DRUMMONDVILLE
Selon l’administration municipale, cette proposition, jugée « plus que compétitive », n’aurait pas encore été soumise dans son entièreté aux membres du Regroupement des pompiers et pompières de Drummondville. La situation soulève des préoccupations au sein de la Ville, notamment en ce qui concerne l’ambiance de travail et la motivation du personnel, bien que le processus de négociation en cours n’affecte pas les services offerts à la population.
Des concessions normatives déjà entérinées
La Ville indique avoir démontré une ouverture importante dans le cadre de ces négociations, en révisant notamment les conditions normatives telles que les horaires de travail, ainsi que les éléments salariaux. Elle affirme que ces efforts s’inscrivent dans sa volonté d’être un employeur de choix et de favoriser la conciliation travail-vie personnelle pour l’ensemble de ses employés.
À ce sujet, le Vingt55 a demandé des précisions sur la mention dans le communiqué selon laquelle Drummondville vise à être un « leader de l’expérience employé, tel qu’exprimé dans sa Planification stratégique 2023-2027 ». La Ville précise que cet objectif est inclus à l’objectif 4.1 de la quatrième orientation stratégique, et qu’il concerne tous les employés municipaux – pompiers, cols bleus, cols blancs et cadres –, sans distinction particulière, comme l’a indiqué Anne-Élisabeth Benjamin, conseillère en relations publiques au Service des communications de la Ville.
Toujours selon la Ville, les deux parties s’entendent depuis plus d’un an sur les aspects normatifs et les avantages sociaux. Le principal point de divergence demeure la question salariale.
Une analyse indépendante de la rémunération
Dans l’objectif de faire progresser les discussions, la Ville a mandaté à nouveau une firme spécialisée en ressources humaines pour réaliser une analyse de la rémunération globale des pompiers à moyen terme. Cette démarche vient compléter un exercice de projection salariale mené plus tôt ce printemps.
Les résultats de cette analyse positionneraient l’offre de la Ville parmi les plus avantageuses du marché, aux côtés de municipalités comme Châteauguay, Terrebonne et Saint-Jérôme, souvent citées par la partie syndicale comme référence.
Cependant, la Ville ne précise pas, dans son communiqué, les pourcentages des budgets municipaux alloués aux services d’incendie dans ces villes, ni la part exacte dédiée à son propre service de sécurité incendie. Le Vingt55 a demandé ces données, mais celles-ci n’avaient pas été fournies au moment de publier.
La Ville met néanmoins de l’avant la différence de fardeau fiscal entre Drummondville et ces municipalités de comparaison. À titre d’exemple, le compte de taxes moyen y serait plus élevé de 55 % à Châteauguay, 42 % à Terrebonne et 28 % à Saint-Jérôme, représentant un écart de 729 $ à 1 424 $ par ménage, sans compter un coût de la vie qu’elle estime plus avantageux à Drummondville.
La question de l’équité entre tous les groupes d’employés municipaux est aussi présentée comme un élément central dans les considérations de l’administration.
Une analyse comparative réalisée par le Vingt55 met cependant en lumière des écarts significatifs entre l’agglomération de Drummondville et la Ville de Terrebonne en matière de sécurité incendie. Alors que Terrebonne peut compter sur 23 pompiers en garde interne, Drummondville n’en déploie que 8, soit près de trois fois moins d’effectifs disponibles en tout temps.
Terrebonne dispose de cinq casernes avec garde interne, contre seulement deux à Drummondville, ce qui se traduit par une couverture territoriale plus rapide et plus efficace dans la première.
Du point de vue budgétaire, Terrebonne consacre 20 millions de dollars par année à son service incendie, alors que Drummondville y investit 9,6 millions. Ce déséquilibre se reflète aussi dans le coût par habitant, qui s’élève à 147,85 $ à Terrebonne, contre 94,50 $ à Drummondville, soit un investissement par habitant supérieur de 56 % à Terrebonne. En proportion de leur budget municipal respectif, Terrebonne alloue 6,8 % à la sécurité incendie, alors que Drummondville y consacre 4,93 %, ce qui représente une différence de 38 % en faveur de Terrebonne.
Malgré une densité urbaine relativement comparable, 1 669,93 habitants au kilomètre carré à Terrebonne, contre 1 271,72 à Drummondville et une superficie urbaine équivalente (81 km² pour Terrebonne et 80 km² pour Drummondville), les deux villes ne bénéficient manifestement pas du même niveau d’investissement ni des mêmes ressources en matière de sécurité incendie.
Une décision attendue devant l’arbitre
En avril, le ministère du Travail du Québec a confirmé que le dossier serait soumis à l’arbitrage, conformément aux dispositions transitoires et finales de la Loi modifiant le régime de négociation dans le secteur municipal. La Ville a accueilli favorablement cette décision, dans un contexte qualifié de statu quo.
Elle précise toutefois que l’offre actuellement sur la table, formulée dans l’optique d’une entente négociée, ne sera pas celle présentée dans le cadre de l’arbitrage.
Enfin, selon la Ville, bien qu’elle se soit rendue disponible pour trois des quatre dates proposées par l’arbitre en juillet, la partie syndicale n’a pu se libérer pour aucune d’entre elles. Sauf entente d’ici là ou modification du calendrier, le processus d’arbitrage devrait débuter en octobre prochain.
Des pompiers toujours contraints au temps supplémentaire obligatoire, la Ville justifie sa décision
Comme l’a appris le Vingt55, plusieurs pompiers du Service de sécurité incendie de Drummondville sont actuellement contraints de demeurer en poste au-delà de leur quart régulier, en raison du recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO). Une situation jugée préoccupante à l’interne, tant pour les effectifs que pour la sécurité des interventions.
Selon l’administration municipale, cette mesure constitue un « recours nécessaire » afin de maintenir les services essentiels à la population. La Ville attribue cette contrainte à un refus systématique de remplacement de la part de pompiers habilités, refus inscrit dans le cadre de moyens de pression syndicaux.
Dans une déclaration transmise au Vingt55, la Ville affirme avoir invité le syndicat à reprendre les discussions, sans avoir reçu de réponse à ce jour. L’administration municipale réitère son ouverture au dialogue et son souhait de parvenir à une entente pour le renouvellement de la convention collective, échue depuis plus de quatre ans.








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