Drummondville / Centre-du-Québec
Réagissant au bilan 2025-2026 de la DPJ, intitulé Les enfants : toujours une priorité?, la FFARIQ réclame des investissements accrus dans les services de première ligne et s’inquiète notamment de la situation des milliers d’enfants qui demeurent dans leur milieu familial malgré une prise en charge. Selon l’organisme, le maintien dans le milieu de vie ne peut à lui seul garantir la sécurité et le développement des jeunes sans un accompagnement adéquat.
Au cours de la dernière année, les DPJ du Québec ont traité 144 321 signalements concernant 107 273 enfants, soit 6,4 % des jeunes âgés de 0 à 17 ans. Il s’agit d’une hausse de 1,4 % comparativement à l’année précédente, poursuivant ainsi une tendance observée depuis plus de vingt ans.
Parmi les enfants pris en charge, près de la moitié (48 %) le sont en raison de négligence ou d’un risque sérieux de négligence. Pour la FFARIQ, ces statistiques traduisent une réalité préoccupante vécue quotidiennement par plusieurs jeunes confrontés à la précarité, à l’instabilité ou à des besoins essentiels non comblés. Le bilan révèle également que 12,3 % des enfants suivis sont victimes d’abus physique ou présentent un risque sérieux d’en être victimes.
La fédération s’interroge particulièrement sur le sort des 70,4 % d’enfants pris en charge qui demeurent dans leur famille ou chez une personne significative. Si cette approche est généralement privilégiée pour préserver les liens affectifs, la FFARIQ estime que le bilan demeure discret sur les services concrets offerts à ces enfants et à leurs proches.
« Les enfants pris en charge par la DPJ ont tous besoin d’aide et de soutien, peu importe leur milieu de vie. Il est possible pour les enfants de rester dans leur famille, mais sans services adaptés et sans accompagnement concret, on ne peut pas parler d’un soutien adapté. Chaque enfant vulnérable mérite qu’on lui tende vraiment la main », affirme Mélanie Gagnon, présidente provinciale de la FFARIQ.
L’organisme s’inquiète également de la hausse de 4,1 % du nombre d’adolescents ayant reçu des services en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), un total qui atteint désormais 10 507 jeunes. Selon la fédération, cette réalité démontre l’importance d’intervenir plus tôt auprès des enfants et de leurs familles afin de prévenir l’apparition de difficultés plus graves à l’adolescence.
La FFARIQ souligne que seulement 7,1 % des signalements proviennent directement de la communauté. Un constat qui, selon elle, rappelle la nécessité de mieux sensibiliser et outiller la population afin qu’elle soit en mesure de reconnaître les signes de détresse chez les enfants et d’agir lorsque leur sécurité ou leur développement est compromis.
Estimant que la prévention doit se traduire par des actions concrètes sur le terrain, la fédération réclame davantage de ressources, de formation et de soutien pour les intervenants de première ligne. « Les enfants du Québec n’ont pas de temps à perdre », conclut-elle, en appelant les décideurs à renforcer les services destinés aux familles les plus vulnérables.







