DRUMMONDVILLE
« Le communautaire à boutte », les organismes de Drummond passent à l’action et se mobilisent @ Tous droits réservés.
Comme le rapportait le Vingt55 dans son édition du dimanche 22 mars, le mouvement « Le communautaire à boutte » a pris naissance dans les régions de Shawinigan et de Mékinac, alors qu’une première semaine de grève, tenue en octobre 2025 à l’initiative de groupes communautaires, a marqué un tournant pour le milieu. Depuis, la mobilisation s’est étendue à l’ensemble du Québec, mettant en lumière une réalité largement partagée : des organismes confrontés à une hausse des besoins, sans disposer des ressources suffisantes pour y répondre adéquatement.
Malgré les nombreuses représentations effectuées au cours des derniers mois, le budget du Québec déposé le 18 mars n’a pas répondu aux attentes du milieu, plusieurs organismes espérant des investissements structurants pour assurer la stabilité et la continuité de leurs services.
Dans ce contexte, le mouvement « Le communautaire à boutte » et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) réclament désormais la mise en place d’une table de négociation. Cette demande a été formulée publiquement lors d’un point de presse tenu le 22 mars.
« Depuis l’automne, les organismes et les regroupements nationaux se mobilisent pour faire entendre la réalité du terrain. Pourtant, le communautaire a encore été oublié dans le dernier budget. Cette grève est donc une étape importante de la mobilisation, et d’autres actions suivront si rien ne change », affirme Mélanie Létourneau, directrice générale de la CDC Drummond.
Partout au Québec, les organismes communautaires jouent un rôle central auprès des personnes vulnérables et contribuent au maintien du filet social. Toutefois, l’absence d’un financement stable et adéquat fragilise leur capacité d’intervention et compromet leur mission.
À travers le mouvement « Le communautaire à boutte », les organismes revendiquent notamment de meilleures conditions de travail, un financement suffisant à la mission, une reconnaissance pleine et entière de leur rôle, ainsi que la protection de leur autonomie et la fin du financement précaire. Ils demandent également un engagement clair du gouvernement à considérer le milieu communautaire comme un pilier stratégique.
« Sur le terrain, nous voyons des travailleuses et travailleurs du communautaire qui doivent eux-mêmes recourir aux services d’organismes pour joindre les deux bouts. Cette situation illustre bien l’urgence d’agir », ajoute Rachel Bissonnette, directrice générale de la Tablée populaire.
À Drummondville, la mobilisation prendra également forme au cours des prochaines semaines.
Durant les deux semaines de grève, plusieurs actions sont prévues afin de sensibiliser la population et les décideurs. Des rassemblements se tiendront notamment du 30 mars au 1er avril au Marché public de Drummondville, situé au 445, rue Saint-Jean. Le 31 mars, des groupes communautaires provenant des quatre autres MRC du Centre-du-Québec ainsi que de la Mauricie se joindront à un rassemblement régional.
Les principales activités se dérouleront entre 10 h et 15 h et comprendront notamment une marche au centre-ville. Les organismes invitent la population à consulter les détails des différentes actions sur la plateforme « Communautaire à boutte | CDC Drummond » et rappellent que soutenir le milieu communautaire revient à investir directement dans la santé et la vitalité des communautés.
« Le filet social repose depuis longtemps sur le milieu communautaire. Mais aujourd’hui, ce filet s’effiloche. Si nous voulons continuer à soutenir les personnes et les familles qui en ont besoin, le gouvernement doit agir maintenant », conclut Andréanne Tessier, directrice de la Maison des jeunes de Wickham.

« Le communautaire à boutte », les organismes de Drummond passent à l’action et se mobilisent @ Tous droits réservés.










