‘’Il est stupéfiant de constater que je dois la vie à un inconnu vivant en Allemagne’’ – Me Jean-François Houle

‘’Il est stupéfiant de constater que je dois la vie à un inconnu vivant en Allemagne’’ – Me Jean-François Houle
L’auteur de cette lettre ouverte, Maître Jean-François Houle, est avocat et a notamment occupé les fonctions de président de la Commission scolaire des Chênes de 2014 jusqu’à sa démission, en décembre 2019

Lettre ouverte de Jean-François Houle

L’auteur de cette lettre ouverte, Maître Jean-François Houle, est avocat et a notamment occupé les fonctions de président de la Commission scolaire des Chênes de 2014 jusqu’à sa démission, en décembre 2019

Chers amis, lecteurs, concitoyens,

Je suis encore fortement porté par la vague d’encouragements dont j’ai été l’objet à la suite de l’annonce de ma leucémie, qui m’avait notamment contraint à démissionner de mon poste de président de la Commission scolaire des Chênes.

Depuis un peu plus d’un an, je me soumets aux traitements que nécessite ma condition. Mon état de santé s’est suffisamment amélioré, au point de me permettre de reprendre mes activités professionnelles de juriste en litige, mais à un rythme moindre que celui que je m’imposais auparavant.

Les traitements semblent presque constituer de la « routine » pour le personnel soignant. Pour moi, on nage quasiment dans la science-fiction Après des incontournables séances intensives de chimiothérapie, j’ai bénéficié d’une greffe de cellules souches provenant d’un donneur allemand qui demeurera anonyme. Je suis désormais doté d’un tout nouveau groupe sanguin ; l’ADN de mon sang n’a plus rien à voir avec ma propre carte génétique !

Il est stupéfiant de constater que je dois la vie notamment à un inconnu vivant en Allemagne qui a dû consacrer probablement une quinzaine d’heures de son temps pour me fournir des cellules souches. C’est de la bonté à l’état pur.

J’appelle tous les jeunes de 18 à 30 ans à considérer le don de cellules souches afin de garnir la banque mondiale.

Durant mes traitements, j’ai constaté que le Québec est fort bien pourvu en centres de recherche mondialement reconnus contre ces formes de maladie et les spécialistes sont à la fine pointe des connaissances dans le domaine.

La médecine me maintient en vie, mais plusieurs d’entre vous ont contribué à soutenir mon moral. Je n’en suis tout simplement pas revenu des très nombreux témoignages d’appui et de reconnaissance que j’ai reçus de toutes parts dans les semaines et mois qui ont suivi l’annonce de ma maladie. C’est venu de partout : de gens plus proches jusqu’à des citoyens que je ne connaissais pas et qui se disaient tout de même touchés par mon état. Les gens n’ont pas idée de la force et de la joie que ces petits mots peuvent procurer. L’attention que les médias ont porté à cet événement a certes favorisé l’avalanche de messages que j’ai reçus. Merci pour cela également.

Sans les tenir pour acquis, je loue aussi les efforts et le réconfort de tous les instants de ma conjointe et de mes enfants, qui ont contribué fortement à ma remise sur pieds.

Je souhaite que vous reteniez ceci : Si vous connaissez quelqu’un qui est malade ou dans le pétrin, n’hésitez pas à lui témoigner vos encouragements, vous lui ferez un bien insoupçonné. Des cadeaux dématérialisés, mais tellement inoubliables et bienfaisants. C’est encore les plus beaux qu’on puisse offrir en ce temps des Fêtes.

Le pronostic de l’automne 2019 était sombre. Sans pouvoir affirmer que tout cela est derrière moi aujourd’hui, je constate que les signaux sont très encourageants et que l’optimisme et l’espoir sont maintenant de mise.

Je veux clamer toute ma reconnaissance à toutes celles et tous ceux qui m’ont supporté et qui continuent de le faire.  Outre mon donneur, je me sens redevable envers les équipes médicales qui m’ont rapidement pris en main et qui m’ont conduit aux portes de la guérison, dans une véritable course à relais.

J’ai une pensée particulière pour l’équipe de la clinique médicale AJC, celle de l’urgence de l’hôpital Sainte-Croix et celles des départements d’hémato-oncologie de Trois-Rivières et de l’hôpital Enfant-Jésus de Québec.

Personnellement, je ne peux que louanger notre système de santé et ses gens, même si j’ai parfois été témoin de la difficulté à y avoir accès dans le passé. Ces temps de pandémie nous donnent une autre occasion de louanger ces gens. Ne la manquons pas.

Cette expérience humaine sera déterminante pour moi. Je réfléchis actuellement à la façon dont je pourrai tangiblement « donner au suivant », si tout se termine comme je peux actuellement l’anticiper.

 

Jean-François Houle  

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