DRUMMONDVILLE
Le séjour en détention aura été de très courte durée pour Martines Cénélia, l’ex-agent de sécurité du Centre jeunesse de Drummondville qui, après avoir pris le chemin du centre de détention et avoir reçu une peine d’emprisonnement fédérale et qui a deja repi a iebrté
La Cour d’appel ordonne la mise en liberté provisoire
Le 20 novembre, soit trois jours après son incarcération, Martines Cénélia a comparu devant la Cour d’appel pour faire entendre une requête en mise en liberté provisoire en vertu de l’article 679(1) C.cr
Dans son jugement, l’honorable juge Harvie conclut que l’appel n’est « pas futile » et que les moyens invoqués sont « défendables », répondant ainsi au premier critère. Elle retient également que Martines Cénélia s’est livré en conformité aux conditions imposées lors des procédures de première instance, qu’il n’a jamais manqué à ses engagements, et qu’il est disposé à déposer son passeport dans les 24 heures suivant sa mise en liberté.
La juge considère enfin que la détention n’est pas nécessaire dans l’intérêt public en attendant l’issue de l’appel, rappelant que l’accusé était sans antécédents judiciaires avant d’être déclaré coupable et qu’il occupait un emploi. Elle observe qu’une personne raisonnable et bien informée « arriverait à la conclusion que la détention n’est pas requise dans l’attente d’une décision sur l’appel » et qu’il importe d’éviter qu’un appel « ne devienne purement théorique » si la peine est purgée en grande partie avant que le dossier ne soit entendu.
Une sentence sévère rendue le 17 novembre
La décision, rendue le 20 novembre 2025 par l’honorable juge Judith Harvie, intervient alors que l’accusé a porté en appel le verdict et la peine imposés le 17 novembre 2025 au palais de justice de Drummondville.
L’agent de la DPJ au Centre jeunesse de Drummondville, en position d’autorité auprès d’une adolescente vulnérable, a été reconnu coupable.
Comme le rapportait Le Vingt55, Martines Cénélia a été reconnu coupable de contact sexuel et d’avoir abusé de sa position d’autorité auprès d’une adolescente vulnérable, alors qu’il travaillait au Centre jeunesse de Drummondville. Les gestes reprochés, commis dans un contexte de confiance et de vulnérabilité, avaient mené le tribunal à imposer une peine de 36 mois d’emprisonnement pour les contacts sexuels, suivie d’une peine supplémentaire de 4 mois pour intimidation, alors que l’agresseur avait tenu des propos et menacé la jeune victime pour obtenir son silence, affirmant avoir des contacts dans un réseau de proximité et qu’il pourrait s’en prendre à sa famille si elle le dénonçait.Un jugement et une décision pourtant clairs et sans équivoque ont été rendus au palais de justice de Drummondville. L’honorable juge Jean-Guillaume Blanchette, le 17 novembre dernier, avait livré un verdict clair et sans ambiguïté. La gravité des faits a non seulement eu des conséquences importantes pour la jeune adolescente, mais, de plus, dans le rôle qu’il occupait, l’accusé avait la confiance de la société et de l’État. Il a brisé ce lien de confiance en abusant d’une jeune fille vulnérable sous sa protection. Ce faisant, rappelait l’honorable juge Blanchette, il porte ombrage à tout le système de protection de la jeunesse.
Dans le contexte présenté, Martines Cénélia a abusé de sa situation d’autorité et de confiance, qu’il avait précédemment bâtie avec la jeune, pour assouvir ses propres désirs, avait rappelé l’honorable juge Blanchette lors de l’exposé des faits précédant la sentence.
Le tribunal avait également ordonné son inscription au Registre national des délinquants sexuels pour 20 ans, en plus d’une série d’interdictions visant à protéger le public et les jeunes de moins de 16 ans. Au moment du prononcé de la peine, l’accusé avait été immédiatement menotté par les constables spéciaux du palais de justice et pris en charge par les policiers de la Sûreté du Québec.
Un contraste marqué entre la sentence et la remise en liberté
Cette décision de la Cour d’appel intervient à peine quelques jours après que l’accusé eut été conduit en cellule pour commencer à purger sa peine fédérale. Pour la famille rencontrée par Le Vingt55 lors du prononcé de la sentence du 17 novembre, la condamnation représentait un tournant important vers la fermeture d’un chapitre difficile.
