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Vapotage et cannabis : derrière des profits records de la SQDC, un virage inquiétant pour la santé publique, selon la CDVQ

Vapotage et cannabis : derrière des profits records de la SQDC, un virage inquiétant pour la santé publique, selon la CDVQ

DRUMMONDVILLE

Pour l’exercice financier se terminant le 29 mars 2025, la SQDC a enregistré des ventes totales de 741,5 M$, en hausse par rapport aux 662,1 M$ de l’année précédente. Le résultat global s’élève à 118 M$, contre 104,1 M$ en 2023-2024. À ces chiffres s’ajoutent des revenus fiscaux issus des taxes à la consommation et d’accise, évalués à 249,5 M$ (177,9 M$ versés au Québec et 71,6 M$ au fédéral), portant la contribution totale de la SQDC à l’État québécois à 295,9 M$.

Mais derrière ces chiffres jugés impressionnants par plusieurs, la CDVQ voit une réalité troublante : « Il est troublant de voir que pendant qu’on se félicite des profits d’une société d’État, on ignore complètement les conséquences néfastes de certaines de ses décisions sur la santé publique, particulièrement chez les jeunes. Ce que la SQDC s’apprête à faire avec les wax pens est d’une hypocrisie alarmante », déclare Valérie Gallant, porte-parole de la CDVQ.

Deux poids, deux mesures : les saveurs interdites, les wax pens légalisés

La CDVQ dénonce une incohérence dans les politiques gouvernementales. En 2023, Québec a interdit les saveurs dans les produits de vapotage pour protéger les jeunes, privant ainsi des milliers de vapoteurs adultes d’un outil reconnu pour cesser de fumer. Parallèlement, le marché noir s’est accru. Or, en 2025, ce même gouvernement, par l’entremise de la SQDC, s’apprête à légaliser et commercialiser les wax pens, des dispositifs de vapotage au cannabis concentré, très prisés par les jeunes adultes.

« On a interdit les saveurs pour les ex-fumeurs, mais on va vendre à grands coups de marketing des wax pens aux jeunes adultes. C’est complètement irresponsable. En plus d’introduire une nouvelle voie d’accès au cannabis, on banalise encore davantage le vapotage chez les jeunes », dénonce Mme Gallant.

Une porte d’entrée vers la consommation et les excès

De son coté la directrice de la mise en marché de la SQDC a justifié cette orientation stratégique en évoquant une « alternative responsable » au marché noir, où circulent des produits contaminés, à forte teneur en THC et contenant des arômes artificiels.

Pour la CDVQ, cette rhétorique reprend mot pour mot les arguments avancés depuis des années par les défenseurs du vapotage, arguments que le gouvernement a rejetés lorsqu’il s’agissait d’aider les fumeurs à cesser le tabac. « Une contradiction majeure », selon l’organisme.

L’équipe des relations médias de la Société québécoise du cannabis (SQDC) avait précisé au Vingt55 que les produits de vapotage du cannabis ne sont pas interdits au Québec ni au Canada

Par ailleurs, les produits de vapotage offerts par la société d’État seront strictement conformes à la réglementation québécoise. « Contrairement à ceux disponibles sur le marché illégal ou dans d’autres points de vente, ils ne contiendront ni saveur ni arôme ajouté, leur taux de THC sera limité à 30 %, et ils feront l’objet d’analyses par des laboratoires certifiés par Santé Canada. De plus, leur vente sera interdite aux personnes de moins de 21 ans », avait fait valoir le relationniste de la SQDC en entrevue au Vingt55.

Normalisation du vapotage… avec du cannabis

La CDVQ s’inquiète également des effets de normalisation que pourrait entraîner cette nouvelle offre. Les wax pens sont perçus comme une méthode de consommation facile, discrète et puissante, qui rend la consommation de cannabis non seulement accessible, mais socialement acceptable. voire promue par une société d’État.

« On va faire croire aux jeunes que vapoter du THC est sécuritaire parce que c’est vendu à la SQDC. Mais c’est un leurre. Ces produits sont puissants, facilement surdosables, et favorisent la dépendance. Et le plus ironique, c’est que pour bien des jeunes, ce sera leur première expérience de vapotage… », poursuit Mme Gallant.

Silence troublant de la Santé publique et des groupes antitabac

La CDVQ s’interroge enfin sur le silence de certains acteurs clés du débat. « Alors que le Dr Luc Boileau et Mme Flory Doucas devraient être aux barricades et sur toutes les tribunes pour dénoncer cette hérésie, on assiste, au contraire, à leur silence complet. Subissent-ils des pressions politiques? Ont-ils peur de représailles? La CQCT craint-elle de perdre son financement du ministre Dubé? La question se pose », conclut Valérie Gallant.

La Coalition exhorte finalement le gouvernement Legault à faire preuve de cohérence et de responsabilité : « On ne peut pas interdire des produits de réduction des méfaits d’un côté, et promouvoir des produits psychotropes de l’autre, simplement parce que cela est rentable. »

Éric Beaupré
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