Avant la fondation de ce qui deviendra Drummondville, la vallée de la rivière Saint-François fait partie du territoire des… Raconte-moi l’histoire par André Pelchat

Avant la fondation de ce qui deviendra Drummondville, la vallée de la rivière Saint-François fait partie du territoire des… Raconte-moi l’histoire par André Pelchat
une partie de l’exposition permanente du Musée des Abénakis à Odanak @ Crédit photo André Pelchat / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Tout le monde ne le sait pas encore mais, depuis 2017, le 21 juin est la Journée nationale des Peuples autochtones. Cela semble une bonne occasion de parler de la présence autochtone dans les environs de Drummondville.

Avant la fondation de ce qui deviendra Drummondville, la vallée de la rivière Saint-François fait partie du territoire des Abénakis. Leurs ancêtres provenaient de la Nouvelle-Angleterre actuelle où ils faisaient partie d’une grande confédération appelée Confédération Wobanaki qui, à son apogée regroupait environ 40 000 personnes. L’arrivée de colons anglais sur leur territoire entraîna rapidement une série de guerres , et surtout d’épidémies dévastatrice qui réduisirent la population de 98%. Les survivants se réfugièrent au nord, loin des habitations anglaises. Une partie d’entre eux choisit la vallée du Saint-Laurent en 1670. Les autorités de la Nouvelle-France furent fort heureuses d’accueillir des ennemis des Anglais. L’ennemi de mon ennemi est mon ami…

Odanak devint le siège d’une mission catholique nommée Saint-François et un fort fut construit à proximité du village. Les Abénakis furent dès lors les alliés des Français et, durant les guerres intercoloniales, participèrent à de nombreux raids contre les villages de Nouvelle-Angleterre. Les représailles ne tardèrent pas et, en 1759, une troupe de « rangers » anglo-américains descendirent la Saint-François et mirent le feu au village, tuant une trentaine de personnes (de leur côté ils estimèrent avoir tué plus de 200 Autochtones. Hollywood produira un film sur cette expédition en 1940 « The Northwest Passage »).

La fin des guerres coloniales, définitive après l’invasion américaine de 1775, a dû rendre la vallée de la Saint-François plus sûre et c’est peut-être pourquoi les Abénakis s’éloignent de leurs deux villages près du Saint-Laurent. La volonté des autorités britanniques d’assurer une présence le long d’une rivière susceptible d’être revendiquée par les États-Unis y est peut-être aussi pour quelque chose. Toujours est-il qu’en 1805, les autorités coloniales concèdent 10 000 arpents de terre situés dans le comté de Durham à 17 familles abénaquises. Ces terres sont cédées à condition que les Abénakis s’y établissent, les cultivent et ne les vendent ni ne les louent à qui que ce soit. On voit dans ces dispositions le souci de contrôler le peuplement de la région. Les familles concernées vont former deux villages dont le plus important sera situé sur le territoire occupé actuellement par L’Avenir, « près de l’intersection du 2e rang et de la route Boisvert », selon l’historienne Yolande Allard. On y cultive le maïs mais on y vit surtout de chasse et de pêche.

L’arrivée des colons britanniques avec l’établissement de la colonie de Drummondville, puis celle des Canadiens français après 1830, et le déboisement qui s’en suivit, rendirent la chasse et la pêche de moins en moins rentable dans la région comme l’établissement des Loyalistes l’avait déjà fait dans les Cantons de l’Est au début du siècle. Les Abénakis délaissèrent progressivement la vallée de la St-François pour aller chasser et commercer en Mauricie, ce qui ne va pas sans quelques tensions avec les Anishnabe (Algonkins) occupant déjà la région.  Néanmoins, la migration vers le nord se poursuit. Le recensement de 1831 dénombre 49 fermiers et chasseurs autochtones dans le canton de Durham mais il n’y en a plus que 26 vingt ans plus tard.

Cela dit, les Abénakis ne quittent pas complètement la vallée de la Saint-François : ils continuent de remonter la rivière à chaque été pour pêcher et chasser et surtout pour se rendre aux États-Unis pour vendre les produits de leur artisanat, notamment les paniers en vannerie de frêne, très prisés, qu’ils avaient fabriqués durant l’hiver. Ils avaient construit des cabanes pour servir de relais, qui étaient entretenues par les usagers, chacun à son tour. Un de ces relais se trouvait à l’endroit connu comme « le Bec du Canard ». Des archéologues y ont trouvé de nombreux objets laissés par les Autochtones. Encore vers 1900, deux métisses nommées Catherine et Mary-Ann Lawless habitaient à L’Avenir et vivaient en vendant des paniers et des médicaments concoctés à partir d’herbe et d’écorce.

Un cimetière abénaki situé à la limite sud de la municipalité de L’Avenir est d’ailleurs le plus ancien site archéologique connu jusqu’à ce jour sur le territoire de la MRC. Il date du XIXe siècle.

Toutefois, des outils de pierre trouvés à différents endroits du territoire laissent voir une présence beaucoup plus ancienne.

Votre section vidéo d’information locale – Vingt55 

André Pelchat
CHRONIQUEUR
PROFIL

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