Le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, avait rappelé lors de la sentence la gravité des gestes commis et l’importance de la dissuasion dans les dossiers d’agressions sexuelles impliquant des jeunes et, dans ce dossier précisément, alors qu’un enfant de la DPJ était directement impliqué. Le juge avait également longuement souligné cet élément dans sa décision, comme le rapportait Le Vingt55.
Contactée par Le Vingt55, la famille de la victime s’est dite surprise et bouleversée d’apprendre que Martines Cénélia avait pu recouvrer aussi rapidement sa liberté provisoire.
« Cela fait plus de trois ans que nous attendons ce verdict. Le soulagement a été bref, presque éphémère pour ne pa dire futile, pour la proche et pour la victime », confie un membre de la famille joint en entrevue, qui ne peut être identifié afin de respecter l’ordonnance de non-publication imposée par le tribunal.
« C’est tout un choc d’apprendre qu’après moins de trois jours à purger sa peine, il est déjà de retour en liberté. La victime aurait pu le croiser dans un centre d’achats, à l’épicerie ou simplement dans la rue. Drummondville est une petite ville », déplore ce proche, encore ébranlé par la décision, après avoir appris par Le Vingt55 que l’accusé a été remis en liberté.
La même source exprime un profond malaise face au fonctionnement du système judiciaire. « Le procureur de la Couronne a fait un excellent travail. La condamnation rendue était minimalement satisfaisante. Mais le système judiciaire, lui, permet encore une fois qu’un accusé passe à travers les mailles, sans réelle considération pour la victime et ses proches. Nous avons l’impression que notre voix compte peu. »
Selon cette personne, la décision de mise en liberté provisoire ravive un sentiment d’incompréhension et d’injustice. « On nous demande de tourner la page, mais comment le faire alors que la victime pourrait le croiser n’importe où? », résume le proche, déplorant que les familles touchées soient rarement entendues dans ces étapes cruciales du processus judiciaire.

Le procureur de la Couronne au dossier, Me Marc André Roy en entrevue au Vingt55 @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
De son côté, le procureur de la Couronne au dossier, Me Marc André Roy rencontré par Le Vingt55 confirme qu’il s’agit d’un processus qui, en effet, peut sembler particulier pour les familles. Toutefois, du moment où la Cour autorise la démarche, les critères juridiques s’appliquent.
Même s’il a été reconnu coupable et condamné à une peine de pénitencier, l’accusé a pu obtenir sa mise en liberté provisoire parce qu’il a porté sa cause en appel, explique le procureur Me Roy, en entrevue au Vingt55.
C’est un droit prévu par le Code criminel. La Cour d’appel n’a pas à se prononcer sur ses chances de succès, mais doit seulement déterminer que son appel est valide, qu’il ne représente pas un risque de fuite et que sa remise en liberté ne compromet pas la sécurité du public ni la confiance envers le système judiciaire. Comme l’accusé avait respecté ses conditions lors de la première étape judiciaire, il a vraisemblablement convaincu de nouveau la Cour d’appel du Québec, comme le veut l’usage dans pareilles circonstances.
La Cour rappelle également qu’un appel ne doit pas devenir théorique, si l’accusé purge sa peine avant que sa cause soit entendue, le processus d’appel perd tout sens. Cette logique, encadrée par des conditions très strictes, explique pourquoi Martines Cénélia a pu recouvrer sa liberté quelques jours seulement après avoir été condamné, précise Me Marc-André Roy.
Des conditions de remise en liberté imposées par la Cour d’appel
La mise en liberté est assortie d’une longue série de conditions, dont l’interdiction d’entrer en contact, de communiquer ou de se trouver dans un périmètre défini autour de la victime, l’interdiction d’être en présence de personnes de moins de 16 ans dans des lieux publics, l’interdiction d’occuper un emploi ou un rôle bénévole impliquant des mineurs, en plus de la remise obligatoire du passeport; obligation de se livrer immédiatement en cas de rejet de l’appel ou de désistement. Martines Cénélia doit également résider à l’adresse approuvée par la Cour et ne pas quitter le Québec sans autorisation préalable.
Le dossier suivra désormais son cours devant la Cour d’appel, qui devra se prononcer sur les moyens d’appel concernant tant la culpabilité que la peine. D’ici cette décision, Martines Cénélia demeure soumis à l’ensemble des conditions strictes imposées par la Cour.





















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