Bagarres, intimidations et incitations à la violence : Des vidéos font l’objet d’enquête dans une école à Drummondville

Bagarres, intimidations et incitations à la violence : Des vidéos font l’objet d’enquête dans une école à Drummondville
Bagarres, intimidations et incitations à la violence : Des vidéos font l'objet d'enquête dans une école à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Des bagarres, gestes d’intimidation, menaces et vidéos incitant à la violence par des adolescents ont été sanctionnés et font actuellement l’objet d’enquêtes de la part du Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC) et de la Sûreté du Québec (SQ), à la suite d’événements récents survenus dans un milieu scolaire de Drummondville

Une des vidéos qui fait l’objet d’une enquête dans une école à Drummondville. © Vidéo diffusée par des jeunes après une bagarre. Avis : les images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des personnes non averties.

Des informations et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et transmises au Vingt55 par des parents montrent des conflits, bagarres, gestes d’intimidation et vidéos en ligne par des adolescents.

Ces vidéos et images ont suscité des réactions tant chez les parents que chez le personnel du milieu scolaire. Des images et événements ont entraîné des sanctions contre les élèves et font l’objet d’une enquête de la Sûreté du Québec à Drummondville au cours des derniers jours.

Le dernier incident remonte à jeudi dernier, confirme la Sûreté du Québec (SQ), et le directeur des communications du Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC), tous deux contactés par le Vingt55.

Lors d’un conflit où un jeune élève a proféré des menaces envers l’un de ses camarades, l’intervention rapide d’un membre du personnel de l’école a permis de calmer les deux jeunes. Lors de la rencontre avec l’un des jeunes, le personnel a découvert qu’il était en possession d’un « couteau à patate », bien qu’il n’ait pas été utilisé pendant l’altercation. La situation a été prise au sérieux par le personnel enseignant du centre de service scolaire des Chênes, qui a rapidement pris les mesures nécessaires et appropriées auprès du jeune, des parents et des services d’encadrement de l’école ainsi que du service de police de la Sûreté du Québec.

En effet, jeudi dernier lors de l’événement, le personnel enseignant a immédiatement sollicité l’assistance des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) pour enquêter sur cet événement. Les parents du milieu scolaire ont également été informés de la situation par voie de communiqué, de même que les parents des adolescents concernés, qui ont été pour leur part rencontrés, confirme M. Normand Page, Directeur du Service des communications du Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC) en entrevue au Vingt55, tout comme la porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Louis-Philippe Ruel.

Des conflits, bagarres, gestes d’intimidation et vidéos en ligne ont entraîné des sanctions contre les élèves et font l’objet d’une enquête de la Sûreté du Québec à Drummondville au cours des derniers jours. Lors d’un autre événement récent, des jeunes filment et encouragent une bagarre dans le milieu scolaire, incident survenu le 9 février dernier dans les couloirs de l’école secondaire de Drummondville. La direction est intervenue rapidement à la suite de cette situation et événement, tout comme lorsqu’ils ont été informés de la mise en ligne de la vidéo, confirme M. Normand Page, Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC) en entrevue au Vingt55.

Les élèves qui se sont battus ont été rencontrés et ont fait l’objet d’une suspension de l’école, ainsi qu’une aide en psychoéducation et en travail social à l’école. En plus de l’aspect « punitif » d’un acte de violence, l’école préconise également d’apporter de l’aide et du soutien à ces jeunes dans le but de les sensibiliser, de comprendre et de changer leurs façons d’agir, précise M. Page en entrevue au Vingt55. La direction avait eu accès à un autre angle de la vidéo sur la même situation. Ainsi, elle prendra le temps d’analyser celle-ci et interviendra auprès des jeunes qui incitent à la violence et qui pourraient être complices de cette situation inacceptable, de préciser le Directeur du Service des communications du CSSDC

Des parents souhaitent des mesures plus sévères, que des accusations plus sévères soient portées contre les jeunes impliqués dans la bagarre ou dont le couteau a été confisqué.

La Sûreté du Québec a confirmé que l’adolescent avait été rencontré et que le couteau n’avait pas été utilisé pendant l’incident, mais qu’elle enquête sur l’ensemble de la situation, y compris la saisie du couteau et la diffusion d’images vidéo sur les réseaux sociaux, précise le porte-parole de la Sûreté du Québec, en entrevue au Vingt55. ‘’Aucune intention criminelle n’est apparente ou liée à la découverte du couteau, mais les menaces proférées par l’adolescent feront quant à elles l’objet d’une enquête plus approfondie des enquêteurs et des policiers intervenant en milieu scolaire.

