DRUMMONDVILLE
Médicaments et substances retrouvés à ciel ouvert, personnes intoxiquées et tentative de vol, les autorités fortement sollicitées au cours des dernières 24 heures à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous doits réservés
La succession des interventions observées et documentées par le Vingt55 au cours des dernières heures remet à l’avant-plan les enjeux d’itinérance, d’intoxication, de cohabitation sociale et d’accès aux ressources.
En effet, comme la constaté le Vingt55, ce matin, une importante quantité de médicaments, de ce que certaines personnes rencontrées sur place désignent comme de la « peanuts », ainsi que différentes substances ont notamment été retrouvées à ciel ouvert à proximité de la bibliothèque publique de Drummondville.
Une employée d’un commerce a également dû être transportée hier à l’hôpital après s’être blessée en ramassant des débris de verre laissés à la suite du passage de deux personnes intoxiquées.
Deux jeunes ont également été impliqués dans un événement pouvant s’apparenter à une tentative de vol qualifié près de la bibliothèque, avant qu’un témoin n’intervienne. Plus tard en soirée, les pompiers ont dû intervenir pour un feu allumé à proximité d’un abri du terminus d’autobus.
Des médicaments et différentes substances retrouvés à ciel ouvert près de la bibliothèque du centre-ville
Vers 11 h 20 ce matin, les policiers de la Sûreté du Québec ont été appelés dans le secteur de la bibliothèque publique de Drummondville, notamment à proximité de la voie ferrée, après la découverte de plusieurs médicaments au sol.
La sergente Valérie Beauchamp, porte-parole de la Sûreté du Québec, a confirmé au Vingt55 que des médicaments avaient effectivement été retrouvés à cet endroit. Selon les premières informations inscrites à la carte d’appel, un contenant sans identification, décrit comme rouge et beige et contenant vraisemblablement des médicaments prescrits, faisait notamment partie des éléments découverts.
La porte-parole disposait toutefois de peu d’informations au moment de l’entretien et ne pouvait préciser la nature exacte des médicaments ni leur provenance. Elle a néanmoins confirmé que les policiers prendraient les mesures nécessaires afin qu’ils soient récupérés et qu’on en dispose de façon sécuritaire.
Sur place, le Vingt55 a constaté la présence de plusieurs comprimés et flacons de médicaments abandonnés à proximité de la bibliothèque, dans un secteur notamment fréquenté par des personnes en situation d’itinérance.
Des enveloppes contenant ce qui semblait être différentes substances, ainsi que des contenants de boissons alcoolisées, ont également été retrouvées au sol. Quelques contenants et comprimés ont notamment été découverts dans l’un des abris du terminus d’autobus ainsi que dans l’aire publique aménagée par la Ville. D’autres ont également été observés à différents endroits dans le parc culturel.
Selon les personnes en situation d’itinérance rencontrées sur place, il s’agirait principalement de médicaments d’ordonnance ou de ce qu’elles désignent dans le milieu comme des « peanuts », une expression utilisée par certaines personnes en situation d’itinérance et des consommateurs réguliers pour désigner des médicaments ou des substances qui circuleraient et seraient partagés entre différentes personnes.
La Sûreté du Québec s’est déplacée afin de prendre en charge les médicaments qui se trouvaient exposés et accessibles dans un secteur public, a confirmé la sergente Valérie Beauchamp en entrevue au Vingt55.
Une agente de sécurité rencontrée sur place a expliqué au Vingt55 que le rôle des employés demeure limité lorsqu’une situation survient à l’extérieur de l’établissement.« Nous n’avons aucun employé pour ce genre d’intervention. Cependant, si des médicaments ou des stupéfiants sont retrouvés, comme ce matin, nous avons le devoir d’appeler la Sûreté du Québec », a-t-elle précisé.
La découverte a également suscité des préoccupations chez des citoyens rencontrés par le Vingt55, notamment en raison de la proximité de la bibliothèque, du terminus d’autobus et d’autres espaces accessibles au public.
Un citoyen estime que retrouver une telle quantité de médicaments dans un secteur fréquenté par des familles et des enfants devrait soulever des questions sur l’encadrement et les ressources disponibles au centre-ville.
« Retrouver autant de médicaments à proximité des autobus et de la bibliothèque, ce n’est pas un bon signe. Si des médicaments deviennent facilement accessibles à ciel ouvert, il faut se poser des questions sur les besoins en intervenants au centre-ville », a-t-il affirmé au Vingt55.
