DRUMMONDVILLE
La guerre en Ukraine préoccupe beaucoup Serhiy Salov, d’origine ukrainienne, et Anne-Marie Dubois, qui a plusieurs amis d’origine ukrainienne. Serhiy Salov est le premier Ukrainien qu’elle a connu, dès 2004. Anne-Marie a organisé des concerts impliquant Serhiy et Maria Sourjko, aussi d’origine ukrainienne, pendant la pandémie, à la chapelle Saint-Gérard de Saint-Félix-de-Kingsey.
Le 14 décembre dernier, Anne-Marie donnait un concert pour amasser des fonds afin d’aider les Ukrainiens victimes de la guerre et en situation de vulnérabilité, en Ukraine. Sa grande amie Anna Stukalova, qu’elle a connue peu de temps après son arrivée à Drummondville à cause de la guerre, il y a plus de trois ans et demi, a acheminé les dons reçus à l’occasion du concert, s’élevant à plus de 700 $.
Quant à Serhiy Salov, lors de l’invasion russe du 24 février 2022, il n’a pas dormi de la nuit. Par la suite, il avait des problèmes de sommeil.
« Imaginez le quotidien des gens qui vivent cette guerre. Personnellement, je considère que nous vivons une époque d’une importance incroyable. Toute ma vie, j’ai cru que je n’aurais jamais à être témoin d’un retour dans les années 40, sauf que cette fois-ci, c’est un peuple très proche qui détruit des gens qui parlent la même langue, c’est inconcevable. Il y a d’ailleurs un nouveau terme apparu en 2022, le ruscism. »
[NDLR : nouveau mot qui combine les termes « russe » et « fascisme »]
Dès le lendemain de l’invasion, Serhiy Salov manifestait devant le Consulat général de la Russie à Montréal, sur l’avenue du Musée.
« Je croyais que j’allais y croiser une foule d’Ukrainiens, de Québécois, de Russes. Il n’y avait qu’un seul protestataire. À la fin de la journée, nous étions six. »
Au cours des semaines qui ont suivi, la communauté ukrainienne canadienne s’est mobilisée, et le milieu musical a réagi à sa façon, ici et ailleurs, notamment en boycottant ou en « désinvitant » certains artistes très connus, pro-russes.
Au cours de l’année 2022, Serhiy Salov a participé à plusieurs concerts-bénéfice pour la cause ukrainienne. Il a aussi mis sur pied son propre projet philanthropique. Pendant un mois, il a joué devant la Maison Alcan, rue Sherbrooke, pour recueillir des fonds dans le but d’acheter des garrots pour stopper les hémorragies. Il s’agissait de concerts d’une heure par jour, du lundi au vendredi.
Anna Stukalova et son mari, Anton Stukalov, deux avocats déjà présentés dans les journaux ici, ont retrouvé de l’espoir grâce à l’appui qu’Anne-Marie Dubois leur fournit. Ils disent que les aides organisées dans notre région se sont essoufflées. Pourtant, les besoins sont plus criants que jamais.
Aussi, le jour même de son concert tenu dans sa maison, le dimanche 14 décembre dernier, Anne-Marie Dubois a eu l’inspiration de faire un concert de plus grande envergure.
Son père a accepté de prêter la salle Canimex du Complexe Swift de Drummondville. Il y a déjà deux pianos à queue de concert, de grandeur courante maximale. Il y a projet de rapatrier un autre piano à queue, qui sera de même facture que l’un des autres pianos présents actuellement.
Le répertoire du concert comprendra des œuvres de Tchaïkovsky, dont l’arrière-grand-père a vécu toute sa vie en Ukraine, et dont la sœur est demeurée toute sa vie en Ukraine également. L’autre compositeur qui sera interprété à deux pianos sera Sergei Prokofiev, avec son ballet Cendrillon. Deux œuvres pour piano seul seront mises de l’avant par les deux protagonistes de ce concert, qui est prévu pour mai prochain.