Le dossier a été soumis aux agents responsables du Programme d’intervention en milieu scolaire, un programme de la Sûreté du Québec qui vise la lutte contre la drogue, la violence en milieu scolaire, précise le porte-parole de la Sûreté du Québec. Les résultats de l’enquête pourraient être soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) pour décider si d’éventuelles accusations seront portées, indique le porte-parole.

De son côté, la Sûreté du Québec mentionne et précise également que des interventions sont régulièrement effectuées dans les écoles de la province, qu’elles soient privées ou publiques, tout comme dans les centres école de formation professionnels. Les saisies lors des interventions ponctuelles des policiers sont fréquentes dans les différents milieux scolaires, précise le porte-parole. Canifs, couteaux, armes prohibées, objets contondants, stupéfiants font occasionnellement l’objet de saisies, soit par la vigilance du personnel scolaire, soit lors d’interventions ponctuelles de nos policiers, indique le porte-parole.

Inciter à commettre des voies de faits et filmer une bagarre pourrait mener à des accusations

Tous les gestes de violence ou d’intimidation commis entre ou envers des étudiants, ou à l’endroit du personnel enseignant, peuvent entraîner des enquêtes, des mesures disciplinaires, voire même des arrestations et des accusations, tout comme celle de filmer et inciter un autre élève à commettre des voies de faits confirme le porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ) qui précise également que les dossiers ouverts suite aux événements de Drummondville sont toujours sous enquête, et que des mesures restent à être évaluées par les intervenants du milieu et les policiers de la Sûreté du Québec.

Un père de famille, indigné par ces images, exprime ses inquiétudes quant aux modèles auxquels les jeunes sont exposés.

Le père de famille, qui préfère garder l’anonymat afin de ne pas permettre de dévoiler le milieu scolaire de ses enfants, se questionne également sur l’utilisation des vidéos, des photos, ou de toute autre application autre que celle de faire des appels téléphoniques dans le milieu scolaire. Outre l’utilisation du téléphone pour communiquer, celui-ci questionne l’utilisation ou la capture de vidéos et de photos. Pour téléphoner ou pour contacter un parent ou un ami. Oui, dans le cadre scolaire, c’est absolument acceptable, mais quand il sert à filmer et diffuser des images de gestes violents, il y a des limites, tout comme celles de l’utilisation d’applications comme  de jeux, ou toute autre application qui n’ont aucune utilité dans un milieu scolaire, soulève le père d’une adolescente inquiet des dérapages que cela entraîne. ‘’Est-ce que le fait d’avoir filmé le combat a été un incitatif, questionne le père ? Est-ce que la pression ajoutée par la captation vidéo n’est pas devenue plus un enjeu, probablement croit le père de famille qui suggère des mesures plus restrictives quant à l’utilisation du téléphone chez les jeunes soient imposées, surtout en milieu scolaire.

Il souligne que les séries télévisées, telles que la nouvelle version de Karaté Kid (Cobra Kai), valorisent les combats filmés et encouragés par d’autres, offrant une vision peu éloquente de la résolution des conflits. Nous sommes bien loin de la trilogie originale où la bienveillance et le recours à la violence étaient le dernier recours, comme le proposait M. Miyagi à son jeune élève. La nouvelle série, en six épisodes consécutifs, propose des combats comme seul moyen de discussion ou de résolution de conflit, sans aucune autre forme de gestion, fait-il remarquer. C’est bien loin de l’approche prônée par la trilogie originale qui considérait la bagarre comme un dernier recours, ajoute-t-il.

Le débat sur l’utilisation des téléphones cellulaires en classe et dans le milieu scolaire suscite des questionnements.

Certains parents soulèvent la question de savoir si autoriser la capture de vidéos de bagarres et d’intimidation ne confère pas un pouvoir aux intimidateurs. Le directeur des communications du centre de service scolaire, Normand Page, questionné sur le sujet, mentionne que cette question a été discutée au centre de service scolaire. Bien que l’interdiction des téléphones en classe soit en vigueur, des exceptions sont prévues par le ministre de l’Éducation pour des situations pédagogiques particulières ou des besoins spécifiques d’élèves et que le CSDC dois si conformer également.

L’élargissement de cette interdiction au milieu scolaire fait l’objet de discussions, mais le ministre maintient sa position, affirmant que des motifs de sécurité ne justifieraient pas une interdiction en dehors des classes, selon les informations recensées et obtenues par le Vingt55.

Éric Beaupré
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