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Itinérance, graffitis et drogues : le cabinet du maire réagit aux réactions des citoyens et à la situation au centre-ville

Itinérance, graffitis et drogues : le cabinet du maire réagit aux réactions des citoyens et à la situation au centre-ville
Graffitis et incivilités, le cabinet du maire précise sa vision de l'itinérance @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Les nombreuses réactions suscitées par le reportage du Vingt55 portant sur la situation observée aux abords de la bibliothèque municipale ont amené le cabinet du maire Jean-François Houle à préciser sa vision du dossier de l’itinérance ainsi que les solutions envisagées pour le centre-ville.

Itinérances, drogues, graffitis et incivilités, le cabinet du maire précise sa vision et solutions face à l’itinérance @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

En réponse à ces préoccupations, le cabinet du maire est intervenu par l’entremise d’une publication diffusée sur la page Facebook du maire ce matin afin de préciser la position de la Ville sur les enjeux soulevés et les solutions envisagées pour faire face à la situation et inquiétudes des citoyens . Le Vingt55 souhaitait réaliser une entrevue avec le maire afin de faire le point sur les préoccupations exprimées par plusieurs citoyens. En raison de son absence, le cabinet du maire a plutôt répondu par écrit aux questions portant sur les orientations politiques du dossier.

À la suite du reportage du Vingt55 sur les graffitis, la consommation de drogues et les incivilités observées aux abords de la bibliothèque municipale et du terminus d’autobus, le cabinet du maire de Drummondville confirme au Vingt55 qu’une réflexion est en cours afin de développer un projet d’hébergement de transition inspiré du modèle « La Hutte », à Saint-Jérôme. Le cabinet soutient toutefois que la solution passe également par un engagement accru des gouvernements en matière d’habitation, de santé mentale et de lutte contre l’itinérance.

 »La Hutte » Un projet inspiré de Saint-Jérôme à l’étude

Selon les informations obtenues par le Vingt55 auprès de différentes sources à Drummondville, le projet inspiré de « La Hutte » devrait aller de l’avant si les partenaires financiers sont réunis. Implanté à Saint-Jérôme depuis 2022, ce modèle offre un hébergement de transition combinant refuge de nuit, lits d’urgence et logements temporaires pouvant accueillir des personnes de quelques jours jusqu’à près de 30 mois renouvelable au besoin.

Il propose également des services essentiels, comme des repas, des douches, une buanderie, un soutien psychosocial et un accompagnement vers la réinsertion sociale et l’accès à un logement permanent. Un important projet de 60 unités d’hébergement transitoire y est actuellement en développement afin d’offrir des solutions durables aux personnes en situation de vulnérabilité.

En effet, selon les informations transmises au Vingt55, un projet similaire pourrait donc être développé à Drummondville en collaboration avec L’Ensoleilvent. Le dossier est actuellement étudié par le comité sectoriel Vie citoyenne de la Ville.

Le cabinet précise qu’une délégation composée de membres de l’administration municipale, d’un partenaire financier potentiel, de Mathieu Audet ainsi que de Jean-Philippe Tessier, président du comité sectoriel Vie citoyenne et élu responsable du dossier de l’itinérance, s’est rendue à Saint-Jérôme au début du mois de juin afin de visiter les installations, d’échanger avec les responsables du projet et de poser des questions sur son fonctionnement. Selon le cabinet, les membres de la délégation sont revenus « très enthousiastes » de cette visite.

Toujours selon le cabinet, cette démarche a permis de constater le potentiel d’un tel modèle pour Drummondville. Aucun échéancier n’a toutefois été avancé. Le projet est toujours en phase d’analyse et aucune annonce ne sera faite tant que les différentes instances concernées n’auront pas complété leurs travaux.

Le cabinet ajoute qu’un projet de cette envergure représenterait un investissement de plusieurs millions de dollars et nécessiterait une participation financière des gouvernements du Québec et du Canada, en plus de partenaires philanthropiques locaux.