Cet événement n’est pas sans rappeler le décès récent d’un homme en situation d’itinérance, retrouvé sans vie dans une salle de bain de l’organisme L’Ensoleilvent.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, l’hypothèse d’une surdose accidentelle de médicaments d’ordonnance ferait partie des éléments considérés par les autorités. La cause exacte du décès demeure toutefois à déterminer, alors que le coroner Garneau poursuit son enquête afin d’établir les causes et les circonstances entourant la mort de l’homme
Une employée blessée après le passage de deux personnes intoxiquées à l’épicerie Nadeau
Un autre événement est survenu vers 15 h à l’épicerie-dépanneur Nadeau, située sur le boulevard Saint-Joseph, dans le secteur Saint-Nicéphore, a confirmé la Sûreté du Québec.
Selon les informations confirmées au Vingt55 par la Sûreté du Québec, deux clients qui se trouvaient ensemble à l’intérieur du commerce se sont disputés. Au cours de l’événement, une bouteille de vin a été échappée et l’une des deux personnes se serait coupée. Les deux clients auraient ensuite refusé de payer la bouteille avant de quitter le commerce.
C’est après leur départ qu’une employée du commerce s’est blessée en ramassant les débris de verre laissés au sol. L’employée portait des gants lorsqu’elle s’est coupée. Comme l’une des personnes impliquées s’était elle-même blessée avec les débris, la possibilité d’un contact avec du sang a suscité des préoccupations. La SQ précise qu’il n’y aurait toutefois pas eu de voie de fait entre les deux personnes et l’employée.
Par mesure de précaution, l’employée a été transportée au centre hospitalier afin de faire évaluer sa blessure et d’assurer le suivi médical approprié. « Il s’agit d’une petite entaille au doigt », a précisé cette fois, la sergente Bilodeau, ajoutant que l’événement était essentiellement considéré comme un accident de travail. l’événement a forcé la fermeture temporaire du commerce.
Une tentative de vol qualifié près de la bibliothèque en soirée
Un autre événement est survenu plus tard en soirée vers 23h00, cette fois encore dans le secteur de la bibliothèque publique de Drummondville, confirme la Sûreté du Québec.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, deux jeunes auraient été interpellés par une personne en situation d’itinérance qui était fortement intoxiquée.
L’individu leur aurait ordonné de vider leurs poches, une situation pouvant s’apparenter à une tentative de vol qualifié. L’intervention d’un témoin aurait toutefois permis de mettre fin à l’événement avant que la situation ne dégénère davantage. La Sûreté du Québec confirme avoir été informée de l’événement. Les deux personnes visées n’ont cependant pas souhaité porter plainte. L’intervention a néanmoins été consignée par les policiers.
Un feu allumé près du terminus d’autobus
Quelques minutes plus tard, vers 23 h 40, les pompiers du Service de sécurité incendie et de sécurité civile de Drummondville ont été appelés à intervenir à proximité du terminus d’autobus et de la bibliothèque.Un individu aurait allumé des débris à proximité du terminus. À l’arrivée des pompiers, l’homme, qui semblait intoxiqué et peu collaborateur, aurait compliqué leur intervention. Les pompiers ont alors demandé l’assistance de la Sûreté du Québec. L’individu avait toutefois quitté les lieux avant l’arrivée des policiers.
Les pompiers ont procédé à l’extinction du début d’incendie. La sergente Valérie Beauchamp a confirmé qu’aucune arrestation n’avait été effectuée dans ce dossier.
La sergente Beauchamp a par ailleurs confirmé au Vingt55 l’existence de plusieurs autres cartes d’appel liées à des personnes sans domicile fixe au cours des dernières heures. Certaines concernaient notamment une personne dormant au sol dans un espace gazonné et une autre consommant de l’alcool depuis le matin dans le secteur de la rue Brock.
« Il n’y a pas nécessairement d’infraction. L’errance ne constitue pas en soi une infraction criminelle. S’il n’y a pas de plainte et qu’aucune infraction n’est constatée, il n’y a pas matière à intervention criminelle », a résumé la sergente Beauchamp au sujet de certaines de ces interventions.
Dans plusieurs des appels reçus au cours des dernières heures, les policiers ont d’ailleurs été appelés avant tout à vérifier l’état de santé d’une personne, à répondre aux préoccupations de citoyens ou à orienter des personnes en situation d’itinérance vers les ressources disponibles. La présence d’une personne en situation d’itinérance ne constitue donc pas, à elle seule, une infraction et ne nécessite une intervention policière de nature criminelle que lorsqu’un comportement ou une situation particulière le justifie.
Nous sommes de plus en plus nombreux et les services sont de moins en moins présents », confirment deux personnes en situation d’itinérance @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous doits réservés
« Nous sommes de plus en plus nombreux et les services sont de moins en moins présents », confirment des personnes en situation d’itinérance rencontrées par le Vingt55
Au-delà des interventions policières, deux personnes en situation d’itinérance rencontrées par le Vingt55 dans le secteur de la bibliothèque ont livré leur propre lecture de la situation.
Rick, surnommé « Panda », et Sylvie estiment que les ressources disponibles peinent de plus en plus à répondre aux besoins.
