoins pressants de Drummondville. De passage à la Résidence Jardins de la Cité, située sur la rue Cockburn, ce matin, la première ministre Christine Fréchette a promis un milliard de dollars supplémentaire sur quatre ans pour le soutien à domicile, en plus de 2 000 nouveaux logements abordables destinés aux personnes âgées. Mme Fréchette et le député sortant Sébastien Schneeberger ont également répondu aux questions concernant les principaux enjeux locaux touchant les aînés, la pauvreté et la santé.
La première ministre Christine Fréchette, entourée du député sortant Sébastien Schneeberger et de plusieurs candidats de la CAQ dans la région, était de passage à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Accueillie par les résidents et la direction de l’établissement, lors du point de presse prévu à Drummondville, Christine Fréchette a présenté cette mesure comme l’un des engagements importants de son plan électoral pour les aînés.
Elle était accompagnée du député sortant de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, ainsi que de la ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés, Sonia Bélanger. La candidate dans Johnson, Christine Nadeau, était également présente, tout comme les députées Shirley Dorismond, de Marie-Victorin, et Marilyne Picard, de Soulanges. Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, ainsi que les candidats Kevin Brasseur, dans Arthabaska–L’Érable, et Patrick St-Onge, dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, ont aussi assisté au point de presse.
Un milliard de dollars réparti sur quatre ans
Si son équipe est portée au pouvoir lors de l’élection provinciale d’octobre, Christine Fréchette promet d’augmenter progressivement le financement consacré au soutien à domicile.
L’investissement augmenterait progressivement au cours d’un éventuel prochain mandat, passant de 100 millions de dollars la première année à 200 millions la deuxième, puis à 300 millions la troisième et à 400 millions la quatrième, pour un total d’un milliard de dollars sur quatre ans.Selon la première ministre, cette enveloppe permettrait à davantage d’aînés, de personnes en perte d’autonomie ou vivant avec un handicap de demeurer plus longtemps dans leur domicile et près de leurs proches.
« Les aînés ont construit le Québec moderne et la moindre des choses, c’est qu’on s’occupe d’eux », a-t-elle déclaré devant les résidents. Les sommes pourraient notamment servir à offrir des soins à domicile, de l’aide pour la préparation des repas ainsi que de l’assistance pour se laver, s’habiller ou accomplir différentes activités quotidiennes.
L’investissement viserait aussi à soutenir les proches aidants et les familles qui accompagnent une personne en perte d’autonomie. « Ce n’est pas seulement une personne qu’on aide. C’est toute une cellule familiale et tout un réseau de proches aidants », a fait valoir Christine Fréchette.
Questionnée sur l’ampleur des besoins, la première ministre a reconnu que le milliard de dollars promis ne permettrait pas, à lui seul, de répondre à toute la demande en soutien à domicile. « On sait que la demande est croissante parce qu’il y a un vieillissement de la population. On ajuste le rythme de l’offre de soins à domicile en fonction de cette croissance-là », a-t-elle expliqué.
Christine Fréchette n’a pas précisé combien de personnes supplémentaires pourraient recevoir des services ni combien d’heures de soins seraient ajoutées grâce à cette nouvelle enveloppe. Ces données devraient éventuellement être précisées dans le cadre financier de sa formation politique.
La première ministre a toutefois soutenu qu’un investissement accru dans le maintien à domicile peut permettre de réduire certaines dépenses ailleurs dans le réseau de la santé.
Une personne en perte d’autonomie qui ne reçoit pas suffisamment de services chez elle risque éventuellement de devoir être hospitalisée ou transférée dans un CHSLD, une maison des aînés ou un autre milieu d’hébergement. « Vieillir chez soi, c’est conserver ses repères, son autonomie et sa liberté au quotidien », a-t-elle affirmé. Selon elle, l’objectif est d’offrir « le bon service à la bonne personne, au bon moment et surtout au bon endroit, dans le confort de sa maison ».
