DRUMMONDVILLE
Le conseiller municipal du district 10, M. Mario Sévigny @ Entrevue vidéo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Parmi les signataires, plusieurs citoyens disent souhaiter que le projet soit davantage débattu publiquement et mieux évalué avant d’aller de l’avant. Certains estiment également que le dossier soulève encore des questions importantes au sein de la population, notamment en ce qui concerne le financement et l’ampleur du projet.
Plusieurs rappellent aussi que le processus référendaire prévu par la loi n’a été évoqué publiquement que dans les derniers jours, alors que la question d’un référendum était soulevée depuis plusieurs semaines par certains citoyens. Plusieurs déplorent que cette information n’ait pas été communiquée plus tôt par l’administration municipale ou par certains élus, estimant que cela aurait permis à la population de mieux comprendre les mécanismes démocratiques disponibles et de s’organiser en conséquence.
Pour que la tenue d’un référendum soit déclenchée, un total de 6 334 signatures doit être recueilli au registre.
Le Vingt55 a rencontré le conseiller municipal du district 10, Mario Sévigny, qui affirme avoir lui aussi pris connaissance lundi, comme plusieurs citoyens et élus, de l’existence du processus permettant la tenue éventuelle d’un référendum à la suite de l’adoption du règlement lors de la séance du conseil du 16 février.
Le conseiller soutient que le processus a manqué de transparence et qu’il ne permet pas, dans sa forme actuelle et dans les délais prévus, d’offrir une véritable occasion aux citoyens de se faire entendre.
« Nous allons investir près de 50 millions de dollars pour ce projet. Ce n’est pas rien », affirme M. Sévigny en entrevue au Vingt55.
Selon lui, les citoyens devraient pouvoir se prononcer sur un projet d’une telle ampleur financière, d’autant plus que les générations futures auront à en assumer le coût.
Le conseiller rappelle par ailleurs que la Ville en serait à une troisième tentative pour faire avancer ce projet et estime que plusieurs acteurs du milieu économique demeurent prudents face à un investissement de cette importance.
Il aurait souhaité que la Ville de Drummondville analyse plus en profondeur différentes options, notamment celle de solliciter l’appui financier des différents paliers de gouvernement. M. Sévigny mentionne également que plusieurs intervenants du milieu des affaires auraient exprimé certaines réserves face au projet actuel.
Le conseiller souligne enfin que certains élus, dont Marie-Josée Lemaire, ont déjà évoqué l’idée qu’une nouvelle construction, plutôt que la modernisation de l’aréna actuel, pourrait éventuellement représenter une avenue à considérer pour l’avenir.
M. Mathieu Audet, directeur de cabinet du maire de Drummondville @ Entrevue vidéo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Centre Marcel-Dionne « On peut toujours revoir nos façons de faire », reconnaît le directeur de cabinet du maire
Alors que plusieurs citoyens réclament la tenue d’un référendum sur le projet de modernisation du Centre Marcel-Dionne, le directeur de cabinet du maire de Drummondville, Mathieu Audet, affirme que la Ville respecte les règles prévues par la loi, tout en reconnaissant que certaines améliorations pourraient être apportées en matière de communication avec la population.
En entrevue au Vingt55, M. Audet admet que l’administration municipale doit réfléchir à la manière dont l’information est transmise aux citoyens.
« Premièrement, on peut toujours revoir nos façons de faire en matière de communication. C’est dans l’air du temps d’agir avec plus de transparence et de communiquer davantage avec les citoyens. C’est un travail qu’il faut faire », affirme-t-il.
Un processus prévu par la loi
Selon lui, le mécanisme permettant la tenue d’un registre en vue d’un référendum ne relève pas d’une décision particulière de la Ville de Drummondville, mais d’un cadre légal qui s’applique à l’ensemble des municipalités du Québec.
« C’est dans la loi depuis 1987 et ça s’applique pour tous les règlements d’emprunt dans toutes les municipalités. Ce n’est pas une procédure propre à Drummondville. C’est la même façon de faire à Sherbrooke, à Granby ou ailleurs », explique-t-il.
