Fraude : le Musée de la photographie se dissocie des gestes reprochés et confirme avoir redressé la situation et la gouvernance

Fraude : le Musée de la photographie se dissocie des gestes reprochés et confirme avoir redressé la situation et la gouvernance
Fraude, le Musée de la photographie se dissocie des gestes @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

À la suite de la publication de textes par Le Vingt55 et La Presse faisant état d’une fraude présumée survenue durant la période de la pandémie, le Musée de la photographie Desjardins a réagi publiquement afin de clarifier sa position, de dissocier sa gestion actuelle des faits reprochés et de rassurer la population, ses partenaires et ses collaborateurs.

Dans un communiqué transmis par le Musée de la Photographie, la direction soutient que les événements rapportés sont entièrement liés aux gestes isolés d’une ex-employée, visée par des procédures judiciaires toujours en cours, et qu’ils ne reflètent en aucun cas la gouvernance actuelle du Musée.

Par cette prise de parole, la direction du Musée tient avant tout à replacer les événements dans leur juste contexte temporel.

Elle rappelle en entrevue que les faits ayant mené aux procédures judiciaires en cours concernent une période précise, soit celle comprise entre janvier 2021 et mars 2023, et qu’ils ne sauraient être confondus avec la gestion actuelle du Musée de la Photographie. Depuis la découverte des irrégularités, le Musée affirme avoir entrepris un travail soutenu de redressement, tant sur le plan financier que sur le plan de la gouvernance, afin de corriger les lacunes identifiées, de renforcer ses mécanismes de contrôle et d’assurer la pérennité de l’organisation.

La direction du Musée indique qu’elle a collaboré avec les autorités dès la découverte des irrégularités et qu’un travail de redressement a été amorcé rapidement. Elle affirme aujourd’hui présenter une situation financière « saine et stable » et dit avoir consolidé ses mécanismes de vérification et de surveillance afin de prévenir toute situation similaire à l’avenir.

Une prise de parole directement liée à la couverture médiatique récente

Selon les déclarations et les entrevues obtenues par Le Vingt55, cette sortie publique s’inscrit dans la foulée de la couverture médiatique récente, alors que les procédures visant l’ex-employée se poursuivent devant les tribunaux dans le cadre de l’enquête préliminaire visant Marie-Pier Mailloux, des textes ont été publiés l’un par le photographe François Nadeau, lequel a été qualifié, lors d’une entrevue, de  »journaliste ou de chroniqueur  » par le responsable des communications, suite a son texte d’opinion publié dans La Presse il y a une dizaine de jours, que celui lié à l’enquête préliminaire tenue au palais de justice et relayés par le journaliste du Vingt55 et celui du journal Mon Drummond ce matin, ont notamment fait état d’irrégularités financières importantes, découvertes à l’interne et documentées dans le cadre d’une enquête policière et d’une enquête préliminaire.

En entrevue accordée au Vingt55, une bénévole étroitement liée au service de documentation du Musée de la Photographie a indiqué que la direction jugeait nécessaire de présenter un portrait actualisé, dans un contexte où plusieurs éléments relayés publiquement étaient déjà connus, documentés et discutés devant le tribunal.

Cette source a aussi insisté sur le fait que l’information publiée par Le Vingt55 dans ce dossier constitue un résumé complet et détaillé des propos, échanges et réponses formulés lors du processus judiciaire tel qu’il s’est déroulé devant la cour. Selon ce qui a été confirmé au Vingt55, seul média présent aux audiences visées, l’information rapportée repose exclusivement sur des éléments entendus en cour et des témoignages, a confirmé le vice-président lors d’une entrevue au Vingt55, à la suite de la publication du communiqué.

Le conseil d’administration, les employés et les bénévoles ont dû composer avec un choc organisationnel majeur, tout en maintenant les activités du Musée et en assumant leurs responsabilités envers les collections, les donateurs et les partenaires.

Selon les mêmes informations, aucun membre du conseil d’administration ni de l’équipe n’aurait quitté ses fonctions à la suite de la révélation des faits. Au contraire, des administrateurs et des bénévoles auraient multiplié les heures de travail afin de stabiliser la situation, reprendre le contrôle des documents financiers, assurer la continuité des opérations et préserver la crédibilité de l’institution, souvent avec des ressources limitées, a d’ailleurs précisé M. Côté en s’adressant à l’honorable juge Conrad Chapdelaine. Cette période aurait été marquée par des démarches soutenues auprès d’institutions financières, par la reprise complète de certains dossiers administratifs et par l’implantation de contrôles internes plus stricts.

Gouvernance renforcée, opérations maintenues et projet structurant

Dans son communiqué, le Musée affirme que les correctifs implantés depuis la découverte des irrégularités permettent désormais d’envisager une sortie de crise. Il dit avoir travaillé à rétablir un budget équilibré et à renforcer les mécanismes de surveillance.

