DRUMMONDVILLE
Québec soutient La Piaule du Centre-du-Québec et la Ville de Drummondville pour prévenir et accompagner les victimes d’exploitation sexuelle des mineurs @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55, Tous droits réservés.
L’annonce a été faite par le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, accompagné de la députée de Lotbinière-Frontenac et adjointe parlementaire du ministre, Isabelle Lecours. Le gouvernement affirme vouloir renforcer les capacités d’intervention du milieu communautaire et favoriser le partage des meilleures pratiques en matière de prévention.
Concrètement, La Piaule Centre-du-Québec inc. recevra 360 000 $ pour le volet services de proximité ainsi que 360 000 $ pour le volet exploitation sexuelle. De son côté, la Ville de Drummondville obtiendra du Gouvernement du Québec 290 810 $ dans le cadre du programme de soutien aux initiatives pour la MRC de Drummond des 1,01 million de dollars qui sont investis en matière de prévention et de lutte contre la criminalité au Québec.
Ces deux dernières années ont été marquées par une hausse notable de la criminalité, notamment des crimes à caractère sexuel. Au moment d’écrire ces lignes, les enquêteurs de la Sûreté du Québec travaillent sur différents crimes, dont un survenu dans un des hôtels et des motels de Drummondville ou lors d’une fête entre adolescents.
Les agressions sexuelles deviennent de plus en plus fréquentes. Il suffit de fréquenter les corridors du palais de justice de Drummondville pour constater que les dossiers s’accumulent et que les crimes violents et les infractions à caractère sexuel connaissent une importante hausse. Les deux dernières années ont été marquées par de nombreux dossiers majeurs, comme le rapporte Le Vingt55 de façon quasi hebdomadaire.
Viol, agressions sexuelles, exploitation sexuelle des enfants, crimes contre la personne, la hausse est marquée par la nature et la gravité des crimes a Drummondville. Les policiers répondent en grande majorité à des appels liés à des problèmes de santé mentale, alors que les enquêteurs voient les dossiers s’accumuler de façon alarmante.
« Notre gouvernement a été le premier à s’attaquer au fléau de l’exploitation sexuelle des mineurs. Grâce au travail acharné de Lise Lavallée, nous avons mis sur pied la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs en 2019. Comme policier, j’ai fait une promesse aux victimes : celle de ne jamais les oublier. Toutes les mailles du filet de sécurité sont importantes pour éviter que des jeunes soient recrutés, mais il est aussi possible de s’en sortir. Je salue tous ceux et celles qui travaillent sur le terrain, auprès des jeunes, pour lutter contre l’exploitation sexuelle des mineurs », a déclaré Ian Lafrenière.
De son côté, la députée Isabelle Lecours rappelle que la protection des jeunes demeure au cœur des priorités gouvernementales en matière de sécurité publique.
« La lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs s’inscrit directement dans les priorités gouvernementales en matière de sécurité publique. Je suis fière que le Plan d’action gouvernemental permette d’appuyer, sur le terrain, le travail d’organismes communautaires reconnus qui aident les jeunes de façon concrète afin de les protéger des pièges qui peuvent les mettre à risque », a-t-elle indiqué.
Des organismes soutenus dans plusieurs régions
Les fonds permettront à plusieurs organismes répartis dans huit régions du Québec de poursuivre leurs activités de prévention, de concertation et d’accompagnement des jeunes.
Prostitution juvénile et proxénétisme, plusieurs dossiers judiciaires entendus au palais de justice de Drummondville @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55, Tous droits réservés.
Plusieurs dossiers judiciaires entendus au palais de justice de Drummondville au cours des derniers mois et dernières années illustrent la complexité de ces crimes.
Le Vingt55 a notamment rapporté l’existence de réseaux d’exploitation sexuelle qui opéraient dans la MRC de Drummond et qui recrutaient de jeunes femmes ou des adolescentes avant de les déplacer d’une ville à l’autre, parfois d’un hôtel à un autre, afin de les exploiter sexuellement.
Ces dossiers judiciaires ont permis de mettre en lumière des stratagèmes organisés où certaines victimes se retrouvaient isolées, sous pression ou sous l’influence de leurs exploiteurs. Dans certains cas, plusieurs individus gravitaient autour du réseau, ce qui a mené à des accusations et à des peines d’emprisonnement.
Les intervenants du milieu rappellent que la violence faite aux femmes ne se limite pas aux agressions sexuelles. Elle peut également prendre différentes formes, notamment la violence psychologique, l’exploitation, la coercition ou le contrôle exercé par un partenaire ou un proxénète.
Face à cette réalité, les organismes communautaires jouent un rôle crucial dans l’accompagnement des victimes. À Drummondville et dans le Centre-du-Québec, plusieurs ressources travaillent à soutenir les femmes et les jeunes victimes, en offrant de l’aide psychosociale, des services d’hébergement d’urgence et un accompagnement dans les démarches judiciaires.
Toutefois, plusieurs intervenants du milieu rappellent que les ressources demeurent limitées alors que les besoins continuent d’augmenter. Ils insistent sur l’importance de la prévention, de la sensibilisation et du soutien aux victimes afin de briser le silence entourant ces crimes et de permettre aux autorités d’intervenir plus efficacement.
Dans ce contexte, policiers, organismes et acteurs communautaires s’entendent sur un point, la dénonciation des agressions sexuelles et de la violence faite aux femmes demeure un élément clé pour lutter contre ces crimes et offrir aux victimes la protection et l’accompagnement dont elles ont besoin.
Le gouvernement souligne que l’exploitation sexuelle des mineurs demeure un phénomène complexe qui exige une mobilisation concertée des milieux communautaire, policier, scolaire et social. Les tables de concertation soutenues par ces investissements visent notamment à partager l’information, coordonner les interventions et renforcer la prévention auprès des jeunes vulnérables.
Selon Québec, ces initiatives contribuent à mieux repérer les situations à risque, soutenir les victimes et empêcher le recrutement de jeunes par les réseaux d’exploitation.

Prostitution juvénile et proxénétisme, plusieurs dossiers judiciaires entendus au palais de justice de Drummondville @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55, Tous droits réservés.