Des budgets déjà doublés, affirme la première ministre
Christine Fréchette a rappelé que les budgets consacrés au soutien à domicile avaient déjà été doublés depuis l’arrivée au pouvoir de son gouvernement. Elle a également évoqué la réduction de certaines tâches administratives afin que le personnel puisse consacrer davantage de temps aux soins, une meilleure reconnaissance des proches aidants ainsi que l’ajout précédemment annoncé d’un million d’heures de soutien à domicile.
Elle reconnaît néanmoins que les mesures adoptées jusqu’à maintenant ne suffisent pas à suivre l’évolution rapide des besoins. « On a beaucoup avancé, mais on doit faire plus », a-t-elle convenu.
Un engagement de 2 000 logements pour aînés
Le milliard de dollars promis pour le soutien à domicile s’ajoute à un autre engagement électoral : la construction de 2 000 nouveaux logements abordables réservés aux personnes âgées. Selon Christine Fréchette, ces nouvelles unités viendraient doubler les efforts réalisés au cours des dernières années, son gouvernement affirmant avoir déjà construit ou mis en chantier 2 000 logements destinés à cette clientèle.
Le Vingt55 ramène les enjeux de Drummondville au premier plan
Après son annonce nationale, Christine Fréchette a répondu aux questions des médias locaux et nationaux présents au point de presse. Le Vingt55 en a profité pour l’interpeller directement sur les réalités vécues à Drummondville.
La première ministre a été questionnée sur la signification concrète d’un logement « abordable » pour une personne à faible revenu, l’augmentation de l’itinérance chez les aînés, les besoins financiers des organismes communautaires, les délais du futur hôpital régional et la possibilité de revoir le découpage sociosanitaire de la Mauricie–Centre-du-Québec.
La première ministre a précisé que le loyer mensuel prévu serait de 600 $ pour un studio et de 1 000 $ pour un appartement. Les prix seraient les mêmes partout au Québec, sans variation d’une région à l’autre.
L’équipe de Christine Fréchette mise ainsi sur deux volets : augmenter le nombre de logements abordables accessibles aux aînés autonomes et renforcer les services permettant aux personnes en perte d’autonomie de continuer à vivre chez elles.
Des aînés confrontés à l’itinérance, le Vingt55 a notamment soulevé la situation de personnes âgées qui se retrouvent en grande précarité et, dans certains cas, en situation d’itinérance à Drummondville.
Pendant ce temps, les organismes de première ligne doivent répondre à une augmentation des besoins avec des ressources limitées.
Christine Fréchette a reconnu que l’itinérance ne se limite plus aux grands centres. « C’est vrai que le phénomène d’itinérance est un phénomène croissant, qui a longtemps été confiné à la métropole et qui s’étend maintenant partout au Québec, malheureusement », a-t-elle répondu.
Selon elle, une partie de la solution passe nécessairement par la construction d’un plus grand nombre de logements abordables. « Il faudra que l’équilibre revienne et c’est en construisant qu’on va vraiment régler l’enjeu à la source », a-t-elle soutenu.
Intervenir avant la perte d’un logement et soutenir les organismes de Drummondville confrontés à des besoins importants
La première ministre a insisté sur l’importance d’intervenir avant qu’une personne ne perde son logement. Selon les données qu’elle a avancées pendant l’échange, environ 40 % des personnes en situation d’itinérance se seraient retrouvées à la rue parce qu’elles n’étaient plus en mesure de payer leur loyer.
Christine Fréchette a rappelé l’existence d’un programme annoncé en juin dernier visant à repérer les locataires menacés d’expulsion en raison de difficultés financières. Lorsque les personnes concernées répondent aux critères établis, une intervention peut être effectuée afin de les aider à payer leur loyer et à conserver leur logement. « On prend contact avec elles et on s’assure de les aider, si elles respectent nos critères. Cela leur évite de se retrouver à la rue », a-t-elle expliqué.
