De nouvelles recherches mettent en lumière les liens de dépendance à l’auto-solo au Québec et le fardeau financier que celle-ci impose à la société

De nouvelles recherches mettent en lumière les liens de dépendance à l’auto-solo au Québec et le fardeau financier que celle-ci impose à la société
© Photo Éric Beaupré Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Deux nouvelles recherches publiées par un chercheur de Polytechnique Montréal associé à la Fondation David Suzuki font la lumière sur les liens de dépendance psychologique à l’auto-solo au Québec, et le fardeau que celle-ci représente pour l’État et les contribuables. En contexte de crise sanitaire, ces recherches contribueront à la nécessaire réflexion, autant au niveau des législateurs et des parties prenantes que des individus, sur les gestes à poser pour diriger le Québec vers une vraie mobilité durable permettant à la fois de s’attaquer à la crise climatique et de répondre aux besoins légitimes de la population en termes de transport.

Dans le premier de deux rapports dévoilés aujourd’hui, L’état de l’automobile au Québec : constats, tendances et conséquencesle chercheur Jérôme Laviolette dresse un portrait des conséquences de la dépendance à l’automobile qui y sont recensées de façon non exhaustive à l’aide de sources de données québécoises, de la littérature grise[1] publiée par des organismes gouvernementaux et parapublics et de la littérature scientifique internationale.

«Réduire cette dépendance, ce n’est pas qu’une question de réduire nos GES. En transformant notre système de mobilité, on vise aussi à améliorer la qualité de l’air, à réduire les blessés et décès routiers, à favoriser l’activité physique, à réduire le poids du transport dans les dépenses des ménages, à favoriser l’économie québécoise par des projets de transport collectif et actif structurants, à améliorer la mobilité de façon équitable et, ultimement, à améliorer notre qualité de vie à tous», explique Jérôme Laviolette.

Rappelons qu’un changement drastique s’impose pour freiner rapidement la hausse des émissions de gaz à effet de serre (GES) dont 22 % proviennent au Québec du sous-secteur du transport de personnes par automobiles et camions légers. La dépendance de notre société à l’automobile, qui favorise les déplacements en auto solo dans des véhicules de plus en plus gros et énergivores, est un exemple clair des défis que nous devons collectivement surmonter.

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Dans le deuxième rapport publié aujourd’hui, Mobilité et psychologie : comprendre et agir pour soutenir les changements de comportement, le chercheur Jérôme Laviolette tente de comprendre les causes et les conséquences de la dépendance à l’automobile au Québec. Les réponses formulées à ces questions s’appuient sur une revue narrative de la littérature scientifique internationale des publications les plus importantes depuis les années 1990 sur les facteurs psychologiques des comportements de mobilité et sur la littérature, pour un total de plus de 130 références provenant principalement des revues spécialisées en transport, en environnement et en psychologie. Des exemples de stratégies de soutien au changement de comportement testées au Québec et ailleurs au Canada y sont aussi recensés.

Les recherches de Jérôme Laviolette, effectuées dans le cadre d’un stage de plus d’un an à la Fondation David Suzuki, démontrent que la dépendance à l’automobile a des composantes culturelles et psychologiques qui rendent la mise en œuvre de solutions et de stratégies de mobilité durable particulièrement ardue.

«Lorsqu’on accorde une valeur symbolique et affective à notre automobile, la résistance au changement est plus grande, car les alternatives ne nous procurent pas ces bénéfices perçus. Cette résistance peut aussi se manifester face aux projets de mobilité durable qu’on peut percevoir comme une atteinte à notre liberté de se déplacer en auto et même à notre style de vie», conclut Jérôme Laviolette.

Il s’avère donc nécessaire de chercher à comprendre quels rôles jouent les facteurs psychologiques et sociaux dans l’attractivité de l’automobile et dans la résistance au changement, et comment il est possible de travailler pour changer ces facteurs et soutenir le changement de comportement.

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