Agression sexuelle sur une enfant de la DPJ : l’ex-employé du Centre jeunesse de Drummondville écope d’une peine de pénitencier

Agression sexuelle sur une enfant de la DPJ : l’ex-employé du Centre jeunesse de Drummondville écope d’une peine de pénitencier
L’ex-employé de la DPJ Martines Cenelia a été menottée par les constables spéciaux du palais de justice et pris en charge par les policiers de la SQ de la MRC de Drummond @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Martines Cenelia , reconnue coupable d’avoir porté atteinte à l’intégrité physique, sexuelle et psychologique d’une adolescente prise en charge par la DPJ, a été condamnée à une peine de pénitencier au palais de justice de Drummondville. Les gestes reprochés, commis dans un contexte de confiance et de vulnérabilité, ont lourdement pesé dans la décision du tribunal, qui a retenu la gravité des faits et la position d’autorité occupée au moment des événements.

L’ex-employé de la DPJ Martines Cenelia  est arrivé au palais de justice de Drummondville pour le prononcé de sa sentence. @ Crédit photo : Évelyne Fournelle Labrecque / Vingt55 – Tous droits réservés.

L’ex-employé du centre jeunesse de Drummondville, Martines Cenelia, accusé d’agression sexuelle, d’incitation à des contacts sexuels, de séquestration et d’avoir intimidé une jeune adolescente afin qu’elle ne le dénonce pas, a pris le chemin des cellules pour une peine de pénitencier.

Comme l’a rapporté le Vingt55 lors de son arrestation, Martines Cenelia a été arrêté en décembre 2022 à la suite d’une dénonciation visant une enfant dont il avait la garde pour le Centre jeunesse de Drummondville.

Selon les éléments exposés au tribunal et auxquels le Vingt55 a pu assister, l’adolescente de 14 ans aurait été approchée par l’agent de sécurité et de transport, alors employé du CIUSSS/MCQ au Centre jeunesse de Drummondville. L’employé lui aurait offert des cadeaux et laissé entendre des possibilités d’emploi en échange de « travail ».

Les gestes reprochés lors de l’agression sont notamment une pénétration digitale dans le vagin de la jeune adolescente, ainsi que des attouchements aux fesses et à la poitrine lors de l’agression, accompagnés de menaces, se sont produits lors d’un déplacement effectué dans le cadre de ses fonctions, alors qu’il avait la garde de la jeune victime. Celle-ci était transportée pour des examens et un court séjour entre l’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville et une autre installation. Malgré les pressions et le chantage exercés, l’adolescente a dénoncé l’employé de la DPJ, menant à son arrestation.

Le CIUSSS/MCQ avait retiré l’employé de ses fonctions dès le signalement et confirmé avoir offert sa pleine collaboration aux enquêteurs de la Sûreté du Québec. Les services nécessaires ont été mobilisés pour soutenir les personnes concernées. L’organisation rappelle que de tels événements vont à l’encontre de ses valeurs et souligne que chaque employé est soumis à des vérifications d’antécédents judiciaires et à des règles strictes de conduite professionnelle dès l’embauche, a précisé le CIUSSS/MCQ quelques heures après le dépôt des accusations.

Un jugement et une décision clairs et sans équivoque ont été rendus aujourd’hui au palais de justice de Drummondville.

L’honorable juge a rendu un verdict clair et sans équivoque aujourd’hui au palais de justice de Drummondville. La gravité des faits a non seulement eu des conséquences importantes pour la jeune adolescente, mais, de plus, dans le rôle qu’il occupait, l’accusé avait la confiance de la société et de l’État. Il a brisé ce lien de confiance en abusant d’une jeune fille vulnérable sous sa protection. Ce faisant, a rappelé l’honorable juge Jean-Guillaume Blanchette, il porte ombrage à tout le système de protection de la jeunesse.
L’accusé, ex-agent de sécurité, a comparu devant d’anciens collègues, puisque l’accusé, avant d’agir comme agent à la DPJ, travaillait aussi occasionnellement au palais de justice comme agent de sécurité. Le regard des membres de la famille était aussi lourd et désapprobateur, tout comme celui des personnes présentes dans la salle pour le prononcé de la sentence.

Dans le contexte présenté, Cenelia Martinez a abusé de sa situation d’autorité et de confiance, qu’il avait précédemment bâtie avec la jeune, pour assouvir ses propres désirs, a d’ailleurs rappelé l’honorable juge Jean-Guillaume Blanchette lors de l’exposé des faits avec la sentence à rendre.

