Nouvelle régionale
Dans son rapport d’investigation obtenu par le Vingt55, la coroner conclut que ce décès aurait pu être évité et souligne la facilité avec laquelle ces comprimés peuvent être obtenus sur le marché noir et par l’entremise des plateformes numériques. Elle recommande au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de mettre en place une campagne nationale de prévention visant particulièrement les jeunes adultes, en utilisant davantage les réseaux sociaux et l’écosystème numérique.
Le rapport de Me Isabelle East-Richard met en lumière une problématique de santé publique liée à l’accès à des médicaments contrefaits vendus comme des anxiolytiques connus, mais contenant en réalité des substances beaucoup plus puissantes et imprévisibles.
Le 12 mars 2025, le jeune homme de 24 ans a été retrouvé sans vie à son domicile par des membres de sa famille. Les policiers ont découvert sur place du matériel de consommation ainsi qu’un sac contenant des comprimés identifiés comme du Xanax®. Les analyses de Santé Canada ont toutefois démontré qu’il ne s’agissait pas d’alprazolam, mais bien de bromazolam, une benzodiazépine de synthèse utilisée uniquement comme drogue d’abus au Canada.
Selon l’enquête, la victime présentait un trouble d’usage de substances, mais avait cessé de consommer depuis plusieurs mois après avoir suivi une thérapie. Il était également connu pour un trouble d’anxiété et un trouble de l’adaptation avec humeur dépressive, pour lesquels il prenait une médication régulière.
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La coroner estime qu’il est possible qu’il ait consommé ces comprimés dans un contexte d’automédication, croyant prendre du Xanax afin de mieux gérer son anxiété et ses difficultés de sommeil. Aucun élément ne permet de retenir l’hypothèse d’un geste suicidaire. Selon les informations recueillies, il avait des projets d’avenir, notamment la poursuite de ses études.
Les analyses toxicologiques ont révélé la présence de cannabis, de clonazépam et de bromazolam. Ces substances agissent comme dépresseurs du système nerveux central et, lorsqu’elles sont consommées simultanément, leurs effets peuvent s’additionner et provoquer une dépression respiratoire fatale.
La conclusion de la coroner est qu’il s’agit d’un décès accidentel causé par une polyintoxication involontaire aux médicaments et drogues.
Le rapport souligne également que le bromazolam est associé à plusieurs décès au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Plusieurs cas présentent des circonstances similaires, où des comprimés vendus comme du Xanax se révèlent contenir cette substance non réglementée.
La naloxone, souvent utilisée dans les cas de surdose, n’est pas efficace contre les benzodiazépines comme le bromazolam, ce qui renforce l’importance des mesures de prévention.
Me East-Richard note que, malgré certaines initiatives gouvernementales, peu de campagnes de prévention ciblent spécifiquement les jeunes adultes dans leur environnement numérique. Elle souligne que les médias sociaux, les plateformes numériques et les créateurs de contenu constituent aujourd’hui des canaux majeurs d’information et d’influence pour cette clientèle.
Dans ce contexte, la coroner Me Isabelle East-Richard recommande au MSSS de mettre en place une campagne nationale de prévention destinée aux jeunes adultes sur les risques liés aux médicaments contrefaits, diffusée de façon soutenue et adaptée à cette tranche de la population dans l’écosystème médiatique et numérique.
Elle conclut que ce décès met en lumière la nécessité d’adapter les stratégies de prévention aux nouvelles réalités de consommation et aux moyens actuels de diffusion des substances, afin de mieux prévenir d’autres décès similaires.