Selon les informations obtenues par le Vingt55, un tel projet pourrait représenter un investissement d’environ 10 millions de dollars s’il devait être réalisé sous la forme d’une nouvelle construction.

Lors d’une entrevue accordée au Vingt55, le directeur général de L’Ensoleilvent, François Gosselin, avait d’ailleurs indiqué privilégier la création d’un milieu de vie permanent plutôt qu’une solution temporaire, afin d’offrir un meilleur accompagnement aux personnes en situation d’itinérance et de favoriser leur réinsertion à plus long terme.

Une responsabilité qui dépasse les villes

Le cabinet rappelle que la lutte contre l’itinérance et les enjeux liés à la santé mentale relèvent principalement du gouvernement du Québec.

Il estime toutefois que les municipalités sont de plus en plus appelées à intervenir devant l’ampleur du phénomène et affirme que Drummondville souhaite poursuivre ses démarches afin de développer des solutions plus durables.

La bibliothèque demeure au cœur des préoccupations et inquiétudes des citoyens et familles 

Concernant la situation observée autour de la bibliothèque municipale, le cabinet reconnaît que ce secteur constitue aujourd’hui l’un des principaux enjeux de cohabitation sociale au centre-ville.

Il rappelle que les citoyens ont droit à des espaces publics sécuritaires, accueillants et propres et reconnaît que les graffitis, la consommation de drogues et les comportements inappropriés suscitent des inquiétudes.

Le cabinet fait également valoir les mesures déjà mises en place par la Ville, notamment l’ajout d’une seconde intervenante sociale à la bibliothèque, le déploiement du projet pilote TAPAJ avec La Piaule, comme l’avait rapporté le Vingt55 lors de son lancement, l’embauche d’une ressource spécialisée en développement social, ainsi que la présence accrue de policiers et de cadets dans le secteur. Toutefois, plusieurs citoyens rencontrés par le Vingt55 estiment que ces mesures n’ont pas encore permis d’améliorer de façon significative la situation aux abords de la bibliothèque municipale.

Selon lui, ces mesures permettent d’améliorer la sécurité et la rapidité des interventions, mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à régler les causes profondes de l’itinérance.

Le cabinet estime qu’une réponse durable passe notamment par davantage d’investissements gouvernementaux en habitation abordable, en santé mentale, en traitement des dépendances et en soutien aux programmes destinés aux personnes en situation d’itinérance.

Coûts, sécurité sur place et frais de nettoyage des questions demeurent en suspens.

Le Vingt55 avait également demandé des précisions concernant les pouvoirs des agents de sécurité, les interventions policières, les statistiques d’intervention dans le secteur, les coûts liés au nettoyage des graffitis, au ramassage des seringues et des déchets, ainsi que les mesures de sécurité envisagées autour de la bibliothèque.

Le cabinet du maire affirme que ces questions sont de nature administrative et relèvent de l’administration municipale. Il indique ne pas être en mesure d’y répondre à son niveau.

Drummondville toujours l’indice de criminalité le plus élevé parmi les régions métropolitaines du Québec

Enfin, interrogé sur les plus récentes données de Statistique Canada, selon lesquelles Drummondville présente toujours l’indice de criminalité le plus élevé parmi les régions métropolitaines du Québec tout en demeurant sous la moyenne canadienne, le cabinet du maire affirme ne pas établir de lien entre ces statistiques et la situation de l’itinérance observée au centre-ville.

Plusieurs questions demeurent toutefois sans réponse, au moment de publier notamment en ce qui concerne les interventions réalisées, les ressources déployées ainsi que les solutions envisagées par l’administration municipale pour améliorer la sécurité et la qualité de vie dans ce secteur du centre-ville.

Selon les plus récentes informations obtenues par le Vingt55, aucune arrestation n’avait encore été effectuée  au moment d’écrire ces lignes relativement aux graffitis et aux actes de vandalismeé

Face aux enjeux d’itinérance, le cabinet du maire confirme qu’il étudie le modèle « La Hutte » de Saint-Jérôme @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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