Ils soulignent notamment que les intervenants doivent composer avec une demande importante et que certaines ressources disposent de moyens limités.
Selon eux, les secteurs de la bibliothèque et du centre-ville demeurent des endroits où une certaine tolérance existe à l’égard des personnes sans domicile fixe. Ils affirment cependant constater davantage de nouveaux visages.
« Nous sommes de plus en plus nombreux et les services sont de moins en moins présents et accessibles », fait remarquer Rick, rencontré par le Vingt55 alors que les policiers procédaient à la récupération des médicaments retrouvés à proximité de la bibliothèque.
Celui-ci tient néanmoins à souligner le travail effectué par les organismes déjà présents. l’« Ensoleilvent fait ce qu’il peut avec ce qu’il a », tout comme La Piaule.
Sylvie, dans la quarantaine et en situation d’itinérance depuis plusieurs mois, affirme pour sa part que quitter Drummondville ne réglerait pas nécessairement le problème.
Elle dit avoir envisagé de retourner dans un autre secteur, notamment à Saint-Valérien, où elle compte des amis, mais estime que l’accès aux services y serait encore plus difficile. « J’aurais bien souhaité y retourner, mais je n’ai pas les services que nous retrouvons ici », explique-t-elle.
L’étalement des campements à différents endroits de la ville devient également plus visible, estime un citoyen rencontré par le Vingt55.
« Des campements, il y en a de plus en plus et un peu partout à Drummondville. Il suffit de lire les médias faisant référence aux derniers texte du Vingt55, ou d’écouter la radio pour le constater. Drummondville n’y échappe pas », explique ce père de famille rencontré alors qu’il quittait le centre-ville.
Une situation préoccupante, le maire de Drummondville Jean-François Houle ce veut rassurent et parle d’une nouvelle situation à Drummondville
En entrevue à Radio-Canada, au micro de Cassandre Forcier-Martin à l’animation de Toujours le matin, à la suite d’une publication du Vingt55 faisant état des enjeux d’itinérance, de pauvreté et de cohabitation sociale au centre-ville, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a reconnu sur les ondes de Radio-Canada que ces problématiques sont devenues plus visibles au cours des dernières années, tout en relativisant l’ampleur de la situation par rapport à celle vécue dans d’autres villes.
« On vit des problématiques qui sont urbaines et c’est un peu nouveau pour nous », a affirmé le maire, ajoutant que, lorsqu’on compare Drummondville à d’autres municipalités, « c’est pas pire Drummondville », a-t-il réaffirmé face à la situation qui prévaut actuellement au centre-ville.
Un filet social lui-même devenu vulnérable à Drummondville
Cette succession d’événements survient par ailleurs dans un contexte où plusieurs ressources communautaires de Drummondville doivent elles-mêmes composer avec d’importantes pressions. Aux difficultés financières auxquelles fait face La Tablée populaire s’ajoutent notamment les enjeux de financement du Comptoir alimentaire Drummond, les demandes croissantes adressées à des organismes comme l’Ensoleilvent ainsi qu’un manque de logements abordables et accessibles, une réalité qui complexifie davantage les interventions auprès des personnes en situation de vulnérabilité ou d’itinérance.
Le départ imposé de la directrice générale, en pleine « tempête », comme le rapportait le Vingt55, ne permet toutefois pas, à lui seul, de tirer de conclusion quant aux causes des difficultés financières auxquelles fait face La Tablée populaire. Les raisons précises du manque à gagner n’ont pas été rendues publiques, pas plus que les états financiers détaillés permettant d’expliquer l’origine et l’ampleur de la situation financière actuelle.
Face à cette importante incertitude financière et au manque à gagner auquel doit maintenant faire face La Tablée populaire, la Ville de Drummondville et Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec Universitaire ont confirmé au Vingt55 que différentes mesures d’urgence ont été mises en place afin de maintenir un filet de services pour les personnes qui en dépendent. Pour le moment, rien ne permet toutefois d’expliquer publiquement comment un manque à gagner d’une telle ampleur a pu se creuser.
Pendant que l’organisme tente de faire la lumière sur sa situation financière et d’assurer sa continuité, les conséquences se font déjà sentir sur le terrain.
Des usagers se sont notamment retrouvés privés de plusieurs heures de services en raison de la réduction des activités et des mesures de réorganisation imposées par la situation.
La priorité immédiate demeure donc d’assurer la continuité des services essentiels auprès d’une clientèle particulièrement vulnérable, pendant que l’organisme tente de traverser cette crise et de déterminer les mesures nécessaires pour répondre à cet important manque à gagner.

Médicaments et substances retrouvés à ciel ouvert, personnes intoxiquées et tentative de vol, les autorités fortement sollicitées au cours des dernières 24 heures à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous doits réservés








































