DRUMMONDVILLE
Face à la multiplication des hausses de loyers jugées excessives et imposées hors délais, de même qu’à l’augmentation de manœuvres d’éviction déguisées, notamment par le recours abusif aux reprises de logement, Québec solidaire presse le gouvernement d’agir pour renforcer les protections accordées aux locataires.
Le responsable solidaire en matière d’Habitation, Andrés Fontecilla, affirme que certaines pratiques de propriétaires contribuent à déstabiliser le marché locatif partout au Québec, alors que s’amorce la période de renouvellement des baux.
« Il existe des pratiques de certains propriétaires au Québec qui font des ravages sur le marché locatif. Alors que s’ouvre la période des renouvellements de baux, on me rapporte déjà des hausses de 17 % dans un complexe de plusieurs immeubles, sans rénovations. Pire encore, on me parle d’un propriétaire faisant le tour de ses logements depuis le 1er janvier pour exiger 400 $ de plus pour des logements insalubres. C’est une augmentation de 45 %, soit 15 fois plus que le taux du Tribunal administratif du logement », dénonce le député.
Selon lui, des spéculateurs immobiliers chercheraient ouvertement à contourner les lois québécoises afin d’affaiblir les droits des locataires, une situation qu’il juge inacceptable. Québec solidaire réclame ainsi que le taux du Tribunal administratif du logement (TAL) devienne obligatoire, en plus de conférer au Tribunal des pouvoirs élargis pour imposer plus facilement des dommages punitifs aux propriétaires qui ne respectent pas les règles.
« Pendant ce temps, les spéculateurs travaillent ouvertement à contourner les lois québécoises et à affaiblir les droits des locataires. Il est temps que ça cesse. La moindre des choses pour le gouvernement est de serrer la vis aux propriétaires abusifs », soutient Andrés Fontecilla.
Comme l’a déjà rapporté Le Vingt55 dans de précédents reportages, les pratiques visant à faire grimper les loyers par divers stratagèmes, parfois au détriment direct des locataires, se sont multipliées à Drummondville. Certains promoteurs et propriétaires acquièrent des immeubles avant de proposer, par la suite, des ententes financières jugées intenables, dans le but d’évincer des locataires dont le loyer est considéré comme trop bas.
Plusieurs locataires ont d’ailleurs témoigné de telles situations en entrevue au Vingt55, dénonçant des méthodes qui contribuent à maintenir artificiellement des loyers élevés, touchant particulièrement les jeunes familles et les ménages les plus vulnérables. Ces derniers se retrouvent fréquemment confrontés à des hausses soudaines et importantes, voire à une flambée marquée du coût du logement.
Selon les informations recueillies par Le Vingt55, près de 70 % des personnes âgées éprouveraient désormais des difficultés à se nourrir adéquatement, une réalité attribuable notamment à l’augmentation soutenue des coûts liés au logement. Au cours des deux dernières années, le loyer moyen aurait augmenté d’environ 280 $ par mois, une situation rendue possible par les hausses autorisées par le gouvernement du Québec.
Au cours des deux dernières semaines, trois locataires ont communiqué avec Le Vingt55 afin de dénoncer le comportement qu’ils qualifient d’intimidant et d’agressif d’un propriétaire d’immeubles bien connu des services policiers.
Selon leurs témoignages, ces personnes décrivent un climat de peur et de pression exercé à l’endroit de locataires vulnérables. Parmi elles, un homme de 71 ans affirme être victime de menaces et de chantage de la part de son propriétaire, qui aurait recours à l’intimidation pour tenter d’imposer des augmentations de loyer.
Un organisme communautaire de Drummondville, qui tente de venir en aide à ce locataire, estime la situation particulièrement préoccupante. L’homme aurait tenté de déposer une plainte, mais craindrait des représailles en raison de l’obligation de s’identifier dans le cadre des démarches officielles. Il préférerait, pour l’instant, garder le silence face aux menaces alléguées, malgré l’existence de plusieurs dossiers d’intervention policière visant ce propriétaire, a indiqué l’organisme en entrevue au Vingt55.
Les locataires rencontrés jugent la situation inacceptable et souhaitent que la Ville de Drummondville, tout comme les autorités compétentes, interviennent afin de faire cesser ces pratiques.
Cette conjoncture permet à plusieurs propriétaires d’augmenter considérablement leurs revenus, dans un contexte où le contrôle des loyers demeure limité. Le Vingt55 a également été informé que des citoyens et des locataires ont interpellé la Ville de Drummondville ainsi que le nouveau maire, Jean-François Houle, à ce sujet. De son côté, la municipalité affirme assurer un suivi auprès de certaines instances concernées, à la suite de dénonciations formulées par des locataires qui se disent dépassés par la situation et réclament un encadrement plus strict du marché locatif.
De son côté, le gouvernement reconnaît l’ampleur de la crise du logement, tout en affirmant avoir déjà mis en place diverses mesures visant à soutenir les locataires et à accroître l’offre résidentielle.
La ministre responsable de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, soutient que Québec privilégie une approche axée sur l’augmentation du nombre de logements disponibles, notamment par des investissements en construction et en rénovation, plutôt que par un encadrement plus strict des loyers.
Contrairement aux demandes formulées par les groupes de pression, le gouvernement estime que rendre obligatoire le taux du Tribunal administratif du logement pourrait freiner l’investissement immobilier et nuire à l’entretien du parc locatif. Québec rappelle par ailleurs que le Tribunal dispose déjà de mécanismes permettant aux locataires de contester des hausses jugées abusives ou des reprises de logement effectuées de mauvaise foi.
Malgré cette volonté affichée d’agir, plusieurs groupes de défense des droits des locataires jugent que les mesures actuelles demeurent insuffisantes face à la rapidité et à l’ampleur de la hausse des loyers observée sur le terrain. À Drummondville, la situation demeure particulièrement préoccupante, la municipalité figurant toujours parmi celles où l’explosion des loyers est jugée difficilement contrôlable.
Cette réalité fragilise de nombreuses familles, des personnes aînées ainsi que de jeunes ménages souhaitant accéder à un premier logement. Plusieurs locataires se retrouvent contraints de faire des choix difficiles entre se nourrir adéquatement, payer leurs médicaments ou assumer leur loyer, au détriment de leur qualité de vie.
Selon des témoignages et informations recueillis par Le Vingt55, il n’est pas rare de voir des familles solliciter de l’aide sur les réseaux sociaux afin de joindre les deux bouts, se nourrir ou simplement conserver un toit. Certains travailleurs iraient même jusqu’à vivre temporairement dans leur véhicule, une situation désormais documentée à Drummondville.
Cette pression accrue se répercute également sur les organismes communautaires œuvrant en sécurité alimentaire et en lutte contre l’itinérance, notamment La Piaule, L’Ensoleilvent, La Tablée populaire et Comptoir alimentaire Drummond, qui doivent répondre à des besoins de plus en plus fréquents et complexes, tout en faisant face à des compressions provenant de plusieurs paliers gouvernementaux, tant municipaux que provinciaux.
Le député de Québec solidaire rappelle par ailleurs que l’explosion des loyers s’est accentuée sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec, faisant de la crise du logement l’un des principaux moteurs de la hausse du coût de la vie.
« Les ménages québécois sont de plus en plus pris à la gorge. L’an dernier, un locataire sur cinq avait de la difficulté à payer son loyer, pendant que des propriétaires voyous s’enrichissent sur le dos de leur détresse », affirme-t-il, rappelant que Québec solidaire propose un gel des loyers arrimé à l’inflation afin de freiner la spirale actuelle.








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