Le juge a retenu comme seuls facteurs atténuants l’absence d’antécédents judiciaires et criminels de l’accusé, ainsi que la stabilité de son parcours professionnel depuis son arrestation et sa condamnation. Le tribunal a également considéré le fait que l’accusé soit demeuré actif dans différents emplois au cours des dernières années.

Le procureur de la Couronne Marc-André Roy a commenté la décision en entrevue au Vingt55 avec Evelyne Fournelle Labrecque @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

À la suite de la sentence rendue par l’honorable juge Jean-Guillaume Blanchette, le procureur de la Couronne Marc-André Roy a commenté la décision en entrevue

« Nous parlons ici d’infractions de nature sexuelle commises contre une jeune victime, dans un contexte où l’accusé a utilisé différentes tactiques pour maintenir le silence de l’enfant. Il l’a notamment amenée à croire que sa famille pourrait subir des représailles, ce qui a accru sa peur et son isolement. »

« Après un passage de la jeune au centre hospitalier de Drummondville, l’accusé, plutôt que de la reconduire comme son rôle l’exigeait, a plutôt cherché un premier endroit isolé pour commettre ses gestes. Comme la présence de témoins potentiels dérangeait ses intentions, il a ensuite trouvé un lieu encore plus tranquille pour agir. Le tout s’est déroulé dans un contexte d’abus d’autorité, de bris de confiance et d’exploitation de la vulnérabilité d’une enfant qui dépendait entièrement de lui », a rappelé Me Marc-André Roy, procureur de la Couronne, en entrevue au Vingt55 à la sortie du prononcé de la sentence.

Dans les circonstances aggravantes, le jeune âge de la victime, sa vulnérabilité et la grande différence d’âge entre elle et l’accusé sont retenus dans l’analyse du juge, a rappelé le procureur de la Couronne en soulignant que Martines Cenelia  avait, de plus, après avoir agressé la jeune adolescente sous la garde de la DPJ, utilisé les menaces, la violence et la manipulation, affirmant qu’il entretenait des liens avec des proches qui pourraient s’en prendre à sa famille si elle portait plainte ou le dénonçait, aggravant ainsi les gestes et infractions et accentuant la pression sur la jeune adolescente.

« La jurisprudence de la Cour d’appel rappelle que les principes de dénonciation et de dissuasion doivent primer dans les dossiers d’agressions sexuelles envers des enfants, et la peine rendue aujourd’hui traduit bien cette réalité », rappelle Marc-André Roy.

Le procureur de la Couronne a conclu l’entrevue au Vingt55 en affirmant que « le tribunal a clairement entendu la volonté de la victime et rappelle le courage dont elle a fait preuve pour dénoncer son agresseur ». Le procureur a également souligné « les lourdes conséquences qu’elle subit encore aujourd’hui ». Selon lui, la décision rendue « reflète la gravité des gestes, l’impact sur la victime et le devoir fondamental de protéger les enfants contre ce type d’abus ».

Une sentence de deux peines consécutives pour Martinez, qui a pris le chemin du pénitencier

En réponse aux actes de l’accusé, celui-ci est condamné à une peine d’emprisonnement de 36 mois pour les contacts sexuels et une peine de 4 mois pour le chef d’accusation et d’intimidation.

Le Tribunal interdit à l’accusé, pour une période de 10 ans, de se trouver dans un parc public s’il y a des personnes âgées de moins de 16 ans et de se trouver près d’une garderie, d’un terrain d’école, d’un terrain de jeu ou d’un centre communautaire. L’accusé devra également fournir un échantillon d’ADN et sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.

L’accusé a été immédiatement pris en charge par les constables présents sur place, dont les constables spéciaux du palais de justice de Drummondville, avant d’être conduit au bloc de détention. Il a ensuite été transféré vers le pénitencier par les agents de la Sûreté du Québec, où il purgera une peine totale de 40 mois d’emprisonnement pour le crime d’agression sexuelle commis.

Une ordonnance de non-publication protège l’identité de la jeune victime, la mère de la victime, présente sur place soutenue par le CAVAC, a tenu dans un premier temps à rappeler en entrevue au Vingt55 qu’une telle sentence, devant un geste aussi condamnable et grave, permet au moins de fermer le livre et de tourner la page. Celle-ci a d’ailleurs tenu à remercier le travail du procureur de la Couronne, qui aura obtenu une peine d’emprisonnement fédérale. Une ordonnance de non-publication protège l’identité de la jeune victime.

L’ex-employé de la DPJ Martines Cenelia a été menottée par les constables spéciaux du palais de justice et pris en charge par les policiers de la SQ de la MRC de Drummond @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Entrevue, participation et rédaction texte : Evelyne Fournelle Labrecque, Vingt55.

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