Mme Fréchette a également affirmé qu’environ 4 000 personnes auraient quitté la rue grâce aux interventions réalisées l’année dernière. L’objectif gouvernemental serait d’accompagner 5 000 personnes vers une sortie de l’itinérance cette année.
Un plan pour les organismes communautaires attendu d’ici 2027
Questionnée sur les besoins financiers des organismes de première ligne, la première ministre a affirmé que le soutien gouvernemental accordé aux groupes communautaires avait doublé depuis l’arrivée au pouvoir de son gouvernement.
Elle a toutefois reconnu que leurs besoins demeurent importants, un nouveau plan d’action destiné aux organismes communautaires serait actuellement en préparation. Il devrait être présenté à la fin de l’automne ou au début de 2027.
« Je sais que les besoins sont grands. On est donc à élaborer notre plan d’action pour les groupes communautaires », a-t-elle indiqué. Christine Fréchette a ajouté avoir rencontré des représentants du milieu communautaire quelques jours auparavant afin de discuter de leurs préoccupations. En effet, la pauvreté et l’itinérance et criminalité croissante à Drummondville suscitent de vives préoccupations, tout comme la situation de plusieurs organismes locaux.
Le Comptoir alimentaire Drummond, La Piaule, qui réclame davantage de soutien et de logements abordables pour sa clientèle, et, plus récemment, la Table populaire doivent tous composer avec des besoins grandissants.
Alors que le Comptoir alimentaire est toujours à la recherche du financement nécessaire à sa relocalisation, la Table populaire ferait face à un déficit de plus de 350 000 $, selon les informations obtenues et confirmées au Vingt55. L’organisme connaît également un changement à sa direction, avec la nomination d’un nouveau directeur général par intérim en remplacement de Rachel Bissonnette, comme l’a rapporté le Vingt55 la semaine dernière.
Une crise du logement différente d’une région à l’autre
Interrogée plus largement sur la crise du logement, Christine Fréchette a soutenu que la situation varie considérablement selon les régions. Certaines auraient atteint ou seraient sur le point d’atteindre un taux d’inoccupation de 3 %, considéré comme un point d’équilibre permettant aux locataires d’avoir un certain choix.
« Il y a des régions pour lesquelles la crise du logement est du passé. Il y en a d’autres où elle prévaut encore et où il faut continuer de construire », a-t-elle affirmé.
La première ministre n’a toutefois pas précisé dans quelle catégorie elle situe Drummondville, où le coût des loyers, la rareté des logements accessibles et l’augmentation de l’itinérance demeurent des préoccupations importantes. Elle a rappelé que des pouvoirs supplémentaires avaient été accordés aux municipalités afin d’accélérer la construction de logements et de réduire certaines contraintes administratives.
Une résidente interpelle directement les candidats
Un cas concret a d’ailleurs retenu l’attention de Christine Fréchette, de Sonia Bélanger et de Sébastien Schneeberger lorsqu’une résidente leur a fait part des difficultés qu’elle éprouve à payer son loyer.
Présent sur place afin de représenter les citoyens de Drummond–Bois-Francs, le député sortant Sébastien Schneeberger a lui aussi été interpellé sur les difficultés importantes vécues par certains aînés de la région. « Ce sont des situations auxquelles nous devons faire face. Un meilleur accompagnement doit être offert afin de mieux répondre aux besoins de ces personnes », a-t-il expliqué au Vingt55.
Le député sortant et candidat affirme que son équipe de circonscription a contribué, au cours des dernières années, à résoudre plusieurs dossiers individuels. Selon lui, les résidents concernés ont souvent besoin d’une aide plus personnalisée pour comprendre les programmes offerts, remplir leurs demandes et obtenir rapidement les mesures de soutien auxquelles ils pourraient avoir droit.
« Il n’existe malheureusement pas de solution miracle. Parfois, les proches aidants ont eux aussi besoin de cet appui. Notre parti entend d’ailleurs les soutenir plus efficacement, comme l’a mentionné Mme Fréchette lors du point de presse », a ajouté Sébastien Schneeberger.
