Des Philippins pour régler la problématique de main-d’oeuvre journalière

Des Philippins pour régler la problématique de main-d’oeuvre journalière
Les tout nouveaux employés Philippins engagés par l'entreprise Sixpro : Raul N. Bosque, Kenedy Villarin Tadique, Ronilo A. Pada, Sonia Marchand directrice RH Sixpro, Monia Pouzet rédactrice du Vingt-55 et Vivencio Saliling.Crédit photo : Éric Beaupré

DRUMMONDVILLE – Une entreprise de la région a trouvé une solution a un problème de taille : le manque de main d’oeuvre non qualifiée de type journalier. Ils sont donc partis en mission vers les Philippines, en compagnie de quelques entreprises du coin, pour recruter quatre travailleurs compétents et motivés à travailler au Canada à des postes de manœuvres.

La mission philippienne
D’entrée de jeu, la directrice des ressources humaines, Sonia Marchand, nous raconte leur expérience. «Nous avons été approchés par une firme de consultants Groupe SFP Ressources humaines qui nous ont proposé cette solution. Ils avaient remarqué notre recherche intensive d’employés sur les sites de recherche d’emploi.
«En tout, avec nos hésitations et nos questionnements, cela a pris deux ans et demi entre le moment ou nous avons pris officiellement la décision et l’arrivée de nos travailleurs», indique Mme Marchand.
Il faut dire qu’entre le 25 septembre 2015, date où l’entreprise à décider de se lancer dans l’aventure et le 10 mars, jour où les travailleurs sont arrivés au Québec, il s’est passé bien des choses du côté de la politique entre autre les changements de gouvernement autant au provincial qu’au fédéral et l’arrivée des réfugiés syriens ce qui a retardé quelque peu la venue des travailleurs. Actuellement, le délai serait d’environ huit mois.
«En tout, Richard Bourbeau, le président de la compagnie a passé une semaine à Manille. Il faut dire que ça prend une vingtaine d’heures de vol et ce fut des entrevues consécutives», précise celle qui a épluché plus de soixante curriculum vitae pour ne retenir qu’une quinzaine de candidats.

Un contrat bien ficelé
L’entreprise est accompagnée par la firme de consultation dans toutes les étapes du processus. «Nous les aidons dans leur installation, mais tout est calculé. Il n’y a aucune exploitation et aucune iniquité pour nos employés québécois. Le projet est monté et tout est clair. Lorsque nous achetons des choses pour leur installation, nous conservons les factures et ils nous remboursent au fur et à mesure. C’est une méthode transparente», explique Mme Marchand. Pour ce faire, la firme fournit à l’entreprise de la documentation exhaustive et un soutien complet.

Les rêves opposés aux statuts
Kenedy, Vivencio, Raul et Ronilo sont arrivés cet hiver en plein milieu de la tempête du siècle. Jamais, ils n’avaient vu autant de neige de leur vie. Mais malgré la neige qui peut parfois tomber abondamment et l’été qui tarde à nous réchauffer, les travailleurs se disent bien heureux d’être parmi nous et travaillent fort pour devenir des citoyens bien intégrés dans notre communauté.
Leur rêve après les deux ans du contrat : s’installer définitivement au Canada avec leur famille. Il faut dire qu’actuellement leur statut ne leur permet pas de devenir des résidents permanents, mais ils sont motivés et prêts à travailler fort pour y arriver. L’entreprise travaille également très fort pour faire évoluer leur statut.
«Que mon épouse vienne me rejoindre avec mes enfants et vivre ici, c’est mon rêve!», lance Kenedy souriant. Vivencio, quant à lui, prend des cours de francisation la fin de semaine pour améliorer son français. «Malgré qu’ils parlent tous un peu anglais, ils demandent constamment à ce qu’on leur parle en français dans le but de s’améliorer», raconte celle qui s’occupe de leur intégration au sein de l’entreprise.
Ronilo, qui a plus de 23 ans d’expérience dans la peinture est bien content du traitement canadien, lui qui a travaillé en Arabie Saoudite et qui déplore les conditions réservés aux travailleurs temporaires.

Un apport de compétence
C’est tout sourire qu’ils ont accueillis l’équipe du Vingt-55 en fin de journée, après leur quart de travail. Prêts à répondre à nos questions et à nous parler d’eux en toute simplicité. Ces hommes vaillants et courageux qui ont laissés leur épouse et leur famille pour venir joindre les rangs de l’entreprise centricoise Sixpro se sont particulièrement bien intégrés dans leur nouveau milieu de travail.
«Ils apportent avec eux leur expertise et leurs espoirs d’une vie meilleure. De plus, constater qu’ils ont tout quitter pour venir travailler ici, ça nous remet les valeurs aux bonnes places», raconte Sonia Marchand, directrice des ressources humaines de Sixpro.
Ce n’est pas la première ou la seule initiative du genre au Québec. Sur Facebook, les Philippins qui travaillent au Québec ont formé un groupe. Alors, les fins de semaine, ils se voient et découvrent la province : Sherbrooke, Lévis, Richmond, Ascot Corner, Daveluyville… Ils jouent au basketball lorsque c’est possible et surtout, ils parlent avec leur famille et leur conjointe via Internet. Certains préfèrent rester à la maison et se reposer. Quoi qu’il en soit, ils se disent satisfaits de leur expérience canadienne par rapport au traitement réservé dans d’autres pays.

Une problématique récurrente : un nouveau processus
En fait, c’est pour répondre à une problématique de manque de main d’oeuvre persistante que l’entreprise s’est tournée vers la firme de consultants Groupe SFP. Ceux-ci les ont guidés dans tout le tout nouveau processus d’embauche de travailleurs temporaires non spécialisés. Puisqu’à leur dire aucune aide ne vient du gouvernement, ils ont donc pris le taureau par les cornes.
Actuellement, plusieurs entreprises québécoises cherchent désespérément à combler des postes de journaliers et de manœuvres en vain. Pour une entreprise comme Sixpro située à près de 20 kilomètres de Drummondville, la problématique est double, car les travailleurs sont souvent incapables de se déplacer car ils ne possèdent pas de véhicule.
«On a eu de bons moments de stress. Ça aurait pu être un flop total, mais au contraire ce fut une belle réussite. On a même recommandé l’expérience d’autres entreprises», mentionne Mme Marchand.
Aux dires de la directrice des ressources humaines, l’entreprise doit être ouverte à de nouvelles façons de former, car pour les superviseurs et les formateurs c’est une cause d’insécurité. Ils se demandent comment se faire comprendre. «Ce n’est pas évident. Malgré tout, on a réussit à trouver un compromis.
Tu ne dois pas t’attendre à ce qu’ils comprennent aussi rapidement qu’un Québécois, mais ils comprennent très vite. Ils ont des années d’expérience et sont particulièrement compétents», indique Mme Marchand, satisfaite de la qualité des travailleurs engagés.
Certains employés donnent aussi de leur temps pour différentes formes d’aide dont l’achat de cellulaires ou l’achat d’auto et même pour l’installation de leur appartement. C’est beaucoup de temps, mais les gens sont heureux de pouvoir rendre service et aider à l’intégration de leurs collègues.

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