DRUMMONDVILLE
Les Dre Kim Jodoin et Dre Hélène Fréchette médecins de famille à Drummondville en entrevue au Vingt55. @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.
Rencontrées par le Vingt55 et interrogées dans le cadre d’une journée d’ateliers pratiques organisée à Drummondville pour des étudiants en médecine, la Dre Kim Jodoin et la Dre Hélène Fréchette ont expliqué les motivations derrière ce projet amorcé il y a maintenant un an et qui connaît assurément un engouement marqué auprès de la relève.
L’initiative s’inscrit dans un contexte où Drummondville se démarque par sa volonté d’offrir une formation de qualité, un environnement médical stimulant et un milieu d’apprentissage structurant pour les médecins de demain.
Un projet né d’un enjeu de recrutement
« Ça a commencé l’an dernier. Ça fait maintenant un an qu’on travaille sur le projet », explique entrevue au Vingt55 la Dre Kim Jodoin, médecin de famille à Drummondville et professeure d’enseignement clinique à l’Université de Sherbrooke.
L’initiative est née dans un contexte où le recrutement pour les postes de résidence au GMF-U s’avérait plus difficile. « La médecine de famille est parfois moins valorisée. On voulait faire découvrir notre GMF-U à des étudiants en médecine. Et rien de mieux que de les inviter à vivre une journée complète avec nous pour leur montrer la réalité du terrain », précise-t-elle.
L’objectif était clair, proposer une journée de développement des compétences à travers des ateliers pratiques afin de démontrer que la médecine de famille ne se limite pas aux consultations en cabinet confirme et précise la Dre Hélène Fréchette
Deux éditions ont déjà réuni plus de 80 étudiantes et étudiants issus de différents milieux et de plusieurs régions du Québec.
Jusqu’à maintenant, deux éditions ont été organisées. La première a réuni 50 étudiants et externes en médecine provenant des quatre facultés québécoises. La seconde, tenue le mois dernier, a accueilli 36 participants ajoute Dre Fréchette
Au programme, six ateliers offerts simultanément et animés par des médecins et des résidents du GMF-U ont permis aux participants de se confronter à des situations cliniques concrètes. La gestion d’hémorragies post-partum, les ateliers d’accouchement, l’intubation, les simulations gériatriques et les points de suture figuraient notamment parmi les activités proposées, tout comme l’installation d’implants contraceptifs tels que le Nexplanon, réalisée couramment en pratique, ainsi que les infiltrations écho-guidées présentées lors de la première édition.
« On voulait leur faire vivre la réalité d’un médecin de famille. Montrer qu’on fait des techniques, qu’on travaille en salle d’accouchement, à l’urgence, à l’hôpital. On ne fait pas seulement du bureau », souligne la Dre Fréchette.
Démystifier la pratique, les deux médecins insistent sur l’importance de déconstruire certaines perceptions.
« Les gens imaginent souvent la médecine de famille comme une pratique en cabinet, tranquille, avec prescriptions et suivis. Mais la réalité est beaucoup plus diversifiée », affirme la Dre Jodoin.
Elle et la Dre Fréchette pratiquent notamment en salle d’accouchement. « On fait des accouchements dans notre quotidien. On fait des réanimations. Certains de nos collègues font de l’urgence, de l’hospitalisation, gèrent des situations aiguës. Ce sont des gestes que plusieurs associent aux spécialistes, mais qui font aussi partie de la pratique du médecin de famille. »
L’idée était donc de permettre aux étudiants de manipuler, de pratiquer et d’échanger directement avec des médecins et des résidents afin de mieux comprendre l’étendue du champ d’exercice.
Drummondville comme milieu de formation
Au-delà de la découverte de la spécialité, l’événement vise également à faire connaître Drummondville comme milieu de formation et, ultimement, comme lieu d’installation.
Les postes de résidence en médecine familiale, les CaRMS (Canadian Resident Matching Service) représentent une étape déterminante pour les externes seniors, qui doivent choisir leur milieu de formation pour effectuer leur résidence.
« On espère que les étudiants vont choisir la médecine de famille et qu’ils vont choisir Drummondville pour leur résidence, puis éventuellement venir travailler avec nous », indique la Dre Fréchette.
Pour faire connaître l’événement, le GMF-U utilise notamment une page Instagram et communique directement avec les quatre facultés de médecine. Les inscriptions suscitent déjà un fort engouement, au point où des listes d’attente sont formées. Deux éditions par année sont désormais prévues, une à l’automne et une en hiver.
Questionnées sur les rétroactions reçues jusqu’à présent, les deux Dre témoignent facilement de l’enthousiasme et de l’engouement suscités par les ateliers.
« On a eu uniquement des commentaires positifs », affirme la Dre Jodoin. « Pour plusieurs, c’était une découverte, autant de la médecine de famille que de Drummondville. Certains nous ont dit vouloir revenir pour des stages futurs. »
Deux étudiantes ont même participé aux deux éditions.
« Ça nous confirme qu’on est sur le bon chemin pour faire découvrir la médecine familiale et notre milieu », conclut la Dre Fréchette. « On espère que ça aura un impact concret sur le choix de carrière et sur le recrutement dans les prochaines années. »
À travers cette initiative, Drummondville mise sur la proximité, la passion et la démonstration concrète du savoir-faire pour attirer la relève médicale, un enjeu stratégique pour l’avenir des soins de première ligne, ont conclu avec assurance et confiance les Dre Jodoin et Fréchette.

Les Dre Kim Jodoin et Dre Hélène Fréchette médecins de famille à Drummondville en entrevue au Vingt55. @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.











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