Interrogatoire principal: Pagé fait défiler ses témoins

Interrogatoire principal: Pagé fait défiler ses témoins
| © Photo Éric Beaupré. Tous les droits réservés.

Du sang féminin retrouvé sur les vêtements de l’accusé

DRUMMONDVILLE

Félix Pagé continue de se représenter seul devant le jury et il a fait appeler ses premiers témoins dans le cadre de son procès au palais de justice de Drummondville. Une voisine de palier a ouvert les procédures en interrogatoire principal pour l’accusé le jeudi 24 janvier 2019.

La voisine de palier de Pagé appelée à la barre des témoins.

Questionné sur le matin de l’arrestation de Pagé, le 24 mai 2017,  la voisine de palier de Pagé, Mme Charron, appelée à témoigner pour la défense, explique que l’accusé et sa conjointe de l’époque s’étaient querellés quelques minutes avant que les policiers procèdent à l’arrestation de Mme Verrault et Félix Pagé.

Cette dernière a été relâchée rapidement par les autorités alors que Pagé a été mis en état d’arrestation pour meurtre au deuxième degré et d’outrage au cadavre de Roland Baker plus tard dans la journée, suite à l’obtention d’un mandat par les enquêteurs.

«Les murs de mon appartement ont tremblé tellement ils se querellaient, au point de réveiller mon fils», a précisé la témoin interrogée sur les événements précipités qui ont conduit à l’arrestation de Pagé.

Trace de sang féminin sur le vêtement de Pagé

Félix Pagé tente de mettre en preuve et d’expliquer que les quelques traces de sang retrouvées sur son corps ou celui retrouvé dans son appartement le 24 mai pourraient être le sien.

Les traces de sang prélevées par les enquêteurs n’ont révélé aucune concordance avec l’ADN de M. Baker, hormis deux gouttes sur les bottes de l’accusé.

Pagé à faire ressortir que le chandail retrouvé lors de la perquisition dans sa laveuse contenait du sang féminin.

Sites de rencontres d’hommes gays et expert en analyse informatique

Pagé a appelé comme témoin le sergent-enquêteur Frédéric Blouin. Ce dernier a procédé à l’analyse de l’utilisation de l’ordinateur portable de Roland Baker.

Il a été mis en preuves que les dernières communications faites sur l’ordinateur de la victime sur internet sont des échanges sur trois sites de rencontres pour hommes.

Le témoignage de l’enquêteur Blouin permet d’établir qu’entre 16 h 44 et 20 h 04, le soir du 22 mai 2017, Roland Baker s’est vraisemblablement branché sur Facebook et trois sites de rencontres et d’échanges: Gay411, et EasyGay et Gaydaddy, où il a entretenu une vingtaine d’échanges avec  différents profils et membres, en utilisant des mots clés dans le but de faire des rencontres ou des échanges intimes, selon ce qui a été déposé dans les relevés expertisés.

Pagé a utilisé l’ordinateur de Baker pour s’inscrire sur un site de rencontres dressant lui-même son information personnelle, selon ce qui a été mis en preuve.

L’étape d’interrogatoire principal pour l’accusé

Une étape importante pour Félix Pagé qui assure toujours sa défense seul.

L’interrogatoire principal est crucial

Il s’agit d’une étape plus difficile pour Pagé qui se défend malgré tout bien selon le tribunal.

«Les questions et demandes d’ajournement sont faites à des moments opportuns, tout comme vos questions»,  a tenu à préciser le juge à l’endroit de Pagé toujours au banc des accusés, entouré de ses boites et documents, où il prend régulièrement des notes.

C’est une étape en interrogatoire qui est plus difficile où les latitudes sont moins grandes qu’en contre-interrogatoire. Tout cela a visiblement agacé Félix Pagé qui a rajusté ses questions à plusieurs reprises, arrivant à ses fins sous les directives du tribunal.

Peu de questions ont été posées par la Couronne en contre-interrogatoire. Me Bernier a rapidement conclu les témoignages.

Deux autres témoins ont été entendus sans grande substance où il a été question des appels téléphoniques de Pagé les soirs du 22 au 23 mai 2017.

Pagé interroge l’enquêteur Patrick Tremblay qui a épluché les appels téléphoniques en fin d’après-midi.

Il a demandé à ce que les géolocalisations de son appareil téléphonique soient admis en preuve ce qui permet de préciser d’où les appels ont été effectués et où était l’appareil à ces moments précis.

Le juge Alexandre Boucher a ajourné la journée et le procès jusqu’à lundi matin, procès qui reprendra donc lundi matin 28 janvier 9h30 devant le jury.

 

Éric Beaupré
Éric Beaupré
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