Le Vingt55 a également questionné Christine Fréchette sur le futur hôpital régional de Drummondville et sur les délais qui pourraient précéder sa réalisation.
Bien que l’annonce du projet ait été favorablement accueillie, la possibilité que sa concrétisation prenne de 10 à 15 ans suscite des inquiétudes dans la région. La première ministre a été invitée à préciser si des travaux concrets pourraient commencer dans un horizon de quatre à six ans.
Elle a reconnu que la phase préparatoire peut donner l’impression que le projet avance lentement, puisqu’aucune machinerie n’est encore visible sur le terrain. Elle soutient toutefois que cette étape demeure essentielle.
« Il faut tout d’abord avoir de bons plans, bien planifiés. Et ça, c’est long. Je comprends que, pendant ce temps-là, on ne voit pas de machinerie sur le terrain, mais cela reste une phase cruciale qu’il faut bien faire. Ensuite, on va de l’avant avec le début des travaux », a-t-elle répondu.
Christine Fréchette n’a toutefois avancé aucun nouvel échéancier précis concernant le choix définitif du terrain, le lancement du chantier ou l’ouverture éventuelle du nouvel établissement.
Elle a qualifié le nouvel hôpital de Drummondville d’investissement majeur, rappelant également les travaux d’agrandissement en cours à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, à Victoriaville.
Sonia Bélanger prudente sur le découpage sociosanitaire
La question du rattachement de Drummondville à la région sociosanitaire de la Mauricie–Centre-du-Québec a également été soulevée.
Des élus de la MRC de Drummond ont évoqué la possibilité de revoir le découpage actuel afin que la région bénéficie d’une organisation sociosanitaire distincte et mieux adaptée à ses besoins.
Invitée à réagir, Sonia Bélanger a appelé à la prudence. La ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés a rappelé que le modèle actuel permet aussi à Drummondville de profiter de certains avantages liés à son rattachement à un grand établissement universitaire.
« Vous faites partie, au niveau de la santé, de la Mauricie–Centre-du-Québec. Il faut voir que le centre hospitalier du côté de Trois-Rivières est un centre hospitalier universitaire. Il y a aussi des gains à être associé à ce grand établissement », a-t-elle expliqué.
La ministre a notamment évoqué l’accès aux médecins spécialistes et le déploiement du dossier de santé numérique parmi les avantages possibles de cette organisation régionale « Je pense qu’il faut être prudent par rapport au fait de démanteler des régions sociosanitaires », a conclu Sonia Bélanger.
Le passage de Christine Fréchette à Drummondville aura ainsi été marqué par une annonce financière majeure, mais également par plusieurs admissions et réponses prudentes.
La première ministre promet un milliard de dollars supplémentaires pour le soutien à domicile et 2 000 logements abordables pour les aînés. Elle reconnaît toutefois que cette enveloppe ne permettra pas de répondre à tous les besoins et n’a pas précisé combien de personnes ou d’heures de services supplémentaires en découleraient.
Quant au futur hôpital régional de Drummondville, aucun nouvel échéancier n’a été présenté. Sonia Bélanger invite par ailleurs les élus à faire preuve de prudence avant de réclamer une modification du découpage sociosanitaire actuel.
Sur les enjeux locaux, le gouvernement reconnaît la progression de l’itinérance et les besoins du milieu communautaire, mais renvoie les organismes à un plan d’action attendu à la fin de l’automne ou au début de 2027.
Mme Fréchette a par ailleurs interrompu temporairement ses activités de campagne aujourd’hui afin d’assister aux funérailles de la mère de François Legault. La première ministre et les candidats reprendront toutefois leur parcours par la suite et se rendront dans la région de Nicolet.

La première ministre Christine Fréchette, entourée du député sortant Sébastien Schneeberger et de plusieurs candidats de la CAQ dans la région, était de passage à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.




















