DRUMMONDVILLE
Véhicules hors route, la Ville de Drummondville met fin au projet pilote @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme l’a rapporté le Vingt55 au cours des derniers mois, le projet pilote était loin de faire l’unanimité dans le quartier. Si certains citoyens y voyaient une façon d’encadrer une pratique déjà bien présente et de permettre aux utilisateurs de rejoindre plus efficacement les sentiers, d’autres dénonçaient plutôt les nuisances sonores, la vitesse, le non-respect des règles et les risques pour la sécurité des résidents.
La circulation de certains VTT et motocross, dont des véhicules jugés particulièrement bruyants par des résidents, était notamment devenue une source récurrente de mécontentement.
La situation avait même pris une tournure préoccupante au cours des dernières semaines. Comme l’avait rapporté le Vingt55, la Mme Julie Arel commençante du quartier et secteur avait notamment dénoncé une situation où des fils de pêche auraient été tendus dans le secteur, vraisemblablement dans le but de ralentir ou de décourager certains utilisateurs de VHR. Un geste dangereux qui témoignait de la tension entourant le dossier. Selon elle, l’objectif était notamment de mettre de l’avant des mesures et des règles de base, de sensibiliser les utilisateurs et de favoriser une meilleure cohabitation entre les quadistes et les résidents du secteur.
Pour d’autres citoyens, toutefois, le projet pilote aurait plutôt entraîné une hausse des infractions et des comportements problématiques, tant dans les rues du secteur chemin Hemming que sur les sentiers, alimentant ainsi les préoccupations liées au bruit, à la sécurité et au respect du voisinage.
Lors de la séance du conseil municipal, la conseillère du district 3, Catherine Lassonde, est revenue sur l’historique du dossier, une problématique qui remonte à 2020
Selon elle, les plaintes concernant la circulation des VHR dans le secteur Saint-Charles ont commencé à augmenter à partir de 2020, notamment durant la pandémie. Différentes mesures avaient alors été tentées pour limiter l’accès à certains sentiers, notamment l’installation de blocs de béton et de barrières.
Ces installations auraient toutefois été déplacées ou endommagées à plusieurs reprises. Au printemps 2022, la Ville avait donc procédé à une première consultation auprès des résidents afin de mieux mesurer l’ampleur de la problématique.
En mai 2024, avec la collaboration notamment de la Sûreté du Québec, des employés municipaux et du Service des affaires juridiques, la Ville avait finalement choisi une approche différente : encadrer plutôt qu’interdire complètement certains déplacements.
Le projet pilote permettait ainsi la circulation de véhicules tout-terrain et de quads sur certaines rues du secteur Saint-Charles, selon des conditions précises concernant notamment les heures de circulation et la vitesse.
L’objectif était de favoriser une meilleure cohabitation entre les résidents et les utilisateurs, tout en tentant de réduire les comportements dérogatoires.
Une deuxième année qui n’a pas permis de convaincre
Après presque une année d’expérimentation, la Ville avait consulté les citoyens en avril 2025. Trois avenues étaient alors envisagées : mettre fin au projet, le prolonger ou le rendre permanent.
Le faible taux de participation avait toutefois amené la Ville à prolonger l’expérience pour une année supplémentaire afin d’obtenir un portrait jugé plus représentatif. Pendant cette deuxième année, les commentaires et les plaintes des résidents ont continué d’être recueillis par la Ville et les élus municipaux.
Une nouvelle consultation menée en juillet et août 2026 a finalement fait pencher la balance.
Selon la Ville, une majorité des répondants souhaitent maintenant mettre fin au projet pilote. Les impacts sur la qualité de vie sont principalement perçus comme négatifs, alors que la sécurité, le bruit et le non-respect des règles de circulation figurent parmi les principales préoccupations exprimées.
« Un projet pilote a pour objectif de tester une approche, d’en mesurer les effets et d’ajuster le tir au besoin. Après deux ans d’expérimentation, les résultats de la consultation démontrent que plusieurs citoyens perçoivent des impacts négatifs sur leur sécurité et leur qualité de vie. Le conseil municipal a donc choisi de mettre fin au projet pilote en tenant compte des préoccupations exprimées par la population », a affirmé Catherine Lassonde, conseillère municipale du district 3.
Des citoyens toujours préoccupés
La décision de mettre fin au projet ne signifie toutefois pas que les problèmes de circulation des VHR disparaîtront automatiquement.
Des citoyens présents à la séance du conseil municipal ont d’ailleurs pris la parole pour faire part de leurs inquiétudes quant à la suite des choses, notamment concernant le temps qui pourrait être nécessaire avant que tous les utilisateurs comprennent que les règles ont changé et s’y conforment.
Catherine Lassonde a reconnu que la fin du projet pilote ne réglera pas nécessairement l’ensemble de la problématique.
La Ville entend donc poursuivre sa collaboration avec les autorités compétentes afin d’assurer le respect du Code de la sécurité routière et des règlements municipaux, notamment ceux concernant le bruit.
Des discussions pourraient également avoir lieu avec certains propriétaires privés afin d’évaluer différentes possibilités pour mieux orienter la circulation des VHR dans le secteur.
La Ville insiste ainsi sur le fait que la fin du projet pilote ne marque pas la fin de ses démarches dans ce dossier.
La fin du projet signifie que la circulation des véhicules hors route sur les chemins publics concernés du secteur Saint-Charles ne sera désormais plus autorisée, sauf dans les exceptions prévues par la Loi sur les véhicules hors route. Les contrevenants s’exposent à une amende minimale de 350 $.
En entrevue avec le Vingt55, le maire de Drummondville a par ailleurs indiqué que des mesures d’information et d’affichage seront déployées afin de bien signaler la fin du projet pilote et de rappeler aux utilisateurs que les dispositions du Code de la sécurité routière ainsi que les règles encadrant la conduite des VHR continuent de s’appliquer, comme ailleurs sur le territoire.
Au cours des prochaines semaines, la Ville procédera également au retrait de la signalisation qui avait été installée dans le cadre du projet pilote.
Après deux années d’essai, l’expérience aura donc permis de mesurer concrètement les avantages, mais également les limites d’une cohabitation encadrée entre VHR et résidents. Pour la Ville, les préoccupations exprimées en matière de sécurité, de bruit et de qualité de vie auront finalement pesé davantage dans la balance.

La conseillère municipale du district 3 Catherine Lassonde a confirmé que la Ville de Drummondville met fin au projet pilote @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.