Le Musée assure par ailleurs que ses opérations se poursuivent normalement et que les projets en cours et à venir ne sont pas affectés. Il indique vouloir dévoiler sous peu sa nouvelle programmation pour 2026, tout en affirmant demeurer engagé à offrir une programmation de qualité et à contribuer au dynamisme culturel de la région.

Parallèlement, le conseil d’administration travaille au développement d’un « projet structurant » visant à renforcer le positionnement du Musée et à assurer sa pérennité à long terme, dans une vision de développement culturel, d’innovation et de rayonnement régional.

Dans le communiqué, le président Michel Doyon insiste sur l’importance de la communauté et sur la volonté de poursuivre avec transparence. « Un musée, c’est d’abord une communauté. (…) Aujourd’hui, notre gouvernance est solide, notre équipe est engagée et notre vision est claire. Nous avançons avec transparence, responsabilité et confiance envers l’avenir », a-t-il déclaré.

Devant l’honorable juge Conrad Chapdelaine, tout comme en entrevue au Vingt55, le vice-président du Musée, Jean Côté, a insisté sur la nécessité de replacer l’ensemble du dossier dans sa juste chronologie. Les faits documentés concernent une période précise, de janvier 2021 à mars 2023, et ne porteraient pas sur la gestion actuelle de l’institution.

Interrogé sur la manière dont l’organisation a pu éviter l’effondrement financier, M. Côté a reconnu d’emblée des manquements de gouvernance. « Comme administrateurs, monsieur le juge, on aurait pu faire mieux », admet-il, en évoquant l’évolution des exigences gouvernementales et la nécessité, aujourd’hui incontournable, de vérifier mensuellement chaque dépense, d’exiger des pièces justificatives et d’assurer une traçabilité serrée. Il dit regretter de ne pas avoir appliqué plus tôt ces pratiques : « Aujourd’hui, je m’en veux. Je me dis : si on avait été au-dessus de son épaule, on aurait trouvé ça plus rapidement. »

Il affirme toutefois que le conseil d’administration et les bénévoles ont refusé de décrocher malgré la pression. Après dix ou onze mois, dit-il, l’organisation aurait même reçu un retour indiquant que plusieurs intervenants étaient étonnés que le Musée soit encore debout, soulignant que « personne n’avait quitté » et que des membres donnaient « des centaines d’heures » tout en maintenant les activités « sans personnel », comme auparavant.

Des remises de dettes et des renégociations évoquées au tribunal

M. Côté a décrit les démarches menées pour réduire rapidement l’endettement. Il a raconté qu’une délégation formée de responsables et de partenaires du Musée s’est présentée auprès d’un créancier afin d’obtenir des allègements, notamment sur la marge de crédit de 75 000 $, mesure qui aurait ensuite été acceptée. Le groupe aurait ensuite sollicité une intervention sur la carte de crédit. « On venait de laver deux dettes importantes », a-t-il résumé devant le juge.

Il affirme également que des démarches ont été entreprises dans le dossier du prêt fédéral lié à la pandémie, ainsi que pour d’autres obligations financières. Il a notamment évoqué une dette associée à une instance municipale, un montant initial de 100 000 $, ramené à 25 000 $ après remise, et a expliqué que plusieurs « petits prêts » auraient été renégociés, dont un contrat de 25 000 $ lié à une exposition, finalement réglé pour 5 000 $.

Au moment de témoigner, il a affirmé qu’il ne resterait qu’environ 12 000 $ de « petits créanciers », qu’il dit souhaiter payer, notamment parce qu’il s’agirait de petites entreprises. Il a ajouté que les DAS auraient été acquittées, évoquant un montant situé « entre 70 000 $ et 75 000 $ ». Il resterait également un solde fédéral lié aux aides COVID, pour lequel une demande de remise est en cours.

Un repositionnement et un financement à bâtir

Enfin, M. Côté a soutenu que, malgré la médiatisation, les relations du Musée avec la Ville et la caisse demeurent bonnes. Il a indiqué qu’un projet de relance est présenté, évoquant un repositionnement sous l’appellation « centre des arts photographiques » et un déménagement envisagé, sans divulguer ce qui n’est pas encore accepté. Il a aussi mentionné l’obtention d’un soutien municipal de 25 000 $ afin de travailler pendant six mois avec une firme spécialisée de Montréal, en collaboration avec des acteurs locaux.

Selon MM. Côté et Doyon, la relance exigera une capacité philanthropique importante, évoquant un objectif d’environ un demi-million de dollars par année pour le budget de fonctionnement. Le Musée demeure pleinement et positivement mobilisé, a conclu M. Côté, et engagé à offrir une programmation de qualité tout en contribuant activement au dynamisme culturel de la région

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Éric Beaupré
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