Drummondville / Centre-du-Québec
Dans un texte d’opinion transmis au Vingt55, Jacques Tétreault soulève ce qu’il considère comme des incohérences dans les informations transmises aux citoyens qui questionnent leurs élus au sujet du développement éolien. Il s’interroge également sur la façon dont l’acceptabilité sociale est évaluée alors que, souligne-t-il, la question des projets éoliens n’aurait pas occupé de place lors de la dernière campagne électorale municipale de 2025.
Depuis environ deux ans, affirme M. Tétreault, des citoyens assistent régulièrement aux rencontres de la MRC des Maskoutains afin d’interroger les maires et mairesses sur différents aspects du développement de la filière éolienne.
Selon lui, les réponses fournies par les élus se veulent généralement rassurantes, notamment quant à l’absence de projets immédiatement sur la table, aux différentes étapes devant être franchies avant leur réalisation et aux possibilités qui seraient offertes aux citoyens pour exprimer leur opinion.
M. Tétreault estime toutefois que certaines affirmations concernant les impacts potentiels des éoliennes, notamment sur la santé, les infrasons ou encore la valeur des propriétés situées à proximité, devraient être présentées avec davantage de réserve. Il soutient que des études alimentent toujours le débat sur certaines de ces questions et considère que les citoyens devraient pouvoir obtenir et confronter différentes sources d’information.
Comment mesurer l’acceptabilité sociale?
L’un des principaux enjeux soulevés par le porte-parole concerne précisément la façon de déterminer si un projet bénéficie réellement de l’acceptabilité sociale nécessaire pour aller de l’avant.
Selon M. Tétreault, lors d’une séance du conseil des maires tenue en juin, un citoyen aurait demandé comment la MRC entendait mesurer cette acceptabilité. La possibilité de tenir un référendum aurait ensuite été soulevée. Il rapporte que cette avenue n’était pas envisagée à ce moment, la représentativité des élus municipaux étant considérée comme suffisante.
Jacques Tétreault remet en question cette approche. Selon son propre calcul, les élus municipaux représentent une faible proportion de l’ensemble de la population de la MRC. Il ajoute que même en considérant les quelque 500 personnes qui auraient participé aux différentes consultations organisées depuis le début du dossier, la participation demeurerait limitée par rapport à la population totale. Il reconnaît par ailleurs qu’il serait erroné de considérer automatiquement toutes les personnes ayant participé à ces consultations comme favorables aux projets.
Un enjeu absent de la dernière campagne électorale, selon Tétreault
Le porte-parole du Comité Maskoutain Vigilance Éolienne soulève également une question de légitimité politique. Il affirme que le développement éolien n’a pas été un enjeu débattu lors de la campagne électorale municipale de 2025.
Cette situation l’amène à se demander sur quelle base les élus peuvent aujourd’hui considérer qu’ils disposent d’un mandat suffisamment clair de la population pour se prononcer sur le développement de cette filière.
Cette réflexion trouve également un écho dans d’autres territoires où le développement éolien fait actuellement l’objet de discussions, dont la MRC de Drummond, alors que les questions d’acceptabilité sociale, de protection des terres agricoles, d’intégration paysagère et de retombées économiques occupent une place grandissante dans le débat public.
Des tribunes « neutres et ouvertes » réclamées
Jacques Tétreault réclame finalement la mise en place de tribunes qu’il souhaite « neutres et ouvertes » afin que les différents points de vue puissent être entendus et débattus publiquement.
Il estime que les élus ont eu plusieurs occasions d’entendre les représentants de l’industrie éolienne présenter leurs projets et considère que les citoyens préoccupés par les conséquences potentielles de cette forme de développement devraient pouvoir bénéficier d’un espace comparable.
« L’autre côté de la médaille mérite autant de temps et d’énergie », soutient-il, invitant les décideurs à examiner également les désavantages potentiels avant de prendre position sur l’avenir de la filière.
Le débat entourant le développement éolien dépasse ainsi la seule question de l’implantation des infrastructures. Pour Jacques Tétreault, il soulève une question plus fondamentale : comment mesurer réellement l’acceptabilité sociale d’un projet appelé à transformer durablement un territoire?
Les propos et opinions rapportés dans ce texte sont ceux de Jacques Tétreault, citoyen de Saint-Dominique et porte-parole du Comité Maskoutain Vigilance Éolienne. Ils lui appartiennent et ne constituent pas des conclusions établies quant aux impacts des projets éoliens.






