Arrête de dire que c’est une agression, il ne t’a pas touchée !….Oser en parler, la chronique du CALACS La Passerelle

Arrête de dire que c’est une agression, il ne t’a pas touchée !….Oser en parler, la chronique du CALACS La Passerelle
@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Ça se peut, une agression sexuelle sans contact physique.  Pour le comprendre, il faut d’abord sortir de l’idée première très stéréotypée à laquelle on pense quand on entend « agression sexuelle ».
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Qu’est-ce qu’on voit tout de suite dans notre imaginaire ? Probablement une scène violente avec une pénétration non consentie. Et, oui, cette situation est une agression sexuelle, mais le spectre est tellement, tellement plus large que cela !

Le titre de cette chronique aurait même pu aller jusqu’à : « Arrête de dire que c’est une agression, il ne t’a pas pénétrée ! » Parce que les mythes et préjugés face à cette problématique s’accrochent si forts qu’ils banalisent encore tous les autres types de violences sexuelles que le viol lui-même. Le viol n’étant pas un synonyme d’agression sexuelle, mais bien l’une de ses formes. En effet, la particularité du viol est la pénétration – orale, vaginale ou anale ; avec une partie de corps ou un objet – sans le consentement de l’autre.

Mais voilà les faits … L’exhibitionnisme – montrer ses parties génitales sans le consentement – est une forme d’agression sexuelle. La cyberagression à caractère sexuel aussi – tout contenu impliquant de la sexualité non consentie sur les appareils électroniques. Le harcèlement sexuel est également une forme de violence sexuelle. Et ces trois formes, pour ne nommer que celles-là, n’impliquent pas nécessairement de contact physique !

Les termes « agressions à caractère sexuel » sont probablement plus appropriés pour aider à saisir le message que je souhaite vous transmettre … Parce qu’un caractère sexuel, ça englobe des paroles, des comportements, des gestes … Pas seulement un contact physique.

Regarder délibérément les parties intimes d’une personne de façon répétées en instillant un malaise.

Exprimer tout ce qu’on ferait à l’autre personne dans un contexte sexuel alors que cette dernière n’est pas confortable avec les propos.

Faire exprès d’exposer ses parties génitales à une personne qui ne s’y attend pas et qui ne le souhaite pas, en sachant qu’elle en sera impactée.

Envoyer des photos de parties génitales à une personne sans lui demander d’abord ce qu’elle en pense. Si vous pensez que cet exemple est banal … Bonjour la culture du viol !

Commenter à répétitions le corps, notamment les fesses, les seins et les parties génitales d’une autre personne en exprimant à quel point ces courbes nous plaisent. Peu importe si la personne ne semble pas apprécier.

Se montrer nu dans un appel vidéo sans avertir ni vérifier l’intérêt de l’interlocuteur, parce que l’idée me plaît, sans considération de l’autre.

Tous ces exemples sont des agressions à caractère sexuel sans contact physique qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur une personne. Je ne dis pas que, si vous avez vécu ce genre de situation, vous devriez vous sentir mal et opprimé.es. Peut-être l’avez-vous vécu comme quelque chose de banal. Mais peut-être aussi avez-vous dû traverser l’une de ces situations comme une épreuve. Peut-être avez-vous encore des flashbacks de ces parties génitales que vous auriez préféré ne pas voir. Peut-être avez-vous profondément peur de cette personne qui vous fait des avances alors qu’elle sait très bien que cela vous rend inconfortable. Et c’est valide ! Plus que légitime ! Parce que ce sont des agressions à caractère sexuel aussi importantes que n’importe quelle autre forme, dont le viol !

Ce ne sont pas les événements qui importent, mais bien comment vous vous sentez. Parce qu’il se pourrait que cette personne en couple dont le conjoint ait usé une fois de coercition pour arriver à une relation sexuelle avec pénétration (donc un viol) soit peu impactée par la situation. Le consentement n’était pas libre, donc invalide. Mais il se pourrait aussi qu’une autre qui craint son employeur parce qu’il ne cesse de la reluquer et de lui exprimer à quel point il aimerait ça, avoir une relation sexuelle avec elle (harcèlement sexuel) vive dans l’hypervigilance et dans une peur constante au travail.

Les conséquences sont à l’opposé ici, et la victime la plus impactée est définitivement celle dont l’auteur de l’agression n’use d’aucun contact physique.

Bref … L’équation est simple :

C’est agressant (agression)

+

Il y a de la sexualité d’impliquée (sexuelle)

=

C’est une agression (à caractère) sexuelle.

C’est aussi simple que ça.

Ce que vous ressentez est valide. On vous croit.

Vous avez des questions sur ce sujet ou n’importe quel autre, écrivez-vous dans notre boite à questions : https://forms.gle/QDPmiPLswumYxv1M6

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Paule Blanchette
CHRONIQUEUSE
PROFILE

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