Centre Marcel-Dionne : pour l’ex-conseiller Alexandre Desbiens, rénover un choix « inconcevable » et un manque de vision

Centre Marcel-Dionne : pour l’ex-conseiller Alexandre Desbiens, rénover un choix « inconcevable » et un manque de vision
L’ex-conseiller municipal, candidat à la mairie et actuaire Alexandre Desbiens en entrevue au Vingt55 @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le dossier de la rénovation du Centre Marcel-Dionne continue d’alimenter de nombreuses discussions à Drummondville et dans la MRC de Drummond. L’ex-conseiller municipal et candidat à la mairie, Alexandre Desbiens, a accepté d’accorder une entrevue afin de commenter le dossier et de lever le voile sur les enjeux qu’il avait soulevés tant lors de son passage au conseil municipal que durant la dernière campagne électorale, estimant que certaines options avaient été mises de côté, voire négligées.

En parcourant les propositions des principaux candidats à la mairie, le Vingt55 a relevé un élément qui ne semble pas avoir été largement relayé. Dans le quatrième axe de sa plateforme, M. Desbiens proposait la construction d’un nouvel édifice, incluant l’ajout de deux glaces, afin de mieux répondre aux besoins actuels et futurs de la population. Questionné sur cette orientation, qui avait d’ailleurs trouvé écho à Trois-Rivières, où la population a appuyé la construction d’un nouvel aréna de 60 millions de dollars, il a précisé sa vision.

Cette prise de position permet de comprendre pourquoi M. Alexandre Desbiens, qui était alors conseiller municipal à ce moment, n’était pas présent lors de l’annonce et de la demande d’appuis pour la rénovation, en juillet dernier, à l’invitation de la mairesse de l’époque, Stéphanie Lacoste, ainsi que de plusieurs conseillers favorables au projet de modernisation.

À ce moment, les démarches en étaient rendues à une énième tentative de solliciter à nouveau un appui financier pour l’option de rénovation. Une avenue qui n’aura toutefois pas suscité l’intérêt souhaité auprès de la communauté d’affaires ni obtenu l’adhésion générale et l’acceptabilité sociale nécessaires pour assurer le financement requis.

Le projet nécessite une vision à long terme et surtout l’acceptabilité sociale, un enjeu important, estime l’ex-conseiller municipal.

En entrevue au Vingt55, M. Desbiens a confirmé que, s’il avait été élu, il aurait écarté l’option d’une rénovation et aurait rapidement consulté la population au sujet de la construction d’un nouvel aréna ultramoderne.

En effet, « au cours de ma campagne, j’avais promis plus de transparence et de consultation. Pour un projet comme celui-là, je croyais important de consulter la population, surtout que toutes les options n’ont pas été envisagées dans ce dossier », explique-t-il.

Il s’agit de la première sortie publique de l’ex-candidat à la mairie depuis sa défaite en novembre dernier. Toujours très impliqué à Drummondville et visiblement actif sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, M. Desbiens affirme avoir été inondé d’appels à ce sujet au cours de la dernière semaine.

« Ce n’est pas mon style de vouloir jouer à la belle-mère, mais comme plusieurs personnes m’ont contacté en lien avec le dossier de l’aréna, je me suis dit qu’il était important de faire une mise au point », rappelle-t-il.

Détails d’un projet qu’il juge essentiel

Actuaire de formation, Alexandre Desbiens demeure convaincu que le meilleur scénario pour la Ville de Drummondville est la construction d’un nouvel aréna.

« Pour une raison que j’ignore, on a rapidement balayé du revers de la main cette option qui est, selon mes calculs, celle qui coûterait le moins cher, qui répondrait le mieux aux besoins actuels et qui serait la solution la plus pérenne », soutient-il, rappelant qu’aucune étude complète n’aurait été réalisée sur la construction d’un nouvel aréna depuis 2012.

Le Vingt55 a appris que l’ex-candidat a rencontré plusieurs élus et ex-élus de municipalités ayant opté pour la construction d’un nouvel aréna, ce qu’il confirme.

« J’ai travaillé en coulisses afin de faire avancer ce dossier. L’idée de l’implantation d’un bureau de projets y était d’ailleurs liée, puisque c’est ce qui a permis à la Ville de Laval de limiter les dépassements de coûts, notamment pour la construction de la Place Bell. J’ai effectivement rencontré des élus, mais aussi des gens des hautes sphères du hockey avant de proposer un nouvel aréna, car il était important pour moi de présenter aux citoyens de Drummondville le projet le plus cohérent », précise l’ex-conseiller municipal et candidat à la mairie.

Une bonification des services aux citoyens

La proposition de M. Desbiens consisterait à construire un nouvel aréna comprenant deux glaces et à convertir le Centre Marcel-Dionne en complexe multisports, notamment pour y aménager huit terrains intérieurs de pickleball.

« Un nouvel amphithéâtre, ça veut aussi dire pouvoir accueillir des spectacles d’envergure ou d’autres événements à Drummondville. À titre d’exemple, Shawinigan accueille régulièrement des galas de boxe. Quant à la transformation de notre vieil aréna, cela aurait pour effet de bonifier grandement les services à la population », affirme-t-il.

Selon lui, un tel projet permettrait également à la Ville d’obtenir une aide gouvernementale plus importante. Il soutient qu’une municipalité doit démontrer qu’un projet bonifie les services à la population pour être admissible à certaines subventions, ce qu’une simple rénovation ne permettrait pas. « Au maximum, Drummondville aurait à débourser 40 % des coûts pour un nouvel aréna », avance-t-il, citant en exemple des projets réalisés à Trois-Rivières, Gatineau et Shawinigan.

À Gatineau, pour un aréna de quatre glaces évalué à 104 millions de dollars, la Ville aurait déboursé 37,8 millions, soit un peu moins de 40 % de la facture totale, le reste provenant notamment d’une subvention gouvernementale. À l’inverse, dans le scénario actuel, Drummondville assumerait seule les coûts de la rénovation, estimés à 48 millions de dollars.

« Vous comprendrez que, comme homme de chiffres, le scénario de rénovation est pour moi inconcevable alors qu’on peut avoir un nouvel aréna pour une somme moindre », ajoute M. Desbiens, qui s’interroge par ailleurs sur l’augmentation des coûts, passés de 40 à 48 millions en quelques mois. Il souligne également que la capacité prévue passerait de 2 834 à 3 122 sièges, alors qu’il avait été question de 3 700 sièges lors d’annonces antérieures.

« On doit avoir de l’ambition pour notre ville. Nous devons en faire plus et attirer les gens chez nous. Il faut penser à long terme afin d’accueillir à Drummondville des spectacles d’envergure et des événements nationaux. Malheureusement, avec le projet actuel, ce ne sera pas possible », affirme-t-il.

Tout en maintenant ses réserves, Alexandre Desbiens dit tendre la main à l’administration municipale.

« Je suis toujours disponible pour discuter du dossier avec M. Houle et, s’il change d’avis, je lui offre mon aide afin de réaliser le projet d’un nouvel aréna », conclut l’ex-conseiller, convaincu que son scénario demeure le plus porteur pour l’ensemble des Drummondvillois.

Partagez et commentez sur les réseaux sociaux!
Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon
Partagez et commentez sur les réseaux sociaux!

Installez l'appli Vingt55

Installer l'appli Vingt 55
×