Plusieurs citoyens soutiennent toutefois qu’ils auraient souhaité être informés plus tôt de l’existence de ce mécanisme, certains affirmant qu’ils réclamaient déjà un processus référendaire depuis plusieurs semaines.
Une décision politique assumée
M. Audet rappelle que le conseil municipal s’est déjà prononcé en faveur du projet de modernisation du Centre Marcel-Dionne lors de l’adoption du règlement d’emprunt.
« Quand les membres du conseil se sont exprimés en faveur du projet en séance publique, implicitement ils ont aussi refusé l’idée d’aller vers un référendum populaire », souligne-t-il.
Selon les estimations évoquées à l’hôtel de ville, la tenue d’un référendum municipal pourrait coûter entre 200 000 $ et 400 000 $. À cela s’ajouterait un possible report du projet.
« On sait aussi que si un référendum avait lieu et qu’il était favorable à la modernisation, le projet serait retardé d’environ un an, ce qui pourrait ajouter près de 5 millions de dollars au coût des travaux », indique-t-il.
Les citoyens invités à signer le registre
Malgré ces considérations, M. Audet rappelle que le processus démocratique demeure ouvert aux citoyens.
« Les règles sont celles prévues dans la loi. Les citoyens qui souhaitent s’exprimer peuvent venir signer le registre à l’hôtel de ville. Ils ont jusqu’à vendredi en soirée pour le faire », précise-t-il.
Si le nombre requis de signatures est atteint, la Ville devra alors se pencher de nouveau sur la question et décider si un référendum doit être tenu.
« Si le seuil est atteint, ça relance évidemment le débat. À ce moment-là, il y aura une décision à prendre. »
Une réflexion sur la participation citoyenne
Questionné sur la possibilité d’élargir la consultation publique à d’autres projets majeurs, comme la salle de spectacle ou certains projets au centre-ville, M. Audet affirme que la question mérite d’être étudiée.
« On se mettrait la tête dans le sable si on ne se demandait pas s’il faut améliorer nos processus. Est-ce qu’il faut consulter davantage ? Est-ce qu’il faut agir avec encore plus de transparence ? Ce sont toutes des questions importantes qu’on doit se poser », conclut-il.
Selon lui, des réflexions sont actuellement en cours à l’hôtel de ville afin de voir comment ces démarches pourraient éventuellement se traduire par des actions concrètes dans l’avenir.
Louise Cornelissen Drummondvilloise @ Entrevue vidéo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Des citoyens jugent le délai trop court
Alors que plusieurs citoyens estiment que le délai prévu par la procédure municipale est trop court, plusieurs d’entre eux ont continué de se présenter à l’hôtel de ville afin de signer le registre.
Rencontré sur place, Louise Cornelissen, une citoyenne de Drummondville, estime qu’un projet d’une telle ampleur mériterait un processus plus long afin de permettre à la population de se mobiliser adéquatement.
« Quand on parle d’un projet de près de 50 millions de dollars, ça mérite un débat et un processus qui donnent réellement le temps aux citoyens de se prononcer », affirme-t-elle.
Elle souligne également que 6 334 signatures doivent être recueillies en peu de temps, ce qui représente selon elle un objectif difficile à atteindre dans un délai aussi court.
Un autre citoyen rencontré à la sortie de l’hôtel de ville abonde dans le même sens.
« Il faut plus que des promesses de transparence. Il faut démontrer une réelle volonté d’être transparent. Si certains conseillers ou membres de l’administration avaient expliqué plus tôt l’existence de ce processus, plusieurs citoyens se seraient probablement mobilisés plus rapidement », soutient-il.
Plusieurs citoyens rencontrés sur place affirment ainsi souhaiter que la Ville permette une véritable consultation publique sur ce projet de 48 millions de dollars, qu’ils jugent important pour l’avenir de Drummondville et pour les finances des générations futures.
Dans ce contexte, et en l’espace de quelques heures, un mouvement citoyen semble progressivement s’organiser afin de faire entendre ces préoccupations. Certains demandent notamment que la Ville revoie sa position ou envisage un délai supplémentaire, afin de permettre aux citoyens qui le souhaitent de se prononcer convenablement sur la question.







