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Fentanyl et drogues illicites : les autorités seront dotées d’un nouvel outil pour suivre la trace des substances mortelles

Fentanyl et drogues illicites : les autorités seront dotées d’un nouvel outil pour suivre la trace des substances mortelles
@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Alors que les décès et les surdoses liés aux drogues de synthèse continuent de préoccuper les autorités partout au pays, y compris dans la région de Drummondville, le gouvernement du Canada annonce la création d’un nouvel outil destiné à mieux comprendre, retracer et combattre l’approvisionnement en substances illicites.

Cette initiative survient dans un contexte où les enquêtes du coroner, les interventions des services d’urgence et les dossiers policiers témoignent d’une réalité préoccupante liée notamment au fentanyl, aux opioïdes synthétiques et, plus récemment, à certains médicaments recherchés obtenus sur le marché noir.

Cette annonce survient alors que les corps policiers multiplient les interventions contre les réseaux de drogues illicites. Comme l’a récemment constaté le Vingt55, la GRC a mené plusieurs opérations d’envergure dans la région de Drummondville, notamment lors de perquisitions effectuées en plein secteur résidentiel à Drummondville. Plus récemment, des frappes policières de la GRC assisté par la Sûreté du Québec (SQ) simultanées ont également été réalisées dans les secteurs du 9e Rang et du 12e Rang, à la limite d’Acton Vale, de Saint-Nazaire-d’Acton, de Saint-Germain-de-Grantham et de Wickham, dans le cadre d’une enquête liée au trafic de drogues.

Le gouvernement fédéral a annoncé le lancement du Centre canadien d’analyse des drogues (CCAD), un nouveau réseau de laboratoires spécialisés qui permettra d’améliorer l’identification des substances illicites circulant au Canada et de fournir aux autorités des renseignements plus détaillés sur leur provenance, leur fabrication et leur distribution. Une mesure qui s’inscrit dans un contexte où les conséquences de l’approvisionnement illégal en drogues continuent de se faire sentir dans plusieurs régions, dont le Centre-du-Québec.

Alors que les décès et les surdoses liés aux drogues de synthèse continuent de préoccuper les autorités partout au pays, y compris dans la région de Drummondville, le gouvernement du Canada annonce la création d’un nouvel outil destiné à mieux comprendre, retracer et combattre l’approvisionnement en substances illicites.

Selon les autorités fédérales, l’approvisionnement en drogues illégales, composé notamment d’opioïdes synthétiques puissants, demeure responsable d’un nombre important de décès et de méfaits partout au pays.

Comme l’ont démontré plusieurs enquêtes du coroner et divers dossiers suivis par le Vingt55 au cours des dernières années, les autorités de santé publique et les corps policiers ont été confrontés à une hausse préoccupante des décès et des intoxications liés à la consommation de substances provenant du marché illicite. La situation a particulièrement retenu l’attention depuis la pandémie, alors que plusieurs communautés québécoises ont été touchées par une vague de surdoses associées notamment au fentanyl et à d’autres substances de synthèse.

Le nouveau Centre canadien d’analyse des drogues, dont les laboratoires seront situés à Toronto et à Vancouver, vise à renforcer les capacités d’analyse du pays afin de mieux comprendre la composition des drogues saisies.

Au-delà de la simple identification des substances présentes dans un échantillon, les analyses permettront d’examiner les impuretés, les précurseurs chimiques et différents marqueurs liés aux procédés de fabrication. Les autorités espèrent ainsi obtenir des renseignements plus précis sur l’origine des produits, les réseaux de distribution et les méthodes de production utilisées par les organisations criminelles.

Selon Ottawa, ces nouvelles capacités fourniront aux forces policières des outils supplémentaires pour détecter et démanteler les marchés illicites de drogues et mieux cibler les réseaux impliqués dans le trafic de substances dangereuses.

La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, estime que cette nouvelle infrastructure contribuera à renforcer la lutte contre les drogues de synthèse.

« L’approvisionnement en drogues illégales continue de faire peser de graves risques sur la santé et la sécurité des personnes et des communautés partout au Canada. Le nouveau Centre canadien d’analyse des drogues renforcera notre capacité à repérer les drogues de synthèse, à identifier les tendances et à fournir des renseignements essentiels pour aider les forces de l’ordre à mettre fin à la production et à la vente de drogues illégales dangereuses telles que le fentanyl », a déclaré la ministre.

De son côté, Kevin Brosseau, tsar du fentanyl du Canada, souligne que le centre permettra également de mieux soutenir les interventions en santé publique.

« Les drogues illégales comme le fentanyl ont des conséquences dévastatrices sur nos communautés et nos familles partout au Canada. Le lancement du Centre canadien d’analyse des drogues renforcera nos capacités de laboratoire et nous permettra de mieux détecter, retracer et perturber la production et la distribution illégales de ces substances dangereuses, tout en fournissant aux intervenants en santé publique les renseignements dont ils ont besoin pour savoir quelles substances circulent sur le marché illégal. »

Des risques qui dépassent les drogues de rue

Les documents consultés par le Vingt55 démontrent également que les autorités de santé soulignent les risques associés à l’approvisionnement de médicaments sur le marché noir, notamment dans le cas de produits très recherchés comme l’Ozempic.

Certaines injections vendues illégalement peuvent contenir des substances différentes de celles annoncées, des dosages inexacts ou encore des ingrédients inconnus. Dans plusieurs pays, des autorités sanitaires ont d’ailleurs signalé la circulation de produits contrefaits.

La forte demande pour ce type de médicament a favorisé l’émergence d’un marché parallèle, soulevant d’importantes préoccupations en matière de santé publique en raison des risques potentiels pour les consommateurs. Selon les autorités, l’utilisation de produits provenant de sources non autorisées peut exposer les utilisateurs à des risques importants pour leur santé et leur sécurité.

Pour les autorités fédérales, le nouveau Centre canadien d’analyse des drogues représente ainsi un outil supplémentaire visant à mieux comprendre l’évolution du marché illicite des substances et à soutenir les efforts déployés pour réduire les décès, les surdoses et les conséquences associées à la circulation de drogues et de médicaments obtenus illégalement.

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Éric Beaupré
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