Sur place, les étalages apparaissent par endroits dégarnis, révélant les effets bien concrets du conflit de travail amorcé plus tôt cette semaine. Si la situation n’entraîne pas encore de rupture majeure dans les habitudes d’achat, elle soulève néanmoins des préoccupations à la veille des repas de Pâques.
Drummondville n’échappe pas à ce contexte, alors que, comme le rapportait le Vingt55 en début de semaine, une grève a été déclenchée lundi par des travailleurs syndiqués du réseau Metro. Le conflit implique le Syndicat des travailleurs et travailleuses des épiciers unis Metro-Richelieu–CSN, représentant notamment quelque 550 employés du centre de distribution de Laval, un maillon central de l’approvisionnement à l’échelle du Québec, ainsi que des travailleurs du siège social à Montréal. Des chauffeurs affiliés à l’entrepôt Mérite, participent également au mouvement.
Les impacts se font déjà sentir dans près de 1000 points de vente à travers la province. Les produits périssables, dont les fruits et légumes, figurent parmi les premiers touchés, les étalages étant parfois moins garnis qu’à l’habitude.
Sur le terrain, une cliente rencontrée à Drummondville indique ne pas avoir modifié ses habitudes pour le moment, bien qu’elle juge la situation « préoccupante si elle devait se prolonger ». Elle souligne également que ce contexte met en lumière les moyens de pression exercés par les travailleurs, qui cherchent à se faire entendre dans le cadre des négociations.
Alors que les tablettes se vidaient dans plusieurs commerces, des clients en quête de produits frais se sont rapidement tournés vers le Marché public de Drummondville, qui semblait mieux en mesure de répondre à la demande, comme l’a constaté le Vingt55 sur place, hier.
Du côté syndical, on rappelle que le déclenchement de la grève fait suite à un blitz de sept jours de négociation jugé infructueux. « Nous avons mis toutes nos énergies pour en arriver à un règlement au courant du week-end », a indiqué le président du syndicat, Matthieu Lafontaine. « Malgré cela, l’employeur demeure à des années-lumière de ce que les travailleuses et les travailleurs souhaitent obtenir, soit un rattrapage important du pouvoir d’achat perdu au cours des dernières années. »